Pelgag tes sens

Par Laurence Richard

Comment est-ce que je peux t’appeler? Klô? Miss Pelgag?

Klô Pelgag (KP) : « Klô c’est bon! (rires) Miss Pelgag! »

Miss P, je sais pas!

KP : « Missy P! »

Klô Pelgag écrit des chansons imagées et profondes de sens. Elle est une femme inspirante avec un sens naturel pour la qualité artistique, la réflexion et l’humour. Mon conseil : Pelgag tes sens.

Il ne faut que 20 minutes avec Klô Pelgag pour constater sa douceur et son intelligence. Après avoir eu un grand succès au Québec et en Europe avec son premier album, L’alchimie des monstres, paru en 2013, Klô Pelgag est revenue en force avec L’Étoile thoracique en novembre 2016.

J’ai vu le dernier spectacle de la tournée de L’alchimie des monstres au Club Soda en décembre 2015. J’ai toujours voulu donner une explication au thème des fruits dans tes spectacles? Y en a-t-il une?

KP : « Non, c’est juste que je trouvais ça vraiment très hilarant, pis niaiseux, pis drôle, pis j’aime les fruits. Je trouve ça vraiment beau! »

J’ai adoré la première partie où un gars était assis dans un panier d’épicerie et mangeait des fruits avec la pelure; des oranges, un ananas, un melon!

KP : « Ben oui! C’était Ogden d’Alaclair ensemble. Ce spectacle-là était spécial. C’était pour souligner la fin de la tournée. »

Dans ta chanson « La fièvre des fleurs » sur ton premier album, tu parles de leucémie dans une perspective d’enfant. Quel est ton rapport avec cette maladie? Pourquoi avoir fait le Défi têtes rasées?

KP : « Le Défi têtes rasées, parce que quand on fait de la scène on est chanceux et on a accès à plein de gens. J’avais envie de redonner pour une cause, parce que je trouve ça important de redonner à la société. Aussi le fait de raser mes cheveux pour moi c’était significatif, puisque tout le monde m’associait à la toque. Je me disais : Ah haha! Je vais tout saboter! » (Rires) Ça représentait aussi la fin de la tournée et le début de quelque chose d’autre! Et mon rapport à la maladie : c’est un peu comme tout le monde. Il y a des gens de notre entourage qui sont malades pis c’est toujours rough. C’est vrai que sur le premier album, il y avait plein de références au corps et à la maladie. C’est quelque chose qui est omniprésent et je ne sais pas pourquoi ça me perturbe à ce point là. »

Quel est ton rapport avec la chanson de Gerry Boulet et Marjo, « Les yeux du cœur »?

KP : « Ah oui, parce qu’on l’avait fait en 2015 au Club Soda! »

Oui! Et j’ai adoré les mouvements de hanches du chanteur qui t’accompagnait.

KP : « Ben oui, Antoine! Il est tellement dégueulasse quand il fait ça! » (rires)

C’était tellement drôle!

KP : « Je sais pas c’est quoi, c’est juste qu’en fait la vidéo avec Marjo et Gerry, ben c’est vraiment drôle. Surtout qu’ils sont vraiment dedans et dans la salle, le public est super monotone. Et c’est juste que j’aime ça faire des rappels un peu ridicules. J’aime bien amener le ridicule, parce que il y a quand même ça dans la vie. »

Les sujets abordés dans tes chansons sont perturbants, mais dans ton spectacle, le ton est totalement différent! Pourquoi une si grande coupure?

KP : « Dans mes albums, je présente des sujets et des états d’esprit plus graves, mais dans la vie, quand je vois du monde, j’aime ça rire, avoir du fun pis capoter! Donc, c’est sûr que sur scène ça se reflète. C’est mon sens de l’humour qui est mis de l’avant dans mes choix de mise en scène. C’est omniprésent, parce que ça fait aussi partie de moi. Mais je ne fais pas de tounes joke sur mes albums, parce que ce n’est pas ça que la musique m’apporte. »

Tu as étudié en lettres et théâtre au cégep, tu as entamé des études en cinéma à l’université et tes spectacles sont très théâtraux; il y a une mise en scène impressionnante. Quel a été le rôle du théâtre dans ton parcours?

KP : « En fait, je ne sais pas. On dirait que je n’aime pas ça quand on dit que c’est théâtral. On associe beaucoup les costumes, le décor et la mise en scène au théâtre, parce qu’on n’en voit pas beaucoup dans la musique, au Québec en tout cas. Souvent c’est très sobre et sérieux. Mais moi je l’intègre, parce que j’aime ça et ça me fait tripper d’avoir un lustre en bananes! J’ai des occasions de le faire, donc pourquoi pas? Et on fait de l’art, on fait de la scène, donc il faut virer fou! Il faut se permettre des choses et les partager. »

Tu as beaucoup de succès en France et ailleurs en Europe. Je me demandais comment tu vis ça. Quelles sont les différences culturelles? Tu avais déjà mentionné que les Français étaient plus polis.

