N’ayez crainte, car la peur n’existe pas!

Par Andrée-Anne Roy

Vous êtes-vous déjà questionnés sur le pourquoi de la peur? Qu’est ce qui nous pousse vers de telles émotions? Le dégoût, l’inconnu, la surprise, le mépris… Tout peut nous faire peur.

En fait, la peur nait de notre inconscient, de notre imagination. On se crée des attentes et des fausses représentations de la réalité qui nous plongent dans un mensonge, mais qui réussissent pourtant à nous hanter. Certains prétendent que l’origine du mot anglais «fear» serait en fait un acronyme pour «False evidence appearing real». En fait, cette pensée insinuerait que la crainte en soi n’existe pas. Sommes-nous plus grands que notre imaginaire? Nous est-il possible de défier nos propres pensées?

Comment qualifier qu’une peur est plus justifiable qu’une autre alors que nos expériences et nos connaissances sont étendues et largement différentes les unes des autres?

Toutefois, lorsqu’une personne perd tous ses repères face à un facteur de risque, elle est tout simplement sans ressources. C’est ce qu’on appelle être victime d’une phobie. Celle-ci nous fait perdre tous nos moyens et notre sang-froid, nous laisse sans recours.

Il est facile de dire que la peur nous change en tant que personne, nous fait changer d’attitudes, de comportements et surtout d’émotions. En fait, je crois que pour la majorité des gens, la peur nait de ce qu’on ne connait pas ou d’un fait vécu. Je peux affirmer avoir peur de croiser un extraterrestre, mais je peux aussi dire avoir très peur des mascottes sans que vous ne compreniez pourquoi. Toutefois, sans en connaitre les motifs, il est sans doute possible pour vous d’en percevoir la possibilité. Comment qualifier qu’une peur est plus justifiable qu’une autre alors que nos expériences et nos connaissances sont étendues et largement différentes les unes des autres?

Avez-vous déjà remarqué la peur assez globale de l’autorité? En passant une lumière jaune, en croisant une police on se demande toujours si les maudits allumeront leurs gyrophares ou s’ils nous épargneront pour aujourd’hui. Au lieu de se sentir en sécurité en leur présence, nous les craignions davantage. C’est de même avec les professeurs, les surveillants, les sécurités, toutes formes d’autorité ou de pouvoir viennent biaiser complètement notre jugement. C’est ainsi que nous craignions à peu près tout, même les instances que nous appelons en cas d’urgence.

Tout récemment, la Faculté des lettres et sciences humaines a été évacuée pour cause d’un colis suspect. La peur générale de nos locaux de classe fut assez unanime même si l’on se doutait fortement que le tout n’était qu’une mauvaise blague. Le fait de nous faire croire que le lieu dans lequel nous passons nos journées entières, qui est pour plusieurs notre deuxième maison, était sans doute attaqué en a ébranlé plus d’un. Avoir peur d’aller à l’école semble peut-être anodin, mais je me souviens avoir vécu ce sentiment suite aux attentats de Dawson à Montréal et suite aux récents attentats de Paris. Nous ne savons jamais ce qui peut arriver et ces facteurs sont tout simplement hors de notre contrôle, malheureusement.

Je ne peux m’imaginer vivre dans un pays où sortir sur mon palier serait dangereux. Le fait de vivre chaque jour dans l’optique d’en vivre un de plus, me mettrait hors de moi. J’ai toutefois l’impression de vivre avec ce sentiment en ce moment même alors que la fin de session nous amoche, nous fatigue, nous dégrade…elle approche. Quelle pensée extrémiste vous direz! Oui, peut-être, mais c’est également pourquoi je me sens mal de me plaindre de devoir travailler plus fort, de dormir quelques heures de moins chaque soir et ce pour un gros trois semaines encore.

Nous ne sommes pas parfaits, nous ne pouvons gérer et contrôler tout ce qui se passe autour de nous, mais nous pouvons par contre nous contrôler nous-même. Nous avons également la chance de vivre dans une ville, un pays qui inspire la vie et non la peur et qui ne change pas trop vite. Dites-vous que des hivers il y en aura d’autres et que des fins de sessions aussi (pour les plus chanceux peut-être pas). Nous sommes capables de beaucoup et surmonter quelques obstacles n’est guère nouveau.

Ne partez pas en peur, car l’avenir vous réserve sans doute bien pire que quelques examens finaux!

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