Nominations aux prix en arts et culture en Estrie : deux professionnels de l’Université de Sherbrooke en vedette

Par Daniel Gaumond

Afin de souligner le travail des artistes d’ici, le Conseil de la culture de l’Estrie s’engage chaque année à remettre des prix à de nombreux professionnels pour récompenser leurs efforts et leur contribution dans le domaine des arts et de la culture.

Annoncés le 1er novembre dernier, les finalistes retenus par le Conseil se voient en lice pour obtenir des bourses dans quatre différentes catégories, soit le Prix du CALQ – Œuvre de l’année en Estrie (5 000 $), le Prix Excellence culture (500 $), le Prix Développement culturel (500 $) et finalement le Prix Relève (500 $) que les lauréats et lauréates se verront discernés le 21 novembre prochain lors de la soirée d’Apéro culturel. Parmi ces finalistes figurent deux professionnels de l’Université de Sherbrooke : madame Suzanne Pressé, coordonnatrice de la Galerie d’art du Centre culturel, pour le Prix Développement culturel, ainsi que monsieur Philippe-Aubert Gauthier, professeur dans la Faculté de génie, pour le prestigieux prix du CALQ qu’il partagera avec sa collaboratrice Tanya St-Pierre.

Une exposition engagée pour la Galerie d’art

D’abord dans la course pour le Prix Développement culturel, qui consiste à remercier le travail d’un organisme pour son soutien à la diffusion de l’art en Estrie, les expositions soumises par la coordonnatrice de la Galerie d’art sont celle d’Edward Burtynsky, photographe ukrainien, avec de gros plans de déchets intitulés Matières résiduelles | Tailings, et celle d’Arlette Vittecoq, photographe sherbrookoise, avec des clichés de sacs de plastique qui composent Les Traces de nos excès | Tailings of Our Excesses. Cette double exposition, teintée d’un certain militantisme à l’égard de la pollution, présente autant un point de vue à l’échelle locale que mondiale, et s’inscrit très bien dans l’ère du temps, selon madame Pressé. Ainsi, en lui offrant une visibilité à l’intérieur de sa galerie, elle se dit « participer à [son] tour à la grande discussion sur le réchauffement climatique ».

Allier l’art visuel au numérique

Ensuite, celui qui se voit tout près de l’obtention du prestigieux prix du CALQ, accompagné de la grande bourse de 5 000 $, a présenté avec sa collègue Tanya St-Pierre, professionnelle en art visuel et art numérique, la vidéo artistique de style diptyque, c’est-à-dire à double tableau (l’un en image réelle et l’autre en synthèse), nommée The Phantom Production | La production fantôme. En mêlant l’art numérique et l’art sonore dans une vidéo, Philippe-Aubert Gauthier et sa partenaire expérimentent une nouvelle forme d’art peu commune : « Depuis quelques années, on remarque dans l’art cinématographique l’apparition progressive de l’art numérique, comme les effets spéciaux par exemple. On voit que la réalité est peu à peu remplacée par l’image de synthèse. Et c’est sur quoi on veut travailler », annonce le professeur d’université. D’ailleurs, ce dernier se consacre à la musique et à l’art sonore depuis 2001, qu’il a peu à peu joint à son intérêt pour l’art numérique au fil du temps. Monsieur Gauthier possède notamment un engouement pour l’acoustique, qui se trouverait selon lui à la « frontière entre la physique et la musique » : c’est d’ailleurs ce qui explique la place de cet artiste dans une faculté telle que génie!

L’art au cœur de l’Estrie

Historienne de l’art et recherchiste, d’une part, et professeur passionné de musique de l’autre, les professions de ces deux travailleurs de l’Université de Sherbrooke, quoique bien distinctes, contribuent tout de même à un but commun : celui de promouvoir et d’encourager le développement de l’art en Estrie. C’est depuis 1964 que la Galerie d’art maintient sa vocation, selon sa coordonnatrice madame Pressé, de « présenter les travaux d’artistes contemporains et de leur offrir une visibilité ». À son tour, monsieur Gauthier représente le président du centre d’artistes Sporobole, actif depuis 1973 à Sherbrooke, dont le principal objectif est « de rejoindre la communauté, de rendre l’art accessible et de faire connaitre des pratiques méconnues ou plus émergentes au public ». De plus, ces professionnels s’entendent aussi pour dire que les prix en arts et culture de l’Estrie représentent une très belle initiative de la part du Conseil. « C’est très encourageant cette reconnaissance faite aux artistes d’ici », selon l’opinion de Suzanne Pressé, à laquelle monsieur Gauthier complète que « ça aide à faire voir d’autres artistes professionnels que ceux de Montréal et de Québec ». C’est aussi l’un des enjeux importants qui anime le professeur de génie : mettre sur pied un bac en arts à Sherbrooke pour éviter l’exil des jeunes vers les grandes villes.

Toutefois, les deux travailleurs universitaires reconnaissent la chance de l’art en Estrie, qui est encouragé par de nombreux organismes de support et de financement et qui est de plus en plus accessible via les réseaux sociaux, développant un intérêt chez une nouvelle clientèle. Vraiment, l’art possède une place privilégiée en Estrie, rapportent autant monsieur Gauthier que madame Pressé, et même les artistes qui, selon cette dernière, « vont au bout de leur intuition, de leur projet, autant dans la sculpture, la photographie que la peinture ».


Crédit Photo ©  Suzanne Pressé

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