Le plagiat : une pratique aux lourdes conséquences à ne pas banaliser

Par Josianne Chapdelaine

Après quelques semaines de cours, l’arrivée des travaux de session et des examens approche à grands pas. En 2012, une étude réalisée par CBC/Radio-Canada à travers 42 universités du Canada stipule que 0,78 % des étudiants avaient été pris à tricher. Les données concernant les cas de l’UdeS n’ont pas été fournies. Qu’en est-il d’aujourd’hui?

Faits vécus

François Yelle, professeur au Département des lettres et communications, stipule avoir eu à gérer des histoires de plagiat lors de remises de travaux. « C’est facile à voir. On le sent tout de suite. Il s’agit de connaissances maitrisées qui ne sont pas censées l’être, il s’agit aussi du style de rédaction qui diffère trop des travaux remis auparavant par le même étudiant », stipule-t-il.

L’enseignement s’est renouvelé avec l’ère du numérique, mais la correction aussi. « Avec Internet de nos jours, c’est encore plus facile d’aller visiter la source et d’écrire une phrase pour découvrir qu’il s’agit d’un copier-coller récupéré directement sur le Web », ajoute M. Yelle.

Un étudiant de l’Université de Sherbrooke, préférant garder l’anonymat, s’est retrouvé dans une situation où il était pris par l’enseignant en train de plagier. L’étudiant en question était membre d’une équipe composée de quatre personnes, et a été pénalisé pour un travail remis communément. L’action n’était pas dans sa partie, mais il devait subir les conséquences. « C’est injuste, mais au final, ça nous apprend qu’il faut vraiment valider l’entièreté du contenu remis. On ne peut pas vraiment faire confiance à n’importe qui », partage-t-il.

Les conséquences du plagiat

Des sanctions sont rattachées à l’action de plagier ou de tricher. Elles varient selon la gravité de la faute commise. Certains enseignants ne vont pas se rendre jusqu’au doyen de la faculté parce que l’étudiant ne peut pas remettre en question les faits. « Les sources sont trouvées la plupart du temps sur Internet, alors tu lui montres telles quelles. Les faits sont là, l’étudiant ne peut plus nier », explique François Yelle. « Les derniers cas, je n’ai même pas eu besoin de le dire à l’étudiant, il avait la note de zéro dans son travail et il n’est jamais revenu après pour demander pour quelle raison, parce qu’il savait ce qu’il avait fait », ajoute-t-il. Selon le quiz antiplagiat de l’UdeS, certaines sanctions plus sévères peuvent provoquer l’expulsion du programme ou même de l’Université.

Éviter le plagiat : quelques conseils pratiques

Il existe plusieurs moyens d’éviter de se retrouver dans ce genre de situation. Selon Julie Bonneau, chargée de cours à forfait pour la Faculté des lettres et sciences humaines, mais également collaboratrice à l’élaboration de la politique contre le plagiat, stipule que « les deux meilleurs moyens de lutter contre le plagiat inconscient sont la prévention et la formation ». Comme mentionné plus haut, un quiz antiplagiat est disponible sur le site Web de l’Université de Sherbrooke. Par l’entremise de vrais ou faux, il permet de valider si les pratiques de remises de travaux sont acceptables ou non. « Il y a une nouvelle politique qui est maintenant universitaire, et non facultaire pour le plagiat. Une fois que tous les étudiants sont informés, ils prêtent plus attention lors de la remise de travaux », ajoute-t-elle.

Le plagiat académique

L’Université de Sherbrooke mentionne que le plagiat académique se produit lorsque « quelqu’un utilise les mots, les idées ou le travail de quelqu’un d’autre ou réutilise ses propres mots, idées ou son travail, alors que ces mots, ces idées ou ce travail peuvent être attribués à une personne ou à une source identifiable ou que ces mots, ces idées ou ce travail ont déjà servi, sans reconnaitre la source de ces mots, ces idées, ou ce travail, dans une situation où existe une attente légitime quant à la paternité (authorship) ou à l’originalité (aspect inédit) des mots, des idées ou du travail, en vue d’obtenir un avantage, du mérite, un gain, des crédits, un diplôme… ».

La triche est souvent comparée au plagiat, mais diffère d’une certaine façon. La triche est plutôt d’ « enfreindre une règle, un usage, en feignant néanmoins de s'y conformer ». (Usito) Ainsi, texter son camarade de classe ou avoir les réponses écrites dans la main lors d’un examen est une forme de tricherie. Les deux actions demeurent punissables.

La Polytechnique de Montréal souligne quelques faits qui poussent l’étudiant à tricher : le manque de temps, le manque d’organisation, la compétitivité, le manque de créativité, le manque d’estime de soi, le mimétisme, le manque de motivation ainsi que l’abondance de sources d’information facilitant ainsi le plagiat ou la triche. Néanmoins, l’étudiant qui va jusqu’à tricher n’a rien de valorisant selon M. Yelle. « C’est un manque flagrant de respect pour soi et pour les autres. »

Et l’autoplagiat, en quoi consiste-t-il?

L’autoplagiat, c’est « lorsqu’une étudiante ou un étudiant remet un travail ou une partie de travail qui a déjà été soumis à un enseignant pour évaluation. Autrement dit, c'est refiler le même travail dans deux cours différents », explique l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

« Il est difficile de faire l’usage de cette pratique. En ce qui concerne les cours que je donne, je formate mes travaux d’une certaine façon pour justement empêcher toutes formes de plagiat. Il y a des motivations pédagogiques claires évidemment, mais en conséquence, cela rend pratiquement la chose impossible, et si un étudiant le fait, cela parait instantanément », raconte M. Yelle.

N’oubliez pas le slogan de l’Université de Sherbrooke : « Copier | Coller | Citer »

Pour voir la conférence sur le plagiat : Page Facebook du REMDUS

Pour en savoir plus sur la politique de l’Université de Sherbrooke : usherbrooke.ca/ssf/veille/dossiers-de-la-veille/plagiat

Pour avoir accès au quiz antiplagiat : usherbrooke.ca/ssf/fileadmin/sites/ssf/documents/Antiplagiat/Questions_Quiz_V4-2013-04-question_avec_reponses.pdf


Crédit Photo © Huffington Post

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