Par Mireille Vachon

Emplois coupés, baisse marquée des revenus, disparition de plusieurs journaux et magazines… on peut dire que les médias ont déjà connu des périodes plus glorieuses. Les coops de l’information ont d’ailleurs lancé leur abonnement numérique récemment pour tenter de se bâtir un avenir solide. Le Collectif s’est entretenu avec Hugo Fontaine, nouveau directeur général de La Tribune, qui est très motivé par le nouveau défi qui l’attend.

« Je suis plutôt optimiste face à l’avenir de La Tribune. Je pense qu’il y a un bon timing pour les médias : autant les dernières années — et surtout la dernière année — ont été difficiles, autant il y a eu une prise de conscience sur l’importance de l’information crédible, et à la fois sur la fragilité des médias. Je sens une bonne écoute du côté de la population, et c’est le bon temps pour faire valoir notre message et solliciter de l’aide », soutient Hugo Fontaine, qui est entré en poste le 30 novembre dernier.

Le succès de l’abonnement est clairement un élément crucial pour assurer une solidité pour l’avenir du quotidien, selon M. Fontaine. « Il faut à la fois convaincre les gens de s’abonner, mais aussi leur montrer pourquoi ils se sont abonnés par la suite en offrant un produit de qualité. Si on est capable d’établir une bonne base pour diversifier nos revenus, ça va nous permettre d’être encore plus innovateurs », déclare l’ancien directeur de la section Affaires à La Presse.

L’équipe devra beaucoup s’axer sur l’implication de la communauté dans le journal, mais aussi du journal dans la communauté, croit-il. « C’est particulièrement important pour les médias de proximité, surtout au moment où on demande à la population de nous supporter. Plus on va tisser des liens avec la communauté, plus ça va être gagnant », affirme le professionnel de 37 ans.

Même si bien des défis attendent l’équipe de La Tribune — et des cinq autres quotidiens des coops de l’information, soit La Voix de l’Est, Le Soleil, Le Nouvelliste, Le Quotidien et Le Droit — le nouveau directeur « ne s’attendait à rien de moins » en acceptant le poste.

Les défis du numérique

Que ce soit en version papier ou numérique, « l’idée reste toujours de raconter les meilleures histoires possible de la meilleure façon possible. Si l’histoire est bonne, elle sera lue, peu importe le format », croit Hugo Fontaine. Même que les possibilités sont plus grandes avec le numérique, qui impose moins de contraintes.

Le défi se trouve toutefois dans la visibilité, surtout pour les publics plus jeunes, qui ne verront pas La Tribune traîner sur la table de cuisine à leur retour de l’école, illustre le directeur général.

Avec le virage numérique, M. Fontaine ne pense pas que les médias traditionnels et de masse iront rejoindre tout d’un coup la grande majorité des jeunes de 20 ans, qui ont « bien d’autres choses à faire pour l’instant ». « Mais le défi sera de s’assurer que lorsqu’ils voudront se tourner vers un média local crédible, ils penseront à nous. Qu’ils sachent c’est quoi La Tribune, qu’ils sachent qu’elle existe et que la qualité de l’information qu’on y trouve est A+. »

Un jour ou l’autre, tout le monde finit toujours par chercher de l’information locale, et il faut que les gens sachent où la trouver, selon Hugo Fontaine. « C’est plus important que jamais, car les lecteurs sont exposés à tellement de contenus sur Facebook qu’ils doivent pouvoir développer un sens critique et identifier ce qui est bon ou moins bon. »

Retour au bercail

Pour Hugo Fontaine, revenir à La Tribune est un peu comme « revenir à la maison », car lui et sa conjointe sont Sherbrookois d’origine. Il avait également fait son stage de fin d’études au quotidien sherbrookois dans les années 2000.

Plusieurs facteurs ont fait pencher la balance dans la décision d’Hugo Fontaine. « C’est sûr que le facteur émotif, qui est Sherbrooke, a joué pour beaucoup. La Tribune est aussi un média auquel je suis vraiment attaché. »

La mission d’informer les citoyens animait Hugo Fontaine lorsqu’il travaillait à La Presse, et continuera de l’animer à La Tribune. « Surtout dans une ère où il y a une multiplicité d’informations — pas toujours vraies — qui circulent, et dans un contexte d’extrême fragilité financière. La crédibilité et la qualité de l’information, c’est plus important que jamais », souligne-t-il.

« Je crois qu’avec l’équipe en place, qui est super motivée, il y a certainement quelque chose à faire pour assurer la solidité de ce média-là », avance M. Fontaine, qui dit avoir « un style de leadership engageant qui met de l’avant les idées de l’équipe avant tout ».

« En vous abonnant à La Tribune, vous posez un geste crucial pour l’avenir de votre coopérative locale d’information. Par votre abonnement, vous reconnaissez la valeur d’une information de proximité de qualité, rigoureuse, et vous soutenez de façon concrète une équipe entièrement dédiée à cette mission essentielle », peut-on lire dans un texte d’Hugo Fontaine, dans lequel il invite les gens à passer à l’action.

Pour en savoir plus sur l’abonnement numérique et comment soutenir La Tribune, cliquez ici.


Crédit Photo @ Simon RD

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