Plaisir ou tradition

Dans plusieurs films ou séries télévisées, on peut voir des jeunes qui sont forcés par leurs parents à faire un sport de compétition. Dans ces cas-là, l’histoire finit toujours par se régler d’une manière ou d’une autre. Personnellement, j’ai pratiqué plusieurs sports et j’ai très rarement vu des cas où les parents des jeunes les obligeaient à faire un sport. Ce que j’ai pu remarquer dans le cas de ces jeunes, c’est que souvent, les parents ont fait du sport lors de leur enfance et ils désirent que leur enfant en fasse aussi.

M.Eiffel

Un des cas qui m’a marqué est celui d’un ami qui ne voulait pas vraiment jouer au football, mais son père voulait absolument qu’il participe. L’ami en question venait aux pratiques et aux matchs, mais il ne s’améliorait pas beaucoup dans les débuts puisqu’il n’était pas motivé par la volonté de jouer. À la suite de la première rencontre de la saison, qui pour beaucoup était leur première à vie, son père, humilié parce que son fils n’avait pas eu un très bon match, est allé le voir et lui a dit : « si tu ne veux pas jouer pour vrai, va redonner ton équipement tout de suite! » Imaginez un jeune de 13-14 ans qui se fait dire de telles choses par son père. Il a très rapidement mis de l’effort dans son sport pour devenir un bon joueur.

Jouer ou détester?

À la suite de cela, je me suis dit que c’était seulement chez les adolescents qu’une obligation parentale à faire du sport se faisait sentir, mais j’ai vécu une expérience assez déplorable. Mon neveu jouait au hockey sur glace au courant de la dernière année. Quand j’ai réussi à aller le voir, je suis resté stupéfait : il ne voulait tellement pas aller jouer qu’il pleurait quand il s’habillait. Mais ne voulant pas faire de cas à l’aréna, j’ai regardé la scène, abasourdi. J’ai passé l’après-midi avec lui pour faire des activités et je lui ai demandé pourquoi il pleurait avant son match tout à l’heure. La réponse me cloua sur place : « C’est parce que maman aime ça que je joue au hockey. » J’ai parlé un peu avec lui et ce que j’ai pu en retenir, c’est qu’à la suite de cette expérience, il ne voulait plus jamais jouer au hockey de sa vie. Il en était venu à détester ce sport. La détermination d’un parent à trop vouloir que son enfant adopte ses valeurs fait en sorte que certains détestent le sport. Ils en font trop.

Passion ou peur?

Ce sont les seuls exemples que j’ai vus de ma vie, mais j’ai eu beaucoup de ouï-dire d’autres joueurs qui avaient vécu la même situation. Une chose que je peux remarquer chez ceux qui se font imposer un sport par leur parent est qu’ils deviennent de bons joueurs, non pas par désir de dépassement, mais plutôt par peur de leurs parents. Mais tout est dans la manière d’imposer un sport à son enfant, souvent trop directe. Certains passent par des stratégies plus subtiles, mais tout aussi dévastatrices pour l’enfant qui se force à faire un sport ou une activité pour que ses parents soient fiers de lui.

Selon moi, le meilleur truc qu’un parent puisse donner à son enfant est de le laisser choisir le sport qu’il désire pratiquer et de le laisser le pratiquer aussi longtemps qu’il lui procurera de la joie. Personnellement, c’est ce que mes parents ont fait avec leurs enfants. Nous avons tout au long de notre secondaire fait des sports qui nous passionnaient et qui nous rendaient heureux. Pour ma part, je suis toujours amoureux du sport que je pratique parce que je n’ai jamais été forcé à le pratiquer, et dans les moments où j’avais moins de volonté à jouer, mes parents ont toujours été à mes côtés en m’encourageant et en me rappelant que c’est pour le plaisir que je pratique ce sport.

Le fait que certains parents veulent vivre leur passion à travers leur enfant les pousse à imposer un sport. Dans certains cas, l’enfant va s’épanouir lui aussi dans ce sport, mais dans d’autres cas, le jeune peut se retrouver enfermé dans un sport qu’il ne veut pas vraiment pratiquer.

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