Mouvement social sur fond de pandémie

On observe actuellement un soulèvement à l’échelle mondiale concernant la mort de George Floyd, tué brutalement par un policier le 25 mai dernier à Minneapolis. Les Montréalais ont dénoncé à deux reprises la brutalité policière et le profilage racial lors des dernières semaines, à l’aide de manifestations pacifiques au centre-ville de Montréal, alors que la distanciation sociale est toujours de mise dans la métropole.

Par Camille Leblanc

 

Plus de 10 000 personnes étaient rassemblées sur la place Émilie-Gamelin dimanche dernier pour protester. Contrairement à la première marche du 31 mai s’étant terminée en grabuge et avec un bilan de 11 arrestations, un calme a pu être observé tout au long de la deuxième manifestation du 7 juin. Les manifestants portaient en grande majorité des masques de protection sur lesquels on pouvait souvent lire « I can’t breathe ». La ville n’étant pas complètement déconfinée, la distanciation sociale n’a pas pu réellement être effectuée. Les organisateurs de la marche ont tout de même pris le soin de distribuer des masques et du désinfectant afin de respecter le mieux possible les recommandations de la santé publique.

En effet, la première marche s’était terminée en émeute et pillage, le magasin Steve’s Music étant le principal concerné alors que les casseurs ont volé de nombreuses guitares. Toutefois, la cause en valait la peine selon Lenny Lanteigne, propriétaire du magasin : « They’re guitars, not human lives », a-t-il déclaré. Le saccage a été critiqué et les organisateurs de la marche ont fait en sorte que la seconde manifestation soit plus tôt dans la journée afin que cela ne se reproduise pas.

Alors qu’il tenait son point de presse sur la situation de la COVID-19 au Québec, le premier ministre François Legault en a appelé à une « évolution tranquille » en lien avec les manifestations à travers la province, soutenant qu’il n’existait pas de système de discrimination au Québec. La cheffe du parti libéral Dominique Anglade a pour sa part fait remarquer sa présence à la marche, tout comme la ministre fédérale Mélanie Joly, en s’adressant à la foule pour manifester leur soutien à la cause. Le Parti québécois et Québec Solidaire étaient aussi présents aux rassemblements de Québec et Sherbrooke.



No justice no peace

Une vague de soutien s’observe présentement à travers le monde. Entre autres, les manifestants ont parcouru les rues en Allemagne, en Australie, en Corée du Sud, au Sénégal et au Japon pour la cause du Black Lives Matter. Ici même au Québec, les rues de Sherbrooke et de Québec ont été envahies de gens inquiets face à la condition des personnes noires, non seulement face à l’autorité policière, mais aussi de façon générale dans notre système et nos façons de fonctionner en société. 

Les questionnements au sujet du racisme sont survenus après la mort tragique d’un américain noir aux suites d’une arrestation policière à Minneapolis. La vidéo de George Floyd écrasé au sol par le genou du policier Derek Chauvin a circulé sur les réseaux sociaux, soulevant l’indignation marquée et alimentant les soulèvements des dernières semaines. Plus particulièrement aux États-Unis, les manifestations s’enchaînent jour après jour, faisant craindre à plusieurs une escalade qui pourrait terminer en véritable guerre civile. 



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