Opinion/ Depuis près de deux décennies, on observe une tendance manifeste de la part de notre société à faire des choix douteux, voire médiocres, et ce, dans plusieurs sphères du quotidienCette problématique semble frapper plus particulièrement des groupuscules appelés réseaux,et ce, de plusieurs types confondus, comme le réseau de la santé et les réseaux sociaux, entre autres. Mais où est donc passée cette société qui, il y a quelques années à peine, valorisait les bons coups et l’excellence 

Par Martine Dallaire 

 

Le réseau québécois de la santé : le parent pauvre du Canada 

La réforme du réseau de la santé et des services sociaux chapeautée par le ministre Gaétan Barrette il y a quelques années (en 2015) a aussi entraîné le «nivellement par le bas» de loffre de services, surtout en matière de soutien à domicile et dans le secteur de la déficience. Objet d’un manque de planification au niveau de la transition entre l’ancien et le nouveau système, la réforme a entraîné des effets tangibles et affectant la qualité de vie de certains citoyens, notamment les aînés et les personnes handicapées, qui ont subi une diminution considérable des heures de services à domicile, même si leurs besoins ont augmenté et que les critères d’admissibilité sont demeurés les mêmes. Certains n’y ont carrément plus droit du tout. Paradoxalement, la contribution financière des usagers est de plus en plus élevée.  

Outre cette clientèle, les patients orphelins sont de plus en plus nombreux et ceux qui s’écartent de la norme ont de plus en plus de difficultés à recevoir des soins, selon une enquête menée par la Protectrice du citoyen, en 2018. Les CHSLD ne sont plus des milieux de vie, mais sont devenus de véritables mouroirs où les aînés qui y sont admis y égrènent interminablement les heures. Les urgences sont devenues de véritables campements où les gens sont basés pour de longues périodes de temps. On attendait en moyenne, selon les données de 2018, 14heures et 11minutes, lors d’une consultation à l’urgence au Québec, alors que la moyenne est de 165minutes au CanadaFinalement le délai d’attente moyen pour obtenir un rendez-vous avec un spécialiste au Québec est de beaucoup supérieur au reste du pays. Le délai d’attente pour une consultation en gastroentérologie est de 324jours et de 586 en urologie, alors qu’il est de 49jours pour les deux spécialités chez nos voisins du Nouveau-Brunswick 

La langue française dépossédée de sa beauté  

Outre les réseaux publics aspirés par la tendance, notre belle langue n’a pas échappé au nouveau standard. Devant les difficultés éprouvées par plusieurs à l’écrire, on tout simplement choisi de couper court à l’esthétisme des mots pour simplifier la maîtrise de l’orthographe. Les puristes de la langue française diront que les «ognons» qu’on nous impose sont difficiles à digérer, mais ce n’est pas que l’aspect esthétique des mots qui risque de disparaître. Il demeure tout de même certains risques que notre langue subisse le même sort que l’ancien français dont il ne reste plus que des vestiges. Paraît-il que l’accord des participes passés fera également l’objet d’une simplification. La langue française est en constante évolution, et en matière de simplification, la ligne entre amélioration et nivellement par le bas est souvent très mince… 

Les réseaux sociaux : véritables arènes en tous genres 

Finalement, le nivellement vers le bas touche aussi les réseaux sociaux. Il suffit d’y naviguer quelques minutes pour y dénicher de véritables perles intellectuelles. Si, à l’origine, l’initiative de créer des réseaux sociaux était louable puisqu’ils permettaient aux gens de communiquer avec leurs proches au loin, ceux-ci sont devenus de véritables foires langagières où tout un chacun s’exprime sur des sujets donnés. La grande majorité des usagers expriment correctement leurs opinions, mais suffit de quelques individus qui, au nom de la liberté d’expression, viennent démolir des avis et opinions tout à fait valables; parfois mêmedes avis d’experts. Bref, des théories éprouvées sont démolies sans même être contrevérifiées. Certains s’improvisent même spécialistes de haut niveau dans de multiples matières, au risque de mettre en péril la santé, les avoirs ou la sécurité d’autrui. C’est sans compter ceux qui s’attaquent aux individus eux-mêmes et non à leurs opinions. Lanonymat que prodiguent les écrans semble réduire la gravité des conséquences des actes des intimidateurs. 

À quand le retour du respect, du savoir et de «l’excellence» sur la place publique? 

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