Alors on se dit « À la prochaine fois! »

Par Mathieu Rousseau

Et voilà! La danse du printemps est déjà terminée pour nos Glorieux! Le plus triste, c’est que cette danse n’aura duré que six courtes chansons. Étions-nous en droit de nous attendre à plus? Certainement! Avions-nous le droit de rêver à une Coupe Stanley? Je ne crois pas.

Un marché difficile

Depuis que l’équipe des Canadiens de Montréal s’est avouée vaincue en six matchs contre les Rangers de New York, la saison de ces derniers prenant fin du même coup, tous les gérants d’estrade à travers la province sont montés aux barricades, réclamant la tête des dirigeants et des joueurs.

Remporter une Coupe Stanley est extrêmement difficile dans la LNH d’aujourd’hui. Il se gagne une Coupe par saison et la ligue comptera 31 équipes à partir de la saison prochaine. Faites le calcul, il se peut que vous ayez à faire preuve de patience avant de pouvoir assister à un défilé dans la Main de votre ville. Réclamer la tête d’individus comme Bergevin ou Pacioretty n’est pas la solution. Et pour ceux qui pensent que cette fameuse solution c’est d’échanger Carey Price… Je vais m’abstenir. Maintenant que cela est dit, passons à l’analyse de la saison qui vient de se terminer.

Un air de déjà vu

Le Canadien a connu un début de saison incroyable, allant jusqu’à battre son record de franchise établi pas plus tard que l’année dernière pour le nombre de matchs (10) avec au moins un point en ouverture de calendrier. La séquence s’est terminée abruptement lorsqu’au 11e match du calendrier, la formation montréalaise a connu sa pire défaite de la saison : une dégelée de 10-0 aux dépens des Blue Jackets de Colombus.

Les joueurs du Tricolore se sont toutefois relevés et ont continué de connaitre du succès dans les semaines qui ont suivi et déjà, les plus optimistes voyaient le capitaine Max Pacioretty aller chercher la Coupe Stanley des mains de Gary Bettman pour ensuite la trimbaler devant les partisans en délire au Centre Bell.

Malheureusement, si les succès du début de saison nous semblaient familiers, la chute qu’a connue le Canadien dans les mois qui ont suivi nous a également ramenés dans le passé. Si bien qu’on allait jusqu’à nous demander si le Canadien serait exclu des séries de fin de saison pour une deuxième saison consécutive.

Cependant, Marc Bergevin a pris les choses en main en prenant l’une de ses plus importantes décisions depuis son arrivée en poste : le renvoi de Michel Therrien. Ce changement dans le personnel d’entraineurs jumelé au retour en force du Carey Price des beaux jours aura finalement été suffisant pour que le Bleu-blanc-rouge se reprenne en main.

Des séries plus courtes que prévu

C’est d’un dernier tiers de saison très respectable que le Canadien est entré en séries pour y affronter les Rangers de New York. Alors que pratiquement tous les experts donnaient nos Canadiens gagnants en 6, c’est plutôt l’inverse qui s’est produit. Les Rangers ont conclu l’affrontement en six petites parties, se taillant une place au deuxième tour alors que le Canadien voyait sa saison se finir encore une fois trop tôt.

Le Canadien de Montréal se doit de connaitre des parcours éliminatoires plus fructueux et ça, Marc Bergevin le sait. Il ne faudrait donc pas nous surprendre si on assiste à des changements considérables cet été. Le simple fait qu’il mentionne, lors de sa conférence de presse de fin de saison, qu’il considère la possibilité de faire une offre hostile à un joueur autonome avec compensation témoigne de jusqu’où le directeur général est prêt à aller.

Terminons donc cette saison du CH avec une petite analyse individuelle des joueurs qui ont marqué la saison, pour les bonnes ou les mauvaises raisons.

Pourront partir en vacances cet été :

Max Pacioretty

Le capitaine s’est finalement établi comme un véritable leader. Malgré un début de saison difficile, il a encore une fois réussi à amasser un nombre de buts très respectable (35). On lui souhaite toutefois de finalement réussir à s’établir et de performer en séries éliminatoires.

Shea Weber

Le qualifier comme le remplaçant de PK Subban serait insultant, considérant son bagage dans la LNH. Reste qu’aux yeux des admirateurs du #76, il avait beaucoup à prouver et on peut dire : mission accomplie!

Alexander Radulov

Si plusieurs avaient des réserves lors de son arrivée en raison de son passé dans la grande ligue, Radu a su prouver qu’il était un nouvel homme lors de la saison. Des statistiques qui, sans être exceptionnelles, sont très satisfaisantes, jumelées à un amour pour le jeu facilement perceptible ont rapidement fait de lui un des favoris de la foule. Reste à savoir s’il sera de retour.

Paul Byron 

Un marqueur de 22 buts qui ne coute même pas 1 million? Peu d’équipes peuvent se vanter d’avoir un tel joueur dans leur formation. On jumelle ça à son physique et on obtient une véritable surprise dans le cas de Paul Byron. Ne vous attendez pas à ces statistiques à chacune des saisons à venir par contre...

Philip Danault

Il a admirablement bien rempli un poste qui n’était pas le sien, celui de centre numéro 1 dans la LNH. Il est clair qu’il ne jouera jamais à cette position dans une équipe qui aspire aux grands honneurs, mais nous nous sommes découvert un solide troisième centre.

Artturi Lehkonen

Une saison recrue très correcte suivie de séries éliminatoires pendant lesquelles il a été le deuxième meilleur attaquant du club.

Devront suivre des cours d’été :

Nathan Beaulieu

La plus grande déception chez le Canadien. Il devra apporter de grands changements à son jeu et à son comportement hors de la patinoire s’il veut pouvoir connaitre du succès ailleurs dans la Ligue nationale. Oui oui, ailleurs, parce que je serais très surpris de le voir jouer un autre match dans l’uniforme du CH.

Alex Galchenyuk

On se demande s’il deviendra un jour le joueur que l’on voyait en lui… Le potentiel est évident, reste que l’éthique de travail semble faire défaut.

Tomas Plekanec

Victime du salaire qu’il commande, Plekanec ne livre tout simplement plus la marchandise. Toujours fiable défensivement, il n’est juste plus capable de produire offensivement, ce qui fait de lui un mal-aimé des partisans. C’est la dure réalité du sport professionnel aujourd’hui : les fans ont la mémoire courte et vos exploits du passé tombent vite aux oubliettes lorsque vous ne performez plus dans le présent!


Crédit Photo © : Montreal Gazette

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