Pour une Politique de communication épicène et inclusive à Sherbrooke : quand le masculin ne l’emporte plus sur le féminin

Par Audrey-Ann Lepage

Le Collectif Sherbrooke féministe a déposé sa lettre Pour une politique de communication épicène et inclusive à Sherbrooke devant le conseil de municipal le lundi soir 15 mai, à l’Hôtel de Ville, pendant la période de questions.

La lettre, qui contient la signature de 160 citoyennes et de 22 organismes partenaires, dont la FEUS, l’AGEFLESH et le GATUS, fait état d’inégalités vécues par les femmes et demande à la Ville d’instaurer une politique qui l’obligerait à adopter un langage neutre dans ses publications, sur son site Internet et dans les séances du conseil.

Une politique de communication neutre consiste à adopter des termes plus généraux et d’arrêter de faire primer le masculin sur le féminin, car « il est loin d’être un genre neutre », peut-on lire dans la lettre. « Cette règle a été créée en 1647 alors que la croyance populaire voulait que les hommes soient supérieurs aux femmes. »

Par exemple, plutôt que de désigner la population par le terme « citoyens », comme le fait la Ville dans son Guide du citoyen, il faudrait utiliser l’expression « citoyens et citoyennes », ou tout simplement le terme « population », plus inclusif.

À l’Université de Sherbrooke, la Politique de rédaction non sexiste existe depuis 2008. Personnel enseignant et personnel professionnel ou de soutien ont la responsabilité de la faire respecter dans l’ensemble de leurs communications. « Membres de la communauté universitaire » ou « « étudiants et étudiantes » sont des appellations à favoriser dans la mesure du possible.

L’instauration d’une telle politique au sein de la Ville est « loin d’être une demande farfelue », selon le Collectif Sherbrooke féministe, considérant que les autres paliers de gouvernement, d’autres municipalités ainsi que plusieurs organismes publics, parapublics et communautaires appliquent déjà ce principe.

À défaut d’une telle politique, Marie-Danielle Larocque, porte-parole du Collectif et dépositaire de la lettre, ainsi que ses collègues Geneviève Paquette et Dembah Tombor, demandent à la Ville d’adopter néanmoins des mesures concrètes pour mieux intégrer les enjeux féministes dans la structure de la Ville. Elles suggèrent la création d’un comité consultatif « Femmes et Ville » inspiré du Conseil des Montréalaises qui existe à Montréal. Le comité consultatif, au même titre que le conseil d’urbanisme, pourrait faire des recommandations à la Ville après avoir évalué les différents projets municipaux, mais sous une analyse différenciée selon les sexes.

Après avoir présenté leur lettre et leurs suggestions, les représentantes du Collectif concluent avec la question suivante : combien de temps faut-il attendre avant que ce type de changement concret soit observé à Sherbrooke?

La Ville répond qu’elle prendra en considération la lettre et qu’elle en fera une analyse sérieuse, mais que le délai demandé dans la lettre d’avant la fin de l’année 2017 est serré.

Les co-porte-paroles du Collectif Sherbrooke féministe, bien que déçues par cette réponse, entendent néanmoins profiter des élections municipales de septembre 2017 pour mettre en scène les enjeux féministes locaux.

Elles prévoient organiser un débat à l’automne entre les différents candidats à la mairie, dont Hélène Pigot, ancienne professeure titulaire à l’Université de Sherbrooke.


Crédit Photo © Facebook de Collectif Sherbrooke Féministe

Laisser une réponse

Recommandation