Comme la plupart des gens de ma génération, lorsque Pixar pond un nouveau film d’animation, je n’ai pas le choix de l’écouter. Leurs histoires ont bercé mon enfance, puis mon adolescence, et continuent d’être d’actualité dans ma vie d’adulte. Les thématiques abordées par leurs films gagnent en complexité avec le temps. Déjà, avec Sens dessus dessous (2015), les animateurs de Pixar sortent du cadre classique et rendent accessibles des concepts très abstraits comme la gamme d’émotions humaines. Ils nous offrent encore une fois un tour de force avec Âme (2020).  

Par Béatrice Palin 

Synopsis 

Joe Gardner, un pianiste jazz et enseignant de musique au primaire, se voit offrir le gig de sa vie. Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes, jusqu’à ce qu’il meure bêtement le jour même. Rien n’empêchera Joe de réaliser son rêve, même la mort. Sur le tapis roulant menant à l’Au-delà, il réussit à s’échapper et se retrouve dans le Grand avant. Il est alors assigné par accident à l’âme numéro22. Ensemble, ils essaieront de permettre à Joe de retourner sur Terre et à 22 de ne jamais s’incarner. Le résultat de l’entreprise ne sera pas nécessairement celui espéré. 

La vie, la mort, et ce qu’il y a entre les deux

Source : Pixar

Aborder le sujet de la mortalité et de l’au-delà dans un film d’animation familial représente tout un défi. Il s’agit de notions déjà difficiles à saisir pour un adulte. Qui d’autre que le studio Pixar pour relever le défi avec brioLe studio choisit une approche neutre en ce qui a trait à la vie après la mort. Il n’est mention d’aucune religion ou pratique religieuse. On appelle simplement se qui suit la vie l’Au-delà, et ce qui vient avant, le Grand avant. La trame du film reste elle aussi simple : quel est le sens de la vie? Sujet amené de manière évidente et facile à suivre autant pour les plus jeunes que les plus vieux. Fidèles à eux-mêmes, les animateurs parsèment le film de clins d’œil qui passent six pieds par-dessus la tête des tout-petits, mais qui font bien rire les plus vieux.  

Monter la barre de l’animation un film à la fois 

On aurait dit une mission personnelle chez Pixar d’augmenter le niveau de l’animation au sens large à chaque production. Il y avait longtemps que je n’avais pas vu une telle recherche artistique dans un film, tous genres confondus. Même si les thèmes abordés sont tout aussi flous qu’abstraits, je ne les aurais pas imaginés illustrés autrement. Les entités qui gèrent le Grand avant sont fortement inspirées du cubisme de Picasso tout en restant intangibles et malléables. La texture des âmes est non identifiable. Leur aspect me donne une impression de calme. Tout est là, dans l’impression. Rien n’est défini, nous sommes poussés à interpréter ce que nous voyons par les sensations que nous apportent les personnages et les lieux du Grand avant.  

Du côté terrestre, j’avais la mâchoire à terre. Faites pause à un moment où il n’y a pas de personnages à l’écran et demandez à quelqu’un s’il s’agit d’un film en vrai ou d’animation. Je vous garantis cette personne hésitera. Les textures sont si réalistes que les personnages cartoon détonnent presque. Les bouloches sur le gilet de Joe donnent encore des frissons à l’ancienne artiste 3D que je suis. L’éclairage, les couleurs, les textures, ce film est un vrai plaisir pour les yeux… et pour l’âme.

Maintenant

Si vous cherchez un film pour occuper voter quarantaine, je ne peux que vous le suggérer fortement. Je finis le film avec un drôle de sentiment dans ma poitrine. Comme une réalisation sur la façon dont je vivais ma vie avant. Si je retiens une seule chose de cette œuvre cinématographique (qui remportera assurément l’Oscar), cest de vivre. Cela peut paraître simple pour la plupart, mais nous vivons souvent de la mauvaise façon, surtout avec le nuage noir de la COVID au-dessus de nos têtes.  

Profitons des petits moments, même s’ils semblent insignifiants.

Source : Pixar
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