La politique aux jeunes : quand les idées cheminent et le gout de s’impliquer culmine

par Alexis Lemieux-Lepage

On fêtait cette année les 50 ans du célèbre discours de Charles de Gaulle, où cet éloquent orateur, chef d’État et instigateur de la Ve République française de 1958, prononça des mots qui seront lourds de sens pour le mouvement nationaliste québécois subséquemment : « Vive le Québec libre ».

Un parti de « tête grise »

Le terreau était donc fertile cette année pour organiser et tenir au début du mois le congrès politique de la plus grande force politique du Québec : le Parti québécois avec ses 80 000 membres. On le dit appartenir aux baby-boomers dont les rêves brisés d’émancipation et de liberté suite à la Révolution tranquille n’ont jamais abouti. On oblitère pourtant de mentionner que cette mouvance politique s’appuie sur un nombre important de jeunes de moins de 30 ans, dont la présence s’est fait ressentir lors de cet exercice démocratique d’envergure. La nombreuse délégation estrienne a, par exemple, eu plusieurs propositions novatrices et porteuses à plusieurs niveaux, dont l’environnement et la santé, des thèmes chers aux Québécois.

Faire la différence, une proposition à la fois

L’étudiante en 3e année de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke, Mélissa Nilsson, a travaillé d’arrachepied sur une proposition luttant contre le gaspillage alimentaire, un domaine plutôt négligé par les derniers gouvernements, qui a cheminé dans toutes les instances, du plus local jusqu’au national pour être finalement inscrite dans le programme du Parti québécois, au terme de ce long et fastidieux exercice de démocratie directe qu’a constitué le congrès péquiste. Mademoiselle Nilsson a livré ses impressions du congrès : « C'est vraiment gratifiant de voir son idée se faire adopter par les autres délégués! Puis, après de longs mois de travail, que ce soit pour la recherche sur les enjeux entourant le gaspillage alimentaire au Québec, ou encore pour la faire prioriser au congrès national des jeunes péquistes, je peux enfin dire que ma proposition va se retrouver dans la plateforme du parti! » C’est donc dire qu’en travaillant ses idées et en récoltant quelques appuis, on peut faire d’un rêve une réalité. Bien sûr, la réalisation de cette idée est conditionnelle à l’élection du Parti québécois dans les prochaines années, mais si à partir d’une idée écrite sur un coin de table on peut améliorer la situation du Québec dans un ou plusieurs domaines, il est vrai que le jeu en vaut la chandelle. Est-ce ce genre d’exemple qui pourrait motiver d’autres jeunes à se lancer en politique? Et si on pouvait vraiment faire une différence et façonner la société à notre image si on s’y prend de la façon appropriée?

D’autres propositions estriennes ont été bien accueillies comme lutter contre l’obsolescence programmée, un problème engendrant beaucoup de pollution et de déchets puisque l’on produit actuellement des biens dont la durée de vie est de loin inférieure à celle qu’il est possible de leur donner avec les technologies actuelles (ampoules, cellulaires, imprimantes, ordinateurs, etc.) dans un seul souci mercantile et de profit. Il a également été question de mieux financer la recherche contre les problèmes de santé mentale, une des premières causes d’invalidité au monde et qui affecte près du tiers des êtres humains dans leur vie. Ces dernières idées ont été adoptées, mais une faible proportion des propositions a été priorisée.

Un congrès efficace qui donne confiance

Quant au déroulement du congrès, on peut avancer sans mal qu’il était bien mené et organisé. Cela représente un défi logistique colossal et c’est impressionnant de constater la fluidité d’un tel exercice. Le vote de confiance de près de 93 % en faveur de Jean-François Lisée raffermit son emprise sur le parti et le positionne favorablement pour les élections. Cela donne l’impression que les troupes sont unies derrière leur chef, malgré les éternelles dissensions de cette coalition nationaliste. Le discours d’ouverture du chef n’était pas des plus concis, mais le contenu y était avec quelques poignantes touches d’humour. Les militants ont eu droit à une visite impromptue de l’ex-chef Pierre-Karl Péladeau, venu saluer le travail des péquistes. Le discours de clôture était franchement original, fourmillant d’humour et de références au défunt artiste et ardent souverainiste Tex Lecor, décédé récemment.


Crédit Photo ©  Toma Iczkovits

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