Objectif Wall Street : dans la peau d’un broker

Par Martine Dallaire

Chaque session, d’aussi loin que datent mes études en administration des affaires, se déroule la simulation boursière organisée par l’École de gestion (appelée Faculté d’administration à l’époque). Cette dernière se déroulait dans le casse-croûte du pavillon Albert-Leblanc qui prenait des allures de parquet de la Bourse. Intérieurement, je souhaitais y participer, mais bébé, études et travail ne me laissaient que peu de temps. Cette année, je plonge et me glisse dans la peau d’un gestionnaire de portefeuille.

Les rouages de la Bourse peuvent sembler énigmatiques pour qui ne travaille pas dans le domaine de la finance. Pourtant, une activité comme la simulation boursière permet à monsieur et madame Tout-le-monde de se familiariser avec cette institution mythique dont on entend parler aux infos surtout en temps de récession ou lors d’un krach boursier.

En ligne pour les horaires chargés

Elle est révolue, l’époque, où les étudiants en administration se pointaient veston cravate sur l’heure du dîner pour expérimenter la frénésie des marchés boursiers. Aujourd’hui, tout se passe sur le web, ce qui met fin aux barrières imposées par les horaires fixes et les activités de toute sorte.

Un registre varié de participants

Si l’activité intéresse surtout les étudiantes et étudiants en finance, il n’en demeure pas moins qu’elle est ouverte à toute la population universitaire, étudiant comme employé. À preuve, la mention indiquant le numéro du cours auquel le participant appartient apparaît environ une fois sur deux, ce qui laisse croire que plusieurs participants sont soit des employés ou des étudiants d’un autre programme.

Beaucoup plus que jouer à la Bourse

Objectif Wall Street, c’est beaucoup plus que jouer à la Bourse. L’activité se veut la simulation du quotidien d’un gestionnaire de portefeuille (broker) tant par son aspect spéculatif que son aspect éthique. Par éthique, on entend faire appel à une saine gestion de risque tout en tenant compte des notions de finance responsable et d'éthique professionnelle. Des avis sont transmis au participant lorsque ce dernier transgresse les règles. De plus, il est assujetti à des pénalités allant jusqu’au gel de ses actifs.

Bienvenue aux néophytes

Nul besoin d’être un expert chevronné pour participer. Le principe est simple : on remet 250 000 dollars virtuels au participant au début de l’aventure, puis on le place devant un scénario hebdomadaire contenant des instructions à suivre pour la semaine. Les participants doivent répondre à une question faisant appel à leurs connaissances en finance. Comme il s’agit d’un choix de réponses, chacun peut tenter sa chance, mais seuls les étudiants en finance peuvent recevoir des points bonus en échange d’une bonne réponse.

Mon expérience personnelle

Outre les instructions qui proviennent du scénario, on a accès à une base de données contenant une série de paramètres aussi variés que le nombre de secteurs d’investissement minimum requis, le pays d’origine des placements ou le secteur économique visé, par exemple. Pour le reste, le participant doit se fier à son intuition et, s’il s’avère qu’il a des connaissances dans le domaine, elles lui seront grandement utiles. Pour ma part, compte tenu de mon profil mi-administration, mi-journalisme, j’ai suivi assidûment l’actualité économique. J’ai pu également compter sur les connaissances acquises durant mon baccalauréat, même si ma carrière était davantage dans le domaine de l’administration comme telle que dans le domaine de la finance. Comme quoi l’activité est accessible pour tous. Et puisque je suis une « bibitte » journalistique avant tout, les actualités économiques m’ont grandement éclairé, même si j’ai parfois osé jouer en me servant des titres de tout ce qui se loge dans mon porte-monnaie : Visa, MasterCard, AMEX, carte d’assurance collective La Capitale et Intact assurance. Bref, j’ai misé sur ces titres en me croisant les doigts et j’avoue que ce ne fut pas mal du tout, puisque j’ai réussi à me hisser à la 4e position des gestionnaires de portefeuille pendant 3 jours pour ensuite, reprendre ma 8e position initiale. Soixante-trois participants jouent à la session d’été, mais il y a jusqu’à 250 participants durant les autres sessions. Je suis tout de même satisfaite de mes résultats étant donné que c’est normalement un expert de mon institution financière qui gère mes placements réels.

Des valeurs bien réelles pour des titres virtuels

Après avoir créé un profil, un montant virtuel de 250 000 $ est remis au participant. Ce dernier doit ensuite tenter de faire fructifier ses actifs en choisissant parmi différents titres cotés en bourse. Il peut s’agir d’actions, d’obligations ou de métaux précieux.  Si les titres sont virtuels, les valeurs indiquées sont celles du marché. Toutefois, les informations sont décalées de 15 minutes par rapport à la véritable Bourse, afin d’éviter la tricherie. Pour faire fructifier le portefeuille, il faut vendre ou acheter des titres. Il importe cependant de vérifier leur valeur régulièrement, ce qui peut s’avérer exigeant.  De même, j’ai été déçue du fait que lorsque des transactions étaient refusées, il était excessivement difficile d’en connaître la raison. Un message dans la boîte courriel de la simulation indique qu’une transaction est refusée. Il mène à un hyperlien nous indiquant quelle transaction fait l’objet d’un refus, mais on n’en connaît pas toujours les motifs, sauf en cas de fonds insuffisants pour les achats, mais parfois c’est complexe, car des fonds sont disponibles dans l’encaisse. Aussi, j’ai été surprise de ne pouvoir vendre mes titres boursiers sans en connaître la raison non plus. J’aurais bien aimé avoir accès aux explications pour tenter de m’améliorer, mais cela fut impossible même après avoir envoyé un courriel à la personne responsable du site. Bref, cela m’a amenée à décrocher de la simulation au bout de la deuxième semaine, mais aussi, parce que je pars en vacances et qu’Internet sera difficilement accessible. Bref, ce fut une belle expérience, malgré ces petits pépins et bien que l’aventure se termine temporairement pour moi, j’ai tout de même laissé mon dossier actif au cas où l’état de mon portefeuille virtuel s’améliore. On ne sait jamais.

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