Petit guide à l’intention du surfeur québécois

Par Charles Eric Vaillancourt

As-tu des pulsions inassouvies de vouloir partir à la poursuite de la Mavericks en suivant les pas déterminés du grand Jay Moriarity? Ou encore, dans une proportion moins extrême, rêves-tu simplement de chevaucher des vagues désinvoltes pour impressionner les beach bunnies? À toi, surfeur québécois, cesse de refouler tes pulsions en te faisant pousser les cheveux jusqu’à la nuque : surfer au Québec, c’est possible!

Certes, il arrive que les surfeurs québécois puissent ressentir les mêmes sentiments d’impuissance, de frustration et de mélancolie que ce bon vieux Brice de Nice. Mais, comme tout surfeur qui se respecte, soyez persévérant! Notre belle province n’est peut-être pas une destination de surf exotique, mais au moins elle recèle quelques spots bien invitants.

Surf de rivière

Le surf de rivière se distingue du surf en océan de bien des façons, et a des propriétés qui lui sont bien spécifiques :

  • Les vagues sont stationnaires et non dynamiques : elles restent donc sur place. Comment est-ce possible? C’est bien simple, la vague n’est pas créée par les courants marins, mais plutôt par l’effet de la vitesse de l’eau sur le fond rocheux.
  • Nul besoin d’attendre que la vague parfaite se forme, car c’est elle qui attend que vous veniez à elle! La vague glisse donc sous votre planche dans un mouvement continu, ce qui vous permet d’y passer un temps indéterminé, ce qui est idéal pour pratiquer différentes manœuvres.
  • Toutefois, la vague ne vous ramènera pas à la berge. Vous devrez donc lutter contre le courant pour l’atteindre, et marcher pour revenir à la bonne hauteur et vous lancer à l’eau de nouveau.

La vague à Guy

Accessible depuis le parc de la Place René-Lévesque, sur le boulevard Lasalle à la hauteur de la rue Gagné, cette vague école est parfaite pour les débutants. Il est facile de s’y lancer, elle ne sera jamais plus haute que vos genoux, elle est près de la berge et le débit d’eau est modéré. Surfer cette vague vous laissera le temps de comprendre les concepts de base, d’avoir une bonne sensation sur votre planche afin de parfaire votre équilibre.

Habitat 67

Pour accéder à ces vagues, stationnez votre véhicule au stationnement qui se trouve à l’est d’Habitat 67, juste avant le pont de la Concorde, puis traversez le parc et rendez-vous jusqu’au bout du sentier à l’arrière des terrains de tennis. À cet endroit, on y retrouve deux vagues. Celles-ci s’adressent aux surfeurs intermédiaires ou expérimentés, car le débit d’eau est beaucoup plus important qu’à la vague à Guy, elles sont de la hauteur de votre taille et parfois plus encore. Il est plus difficile d’attraper ces vagues, mais l’expérience en vaut vraiment les efforts. Cependant, surfez avec précautions, car le fond est rocailleux et certains hésitent de se lancer à l’eau en raison de la pollution…

Chambly

Aussi destinée aux intermédiaires et aux experts, vous accèderez à cette vague par la rue Willet : traversez le parc et lancez-vous à l’eau, les vagues sont en aval du barrage hydroélectrique. De bonne qualité et d’une hauteur semblable à celle des vagues d’Habitat 67, les vagues de Chambly vous donneront beaucoup de plaisir, mais attention au fond rocailleux, et si vous manquez le contre-courant pour sortir, vous allez tomber dans le Gueule du Loup… et vous allez ressortir de l’eau près du Fort Chambly…

Et à Sherbrooke?

Surfers de l’Estrie, ne soyez pas si jaloux! Vous aussi aurez bientôt votre vague de surf urbaine au centre-ville de Sherbrooke. Ce projet est le grand gagnant du concours de «La bonne Idée», organisé par Destination Sherbrooke. L’analyse de la faisabilité d’un tel projet sur la rivière Magog est en cours et se fait avec la collaboration de plusieurs partenaires.

Culture en croissance

La culture du surf de rivière s’est bien installée au Québec depuis quelques années, notamment dans la métropole. À elles seules, les vagues d’Habitat 67 et la vague à Guy attirent chaque année entre 18 000 et 25 000 surfeurs, si bien qu’il n’est pas rare de voir des files d’attente se former. L’engouement est tel que les plus téméraires étirent la saison de surf de rivière jusqu’au mois de novembre, et même décembre!

Il est toujours recommandé de prendre une leçon pour votre première expérience. L’entreprise KSF est une école de surf montréalaise de renom qui compte une vingtaine d’années d’expérience. Soyez toujours prudents, faites attention à l’environnement, et ne surfez jamais seul, car ces endroits ne sont pas surveillés et sont dangereux même pour le plus aguerri des surfeurs.


Pour les curieux, Le Collectif vous propose un court vidéo présentant le surf de rivière comme on le pratique chez KSF, au Parc des Rapides Lachine à Ville LaSalle : C'est ici!

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