KP : « Je trouve que les Québécois, on est plus comme : Rah! Viens chez nous! Les Français ont un background d’énorme respect pour la culture et une grande tradition de la chanson. Ils veulent entendre les textes et c’est un peu gossant! Certains chantent parfois et les autres à côté ne veulent pas qu’ils chantent, tandis qu’ici le monde chante souvent et les gens s’en foutent. En France, c’est à la fin que tu vois s’ils ont vraiment trippé. Ils peuvent faire plein de rappels et ils se lèvent. Ah! et ils applaudissent tous en même temps! Ça c’est drôle! »

Quelle est la signification du vidéoclip pour la chanson « Les ferrofluides-fleurs »?

KP : « Pour vrai, c’est juste un délire pseudo art contemporain/performance vidéo. Il n’y a pas vraiment de signification. Ce n’est pas un vidéoclip où quelqu’un raconte une histoire. Et le vidéoclip, c’est vraiment le moment où tu laisses ton œuvre à quelqu’un d’autre. J’ai laissé mes chansons entre les mains de réalisateurs comme Baz pour qu’ils imaginent un univers qui leur est propre. »

Ta chanson « Au musée Grévin » est liée à la fatalité de la mort. Mais as-tu déjà imaginé à quoi ressemblerait ta statue dans le musée? Comment l’imagines-tu?

KP : « J’imagine que les gens doivent accepter pour ça! Je trouve que c’est participer à un mouvement tellement épeurant. J’aime mieux voir Guylaine Tremblay en vrai! Et Jean-Pierre Ferland, il est là. Tu vas le voir en show et demande-lui s’il veut prendre une photo avec toi après, c’est ça le truc. Je trouve ça weird. Genre George Clooney, Céline Dion et Guylaine Tremblay... c’est drôle! »

J’ai publié sur ma page Facebook la semaine dernière : Si vous aviez une question à poser à Klô Pelgag, quelle serait-elle? En voici quelques une!

1. Marie-Élise : Dis donc, Chloé Pelletier-Gagnon, t'a-t-on déjà surnommée Klô Pelgag dans la cour de récré au primaire en vrai? Ou c'était ton surnom MSN? Ou est-ce simplement ton nom d'artiste? 

K: « Pelgag est le nom que ma famille se donne depuis toujours. On signe nos cartes de Noël de même! Quand j’étais petite je me demandais pourquoi on ne choisissait pas notre nom. C’est comme une identité que tu n’as pas choisie et Pelgag je trouvais ça plus personnel. Et Klô, ben c’est juste un diminutif. J’ai mis un accent circonflexe, parce que je trippais sur Raôul Duguay et ses recueils de poésie. Je trouve ça beau les accents, le tréma, le circonflexe. »

2. Elena (qui t’a déjà interviewée pour Le Collectif) : Demande-lui si les pommes cirées à l'épicerie lui font encore peur!

 K: « Oui! Je n’aime vraiment pas ça aller au IGA. Pour vrai les pommes cirées, c’est dégueulasse, ça fait peur! On dirait qu’on est dans une version du futur des années 60 où tout est vraiment propre et que ça fait peur... »

3. Sophie (une chanteuse d’opéra) : Comment travaille-t-elle sa voix? Et comment la perçoit-elle?

K: « Je ne travaille pas ma voix vraiment, je fais juste chanter mes tounes et ma voix elle a évolué au fur et à mesure que je composais, en fait. Plus j’ai chanté, plus ma voix s’est développée et est devenue naturelle. Je ne sais pas comment je la perçois. »

Quand tu t’écoutes, trouves-tu ça bizarre?

K : « Ça dépend. Je suis quand même rendue habituée de m’écouter et je sais maintenant ce que j’aime plus et ce que j’aime moins. Mais, me regarder parler ou m’entendre parler, ça j’ai vraiment de la misère. »

Merci Klô, quel plaisir!

En conclusion, Pelgag ton sens de l’humour, de l’absurdité. Pelgag ta vue et ton ouïe.

Klô Pelgag sera au Théâtre Granada le 1er avril prochain! Je peux vous assurer que si vous aimez ouvrir votre esprit, la délicieuse absurdité de Klô Pelgag saura vous séduire.


Crédit photo © Klo Pelgag et Laurence Richard

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