Par L’équipe du Collectif

  

1. Noël en combines

«Vas chercher ton beau-père!»

J’veux bien m’man, mais personne sait y est où. On était parti toute la famille ensemble faire de la raquette et la dernière fois qu’on l’avait vu, c’était aux alentours de 14h00 quand il avait piqué dans le bois sale en nous criant qu’il allait être à la maison pour 19h00. Il devait faire moins vingt-cinq degrés. À 19h55 j’ai fini par le trouver dans un fond de rang en essayant de partir son char sans ses clefs. En embarquant tout gelé dans mon auto, il s’est mis à rire, mais quand il a vu que l’heure était grave, on a décidé de préserver ses dernières minutes de grâces avant qu’on arrive à la maison.

«T’avais un soir pour revenir à l’heure dans l’année!»

Au final, le village était même pas tant surpris quand on est arrivé à l’Église au beau milieu de la messe.

–> Par Rodrigue Turgeon 

 

2. Noël d’enfant

Ah…Le temps des fêtes. Ce sentiment qui remplit ton thorax de petites étoiles…Ah, les vacances d’école – pas de devoirs, ooooh que non! – maintenant remplacé par du jeu dans la neige jusqu’à te retrouver mouillé de la tête aux pieds, malgré les gros habits. Seule raison pouvant faire attendre la forteresse d’ailleurs. Cette journée, cette soirée, cette nuit magique qui alimente ton imagination d’enfant à la faire déborder de rires et de sourires…Le festin royal, les boissons colorées, les bonbons sucrés…Et les petites mains qui essayent de piger, de cette table bien montée, ce qui se trouve à la portée….Pendant que les invités et les parents discutent, verre de bulles à la main, étrangement plus détendus qu’à l’habitude. Et cette fameuse attente – interminaaaaable – avant une soudaine apparition sous le sapin…Oh! Dès que tu l’aperçois enfin, le Père-Noël est peut-être encore tout près? Armé de grosses bottes et du pyjama orné de bonshommes de neige, tu ouvres la porte. Sous un élan intense d’adrénaline, tu cours pour enfin atteindre le toit de la maison du regard. DES TRACES, DES TRACES, IL Y A DES TRACES!!!! La tête haute, retour vers le rassemblement pour partager la découverte. Curieux, papa retire ses grosses bottes pleines de neige lui aussi? -T’étais où papa? -Eum…je vérifiais la provenance des drôles de bruits que j’ai entendus! –Ah bon…mais alors…TU l’AS VU?!- Il te répond par un clin d’œil complice.

–> Par Cathie Lacasse-Pelletier

3. Manche Daniel sous costume Père-Noël

Avez-vous déjà vu le film La petite espionne? Moi oui, et il m’a vraiment marqué. Tellement marqué qu’en plus jeune âge, je m’étais donnée comme devoir d’être elle, au quotidien. En période des fêtes, alors que mes parents recevaient tout le reste du clan Foisy, vous comprendrez que j’étais en espionnage constant et que je n’avais que très peu de temps à accorder au reste de ma famille. Donc me voilà, mon cahier et mon crayon en main, me croyant invincible. C’est l’heure de la remise de présents, et c’est avec l’aide de mon œil observateur que je remarque la manche de chemise de mon oncle qui dépasse un peu du costume du Père-Noël. Rapidement, j’en fais part à mes parents. Ils ont balbutié des tonnes d’excuses, ils voulaient me laisser rêver. Ils étaient beaux à voir. Le genre de parents qui faisaient tout pour que ma

sœur et moi ne vivions que d’air et de magie. «Le Père-Noël n’a pas le temps de faire toutes les maisons, alors ton oncle l’aide et dans d’autres familles, il y a d’autres aides», m’explique ma mère. Cela était plausible, de sorte que j’ai pu y croire encore une bonne année avant de me rendre à la triste évidence que le Père-Noël n’existe pas. J’ai retrouvé mon carnet d’espionne dans mes vieux trucs. Sur les vieilles pages jaunies, j’ai pu y lire «Manche Daniel sous costume Père-Noël.»

–> Par Catherine Foisy

4. C’était le 24 décembre au soir.

Avec ma famille, nous avions l’habitude de souper au restaurant tous ensemble pour le réveillon de Noël. À notre retour, le Père-Noël était toujours déjà passé et les cadeaux entouraient fièrement le sapin décoré dans notre salon. Ma mère nous disait que c’était dû au décalage horaire si le Père-Noël passait si tôt dans notre coin, mais je savais pertinemment que c’était parce qu’il voulait avoir le ventre encore vide pour pouvoir se régaler des excellents biscuits que nous faisions le jour même. Une année, j’étais si énervée qu’au retour du restaurant, j’avais cru voir le Père-Noël dans le ciel. Mon père, grand comique qu’il est, m’avait alors demandé si j’avais vu sa botte tombée au loin. Je lui ai répondu oui sans aucune hésitation, avec ma fébrilité d’enfant émerveillé. Depuis ce jour, chaque Noël, ma famille se paie ma tête en pointant le ciel. Ah la naïveté d’un enfant!

–> Par Stéphanie Bénard


© Cathie Lacasse Pelletier

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