Mythes et croyances dans le conditionnement physique

Les spécialistes de la santé s’accorderont tous pour promouvoir l’activité physique. Néanmoins, le rythme de vie effréné, les moyens financiers restreints et le manque de talent – il est toujours possible de blâmer la génétique – ne permettent pas toujours de s’adonner au « plaisir » que constitue l’activité physique et sportive. Cependant, courir et faire des redressements assis demandent peu de temps, ne coûtent rien et ne requièrent aucun talent… Ainsi, pour ce numéro, je vais me prendre pour Jamie Hyneman – pardonnez-moi si vous préférez Adam Savage, mais j’idolâtre la moustache de Jamie – et vous concocter un MythBusters : activité physique.

Par Dave-Enrick Proulx

Il faut souffrir pour être belle (beau)

Ici, on ne parlera pas de traitements pour la peau aux parfums d’eucalyptus et de concombre, de se faire épiler le bas du dos ou de manger de la luzerne : on parle de souffrance causée par le conditionnement physique. Il s’avère tout à fait normal de ressentir quelques douleurs après un entraînement, mais pas si cela survient durant l’activité! Il est possible de sentir les muscles chauffer un peu, mais si la douleur se veut intense, c’est probablement parce que l’entraînement est mal effectué.

L’acide lactique est responsable des douleurs post-entraînement

Vous est-il déjà arrivé de sentir vos jambes lourdes ou d’être victime de courbatures à la suite d’une activité physique? Plusieurs qui s’y connaissent un peu plus en la matière blâmeront l’acide lactique. Toutefois, ce dernier permet simplement au corps de produire rapidement de l’énergie et s’avère donc favorable pour la performance. En réalité, dans le cas où surviennent des crampes, des courbatures ou de l’inflammation, le corps a sans doute été mal préparé à supporter l’effort physique. Ces situations apparaissent généralement lors d’activités physiques inhabituelles ou trop intenses. Il ne faut pas vous surprendre si vous êtes endoloris – oubliez les sortilèges de Harry Potter et sortez faire un petit jogging – après un entraînement de longue durée ou d’une intensité élevée s’il s’agit de votre premier après une longue pause. Il importe de suivre une progression graduelle.

« Je veux perdre de la bedz, alors je vais faire des abdos… »

C’est faux. Il est impossible de perdre de la graisse en y allant avec des exercices localisés. En d’autres mots, ce n’est pas en courant qu’il est possible de maigrir des cuisses, ou en faisant des redressements assis qu’il est possible de perdre de la « bedaine ». J’ai beau me tourner les pouces, ils ne semblent pas vouloir devenir plus minces. Peu importe l’activité physique, le corps brûlera des graisses provenant de tout l’organisme. Cependant, les exercices cardiovasculaires sont bel et bien les plus efficaces pour perdre du poids.

Suer est signe de mauvaise condition physique

D’abord, si quelqu’un s’entraîne, c’est possiblement pour améliorer sa condition physique. La sudation s’avère tout ce qu’il y a de plus normal lors d’une activité physique et est censée réguler la température du corps humain lorsqu’il y a augmentation de la chaleur. Ce phénomène affecte tout le monde, du débutant au professionnel, et ce, peu importe l’activité physique si elle est suffisamment intense. Si parfois tes draps sont humides lors de l’acte, je ne sais pas si tu fais bien ça, mais tu n’es pas totalement anormale ou anormal…

Il est dangereux de s’entraîner pour une femme enceinte

On s’entend là-dessus, il est déconseillé de pratiquer des sports de contact (rugby, hockey, voire arts martiaux mixtes) durant une grossesse. Si vous ne considérez pas la phrase précédente comme évidente ou même absurde, je vous en prie, reconsidérez l’idée de procréer… Toutefois, certaines études ont démontré que l’inactivité physique de la mère peut nuire à la santé du bébé. Ainsi, il est recommandé que la femme enceinte suive un plan adapté et personnalisé proposant des exercices d’aérobie et de musculation comme la marche rapide, la natation ou le vélo stationnaire – dans le cas du vélo de route, c’est plutôt contre-indiqué, surtout dans la ville de Montréal parsemée de ses nombreux nids-de-poule. C’est bien beau de prêcher le YOLO, mais ça doit surprendre de perdre ses eaux sur un vélo.

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