Lors des trois dernières semaines, les Sherbrookoises et les Sherbrookois ont été témoins d’étranges évènements dans leur propre ville : de nombreux groupes d’étudiants arborant des costumes de toutes sortes se sont promenés un peu partout dans les rues en criant des chansons grivoises sans queue ni tête. Une mascarade habilement montée dans un seul et unique but : intégrer les nouveaux dans leur programme universitaire. J’ai moi-même vécu cette expérience il y a un an de cela et je comprends maintenant un peu mieux le but des intégrations, communément appelées « initiations ».  

Par Maude Robitaille

Les films américains les dépeignent comme de vulgaires beuveries parsemées d’humiliations gratuites envers les nouvelles recrues sans défense. Ils passent pourtant à côté d’un élément ô combien essentiel concernant les facultés d’ici: l’amour ou le sherbylove. C’est un mot qui décrit bien, paraît-il, la vie à l’Université de Sherbrooke, et j’en témoigne. Pourtant, en tant que nouvelle ou nouveau, on a parfois de la misère à sentir le sherbylove à travers l’angoisse de la rentrée et la fameuse peur des intégrations.

On reçoit, quelques semaines avant la rentrée, une lettre où on nous explique, tout sauf clairement, ce que seront ces quelques journées d’intégration. Le déguisement et les divers objets à se procurer sont, pour leur part, bien précis et soigneusement calculés : de quoi mêler les plus jeunes comme les plus vieux de retour aux études. C’est alors qu’une toute petite peur vient faire son nid au creux de notre ventre. Des images de ces fameux films américains nous reviennent en tête et hantent nos cauchemars. Puis, lorsque la fatidique journée marquant le début des intégrations arrive, nous réalisons que toutes nos anticipations étaient vaines, parce que oui, ce rite social peut s’avérer désagréable si le mélange de mayonnaise et de ketchup n’est pas notre shampooing favori, si l’odeur de la poudre pour bébé ne nous charme pas et si la langue de porc n’est pas un plat que nous apprécions, mais, au bout du compte, ce que nous avalons le plus aux initiations, c’est de l’amour (et de l’alcool).

Pour avoir été intégratrice cette année, je dois avouer que j’ai aimé ces « petits » de tout mon cœur, et que mon principal but lors de ces trois jours passés avec eux a été de les intégrer le mieux possible à leur programme. Sachant pertinemment que la plupart quittaient pour la première fois le nid familial, je voulais que Sherbrooke soit pour eux un nouveau foyer, et les membres de leur cohorte, une deuxième famille. Puisque plusieurs entamaient leur toute première année en tant qu’universitaires, mon désir le plus profond était que l’Université les charme autant qu’elle m’avait charmée un an plus tôt.

Toutefois, ce ne sont pas tous les nouveaux qui trouvent leur compte et il est malheureusement impossible que des centaines d’étudiants se sentent bien intégrés en quelques jours. J’encourage toutefois ceux qui ne se sentent pas encore à leur place dans leur nouveau programme à persévérer et à s’ouvrir aux autres. Je vous comprends d’angoisser à l’idée de rencontrer de nouvelles personnes et d’avoir peur de l’échec et du rejet, mais je peux vous affirmer que les mains moites et les quelques malaises en valent le coup. Et, plus vous ferez d’efforts pour connaître davantage les membres de votre cohorte, de même que les anciens, plus vous aurez du plaisir à assister à vos cours et mieux vous vous sentirez à l’aise dans votre programme ainsi que dans votre université.

Alors toi, oui toi, petite nouvelle ou petit nouveau, toi qui entame une première année en communication, psycho, génie, éducation, droit, politique, géomatique, médecine, et j’en passe, les étudiants en deuxième année t’aiment et t’encouragent à t’intégrer, car nous voulons que tu sois heureux dans ton programme. Et puis, n’aie pas peur de venir nous voir : nous voulons te connaître et sommes impatients de te partager notre #sherbylove!

Archives

Partager cette publication