Par Sébastien Binet

Mes parents m’ont toujours inscrit dans le sport en se disant qu’ils préféraient clairement me voir me défoncer sur un terrain ou une patinoire qu’en train de flâner dans les rues à accomplir je ne sais quel méfait de petit bum. Pour cela, je leur ai toujours été d’une grande reconnaissance et même encore aujourd’hui, je continue de réaliser à quel point ce qu’ils m’ont fait vivre a contribué à forger ma personne.

L’école n’a jamais été ma tasse de thé. Pas que je ne réussissais pas à avoir de bonnes notes, mais j’avais réellement l’impression d’y perdre mon temps. Mes parents ont donc toujours utilisé le sport pour me motiver à obtenir de bons résultats et cela a clairement fonctionné. Venant d’une petite ville située à plusieurs kilomètres d’une civilisation acceptable, les options d’écoles à fréquenter étaient beaucoup plus limitées dans mon cas, jusqu’à ce que je découvre une polyvalente, celle qui allait me faire apprécier l’école.

Le début d’un voyage qui allait durer trois années

Normalement, atterrir dans une ville située à peine à cinquante minutes d’auto n’est jamais synonyme de dépaysement culturel. Normalement. Pourtant, pour la première fois de ma vie, j’étais un inconnu pour littéralement 100% de la population locale. On se sent assez différent quand on arrive d’une ville de 20 000 habitants où l’on connaît minimalement le quart par leur prénom. Imaginez quand j’ai appris qu’on y disait «une busse» pour parler des autobus. J’ai failli abandonner le projet. Je n’aurais jamais autant regretté.

L’école de la vie

Un «sport-étude», qu’ils appelaient cela. Pour moi, c’était le septième ciel. C’était enfin ma chance de terminer mon secondaire en beauté et je n’ai pas raté l’occasion. Il est certain qu’arriver dans une école en tant qu’inconnu n’est jamais facile, mais on réalise rapidement que le sport nous fait tous parler le même langage. Peu importe la nationalité, la couleur ou bien la religion, le sport se joue sur un terrain où chaque individu doit parler par ses actions, son talent ou bien son leadership. Je l’ai rapidement compris. Encore plus important, j’ai appris que le sport nous parlait beaucoup plus qu’on le pensait. À travers mes trois années d’apprentissage, j’ai compris ce qu’était le travail acharné et la discipline capable de m’amener à mon but final. J’ai appris des leçons de vie que je n’aurais probablement jamais passé proche d’assimiler si ça n’avait pas été du sport. Pour tout cela, j’en resterai éternellement reconnaissant envers mes parents. Merci!


Il est généralement facile pour les équipes québécoises de piger dans le talent que notre belle province a à offrir, et le processus commence très tôt avant la saison, afin de fournir un renouvellement constant de recrues qui deviendront les vétérans de demain. Il arrive toutefois que les dirigeants du Vert et Or ne soient pas en désaccord avec le fait de recevoir un peu d’aide d’outre-mer.

Des cousins en renfort

Malgré le fait que le football canadien est loin d’être le sport le plus pratiqué en Europe, il existe tout de même moult ligues civiles et semi-professionnelles qui regroupent certains joueurs au talent suffisant pour percer la formation universitaire du Vert et Or. C’est d’ailleurs le cas de Maxime Durand-Gasselin et Jordan Dablé qui s’alignent cette année pour la formation du Vert et Or. Le processus n’étant pas le même au niveau des sélections, les joueurs ont tout de même réussi à attirer assez l’attention des dirigeants pour se mériter une place au camp d’entraînement et éventuellement, être sélectionnés pour faire partie de l’équipe.

Le football : un excellent compromis pour étudier

L’aspect académique étant très important pour l’organisation de l’Université de Sherbrooke, les joueurs français doivent eux aussi  se soumettre aux conditions d’admission scolaires liées au football. C’est toutefois une condition qui semble très bien leur plaire, puisque l’obtention du diplôme est, selon eux, un très bon compromis pour s’exiler aussi loin de la terre qui les a vus naître.

Des changements plutôt avantageux

Depuis quelques années, les Français qui étudient au Québec peuvent bénéficier de frais scolaires très avantageux et ainsi compléter leur scolarité en entier dans notre merveilleux coin de pays. L’adaptation n’est certes pas un aspect que le gouvernement a pris en charge, mais les joueurs arrivant au pays semblent très bien s’adapter au mode de vie estrien. C’est d’ailleurs pour cette raison que Maxime et Jordan considèrent même l’option de continuer leurs études au deuxième cycle de l’Université de Sherbrooke.

Un chemin qui pourrait s’annoncer ardu

Bien sûr, après l’université, l’option d’aller tenter sa chance dans la Ligue Canadienne de Football (LCF) est toujours envisageable. Il est toutefois plus dur pour les Français de considérer cette option, étant donné qu’ils font partie de la même catégorie de joueurs étrangers que les Américains. Comme ce nombre s’avère limité pour chaque équipe, ils doivent batailler avec des jeunes de partout. Cela rehausse donc considérablement le calibre.

Pour l’instant, les deux jeunes hommes n’en ont évidemment pas fini avec le football et il sera bien sûr possible de les encourager jusqu’à la fin de leur saison, qui s’annonce plus qu’excitante. Go Vert et Or!

Partager cette publication