Par Laurie Jeanne Beaudoin 

Parmi les personnes étudiantes qui ont franchi les portes de l’UdeS, certaines ont su se démarquer davantage. L’Université ne manque pas sa chance de souligner les accomplissements de ces personnes et de leur attribuer le badge de « fierté UdeS ». Voici quelques diplômés et diplômées qui ont mené à bien différents projets dans les derniers mois qui touchent autant au travail social et à l’agriculture qu’à la littérature.  

Retrouvons sous les projecteurs : Olivier Brousseau et Jean-François Létourneau et leur collaboration avec les boîtes à poésie; Andrée-Anne Fisette et sa nouvelle propriété, la Ferme St-Élie; Jean-François Vachon et la mise en œuvre d’un documentaire 100 % estrien et finalement Benoit Houle et son auberge unique pour hommes en difficulté.   

Prêter sa plume pour le bien-être des gens qui en ont besoin 

Les diplômés Olivier Brousseau, Faculté d’éducation 2003, et Jean-François Létourneau, Faculté d’éducation 2003 et Faculté des lettres et sciences humaines 2010-2015, ont collaboré avec le projet de boîtes à poésie de Sherbrooke. Les boîtes à poésie, une initiative de Sondès Allal, ont pour but de diminuer la solitude et la détresse immiscées dans la population, encore très atteinte par la pandémie (une à La Placette de la rue King Est et une autre au Square Queen à Lennoxville). Un projet qui mobilise une trentaine d’auteurs, de personnalités publiques et de psychologues. Toutefois, tout le monde est invité à s’exprimer à travers l’art des mots ou l’art visuel dans un esprit d’entraide et de collectivité. C’est à la fois une manière de tendre la main à la santé mentale et de répandre la littérature et l’art d’artistes d’ici. Dans une entrevue à Radio-Canada à l’émission Par ici l’info avec Renée Dumais-Beaudoin, Jean-François Létourneau décrit le concept de boîte à poésie comme « une toile d’araignée poétique qui s’est tissée à travers la ville de Sherbrooke ». 

L’auteur-compositeur-interprète Olivier Brousseau, musicien trad et folk, ne manque pas sa chance de glisser quelques douces paroles parmi les œuvres présentes dans les boîtes. Il est membre des formations traditionnelles Musique à bouche, Le Bal à l’huile et Le Trio des Cantons, en plus d’avoir cinq albums en solo à son actif. Pour sa part, Jean-François Létourneau est enseignant de français et auteur de plusieurs œuvres dont le récit Le territoire sauvage de l’âme. Il faut aussi mentionner son titre de conteur. Passionné par la littérature des Premiers Peuples et les traditions orales, il fonde, avec Olivier Brousseau et Jérôme Fortin, le collectif Marchands de Mémoire, qui marie conte, poésie et musique trad.  

Un projet de grandeur pour une ferme sherbrookoise  

Crédit photo : Adèle Photographie

La diplômée Andrée-Anne Fisette, Faculté des lettres et sciences humaines 2008, s’est lancée dans un nouveau défi entrepreneurial. Maintenant propriétaires de la Ferme St-Élie, son conjoint et elle-même se sont montrés aventureux dans ce processus d’achat, n’ayant pas d’expérience dans le domaine agricole. Émerveillés par la petite ferme locale, ils étaient enthousiastes à l’idée de vivre une expérience près de la terre, et ce, avec leurs enfants. C’est tout de même avec l’aide des anciens propriétaires et des travailleurs saisonniers que le couple a pu traverser la saison estivale qui ne s’est pas révélée facile avec les températures très variables. Chapeau! 

Ouvrir nos yeux à l’aide sociale 

Le diplômé Jean-François Vachon, Faculté des lettres et sciences humaines 2004-2008, a signé un scénario pour un documentaire sur l’aide sociale en collaboration avec le réalisateur sherbrookois Jean-Sébastien Dutil et la productrice Sylvie Krasker. Leur mission : briser les préjugés et les perspectives négatives reliés à l’aide sociale. Le documentaire offrira un angle très humain, plus axé sur l’histoire des individus touchés par certains obstacles difficiles de la vie. L’équipe suit donc cinq personnes, cinq prestataires, dans leur quotidien, pour ainsi montrer à l’écran que personne n’est à l’abri d’une situation semblable. Jean-François a donc travaillé à créer un portrait de la réalité d’une vie avec un revenu de 700 $ par mois. Le tournage aura lieu à Sherbrooke avec une équipe entièrement estrienne. Souvent vu dans les grandes villes, un enjeu comme celui-ci a tout autant sa place dans la région de l’Estrie. Le projet devrait voir le jour au printemps 2022.  

Là où la nature berce et où le temps répare 

Le diplômé Benoit Houle, théologie et études religieuses 1983, est cofondateur de La petite ferme de l’auberge, un centre d’hébergement pour hommes en difficulté situé à Roxton Falls. C’est dans son ancienne maison que Benoit Houle accueille avec chaleur et ouverture les hommes dont la vie est à reconstruire. Une dizaine d’hommes résident dans l’auberge. Chaque jour, ils doivent travailler et accomplir leurs tâches (travailler la terre, s’occuper des animaux, faire le ménage, confectionner des confitures, etc.). Ainsi, ils se concentrent et se recentrent en même temps, tout en apprenant à vivre avec d’autres. Travail, mais école aussi, car tout doit être enseigné ou réenseigné : le partage, l’hygiène, l’écoute, la parole, la cuisine, etc. Benoit a le cœur tendre, il s’implique énormément dans le processus de guérison de chacun de ses visiteurs. Toutefois, Denis Lussier, professionnel criminologue, accompagne Benoit et s’occupe des admissions, des évaluations, des interventions et de la gestion disciplinaire.  

Voir ces diplômés et diplômées rayonner et s’accomplir dans des projets tous plus différents les uns des autres est une belle façon de montrer que l’UdeS est un lieu qui réunit une communauté d’étudiants ambitieux et ouverts d’esprit. Il est certain qu’un passage dans cette institution s’avère un pont vers de multiples horizons, de possibilités et de choix.


Crédit photo : André Vuillemin

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