Par Ariane Lacerte 

Comment est-il possible pour des étudiants internationaux de s’approprier la culture québécoise en étant confinés à la maisonQuelles sont leurs motivations en temps de pandémie? Afin de répondre à ces questions, Le Collectif a rencontré deux étudiantes provenant de l’Université catholique de Louvain, en Belgique, dans le but de comprendre ce qui les a motivées à venir à l’Université de Sherbrooke en pleine pandémie mondiale.  

Pour plusieurs universités, les étudiants internationaux représentent une source de revenus incontestable, mais qu’en est-il de l’expérience socioculturelle de ceux-ci? Ils sont nombreux à avoir annulé leur périple ou appris quelques semaines seulement avant leur départ qu’il serait possible pour eux de venir au Québec. C’est notamment ce qu’a vécu Sophie Lhost, étudiante à la maîtrise en droit et politiques de la santé. «Jusqu’à la mi-décembre, je n’avais pas encore mon visa pour venir. Je suis arrivée ici le 31décembre, comme ça, je pouvais faire ma quarantaine à temps pour le début des cours», affirme Sophie. Puisqu’elle voulait vivre l’expérience au complet, elle a refusé de commencer sa maîtrise à distance en septembre 2020 

Du côté dOlivia Pacitti, étudiante à la maîtrise en communication stratégique  parcours international, la situation a été un peu différente. Étant donné que sa maîtrise est un bidiplôme entre l’Université de Sherbrooke et l’Université catholique de Louvain, elle était censée venir à Sherbrooke en septembre 2020 comme prévu par le parcours type de son programme. Par contre, la fermeture des frontières l’a obligée à suivre ses cours de la Belgique. Le Département de communication a notamment été obligé de modifier l’horaire des cours afin d’accommoder les étudiants belges. «La situation était assez compliquée», a affirmé Olivia. Avec le décalage horaire, les cours qui étaient prévus vers 14h au Québec étaient à vrai dire donné vers 20h en Belgique.  

«Au niveau du moral, c’était difficile. Il y avait des cours en présentiel à Sherbrooke, on voyait les autres en classe et nous étions à la maison à distance. C’était compliqué pour le moral de se dire qu’eux avaient la chance d’avoir du présentiel tandis que nous étions à la maison en distanciel.» – Olivia Pacitti

Qu’en est-il du Sherbylove? 

Avec sa réputation de campus vivant et de ville étudiante, l’Université de Sherbrooke attire énormément d’étudiants internationaux. Malheureusement, le confinement et la fermeture des commerces ont dénaturé la ville. Après avoir discuté avec Usherbrooke InternationalLe Collectif a réalisé que plusieurs étudiants sont venus ici dans l’espoir que tout revienne comme avant. C’est notamment ce que souhaitent Sophie et Olivia. Malgré le confinement, les deux étudiantes sont heureuses de pouvoir vivre l’hiver québécois et de profiter des attractions qu’offre le mont Bellevue. 

Crédit : Sophie Lhost

En vivant en résidence, Sophie a pu rencontrer quelques personnes avec qui elle a pu faire des activités telles que du ski au mont Bellevue, même si la situation n’est pas propice aux rencontres. «C’est juste difficile, tu vois, parce que c’est en ligne. Les gens se connectent puis ils se déconnectent, alors qu’en présentiel, nous aurions pu discuter avant le cours, un peu à la pause, après le cours», a-t-elle confié. 

Pour briser l’isolement au sein des résidences, l’Association générale des résidents de l’Université de Sherbrooke (AGRUS) a établi un système de bulle sociale qui permet aux étudiants d’avoir des contacts humains avec dix personnes de la même résidence. Cette initiative semble très appréciée à l’interne et spécialement par les étudiants internationaux.   

Les mesures sanitaires compliquent le tourisme 

Malgré la fermeture de nombreux commerces et des restrictions de déplacement entre les régions, les deux étudiantes avaient espoir de pouvoir visiter les villes voisines. Ce qui complique leur plan est le couvre-feu. Malgré le fait qu’elles avaient déjà vécu un premier couvre-feu en Belgique de 22 h à 6h, la restriction d’être à la maison avant 20les oblige à rester dans les alentours de Sherbrooke.  

Olivia et Sophie auraient adoré pouvoir aller observer l’architecture des bâtiments à Québec ou à Montréal. «Ce sera pour cet été», ont-elles mentionné. «C’est triste de penser que des gens venus au Québec pour seulement trois semaines auront fait plus d’activités que moi, qui doit rester ici un an», avoue Sophie. 

Bien que la situation ne soit pas celle qu’elles espéraient, les deux étudiantes gardent espoir que d’ici quelques semaines, elles pourront découvrir le Québec et sa beauté naturelle. Qui sait, elles auront peut-être la chance d’aller visiter une cabane à sucre d’ici la fin de la saison! 

Quelques informations toujours utiles 

Pour les étudiants internationaux qui ont encore des questions, l’UdeS a rédigé un plan d’accueil qui présente les mesures mises en place par l’université relatives à l’accueil d’étudiants en provenance de l’étranger. Vous pouvez retrouver ce plan en cliquant ici! 

Bref, pour les étudiants québécois qui souhaitent entamer les démarches pour quitter le Québec vers une destination excitante, vous pouvez vous référer à cette entrevue avec Christiane Fontaine, coordonnatrice des programmes d’échanges, afin de trouver les réponses à vos questions.


Crédit photo @ Olivia Pacitti

À lire aussi  

Viens voir ailleurs si tu y es

Partager cette publication