Porto Rico : Danser entre deux cultures

Par Emanuelle Boutin

Devant le pavillon principal de l’Université de Sherbrooke attend une jeune femme aux cheveux noirs, bouclés. Elle est revêtue de multiples couleurs. À elle seule, elle est l’antithèse du temps qui se fait de plus en plus frais et sombre.

Elle s’appelle Lorena Cruz. Si son nom sonne exotique, c’est parce qu’elle vient de ces îles au sud des États-Unis, à l’est de Cuba, de la Jamaïque. Encore plus à l’est, de l’autre côté d’Haïti et de la République dominicaine. Pas surprenant que les cultures de ces pays se soient inspirées les unes des autres.

Avant de parler de sa culture, Lorena résume rapidement la situation politique de son pays. Porto Rico est ainsi un État libre associé aux États-Unis. Ce qui veut dire que les Portoricains ont la citoyenneté américaine, bien qu’ils n’aient pas le droit de vote quand vient le temps des présidentielles américaines. Le statut d’État libre implique grosso modo que le pays gère lui-même les «affaires intérieures» et que le gouvernement fédéral américain est quant à lui responsable des «affaires extérieures», comme la défense, la poste, les douanes, la recherche agricole de même que la garde côtière. Un autre héritage est l’anglais, qui est considéré comme l’une des deux langues officielles avec l’espagnol. Lorena semble d’ailleurs un peu inquiète de la grande influence de ces puissants États. «Parfois, j’ai l’impression qu’on perd de notre culture», avoue-t-elle avec un peu de tristesse dans les yeux. Néanmoins, elle se ressaisit et ajoute que sans la présence des États-Unis, son pays serait probablement beaucoup moins développé qu’il ne l’est aujourd’hui.

Traditions culinaires et musicales

Assez! Ce qui intéresse davantage Lorena, c’est la musique, la danse et la nourriture. Avec l’heure du midi qui approche rapidement, ce que décrit la jeune Portoricaine donne l’eau à la bouche. Facilement, nous pouvons s’imaginer prendre une bouchée des plats que la mère de Lorena cuisine. Ingrédients frais du potager familial, sauce secrète épicée, riz, haricots rouges, bananes plantains, poissons et viandes rouges font partie du menu quotidien. «Ce n’est pas de la grande gastronomie, c’est de la nourriture simple de tous les jours, mais c’est toujours très bon», insiste Lorena.

Autre fierté portoricaine : la musique. «On oublie très souvent que bon nombre d’artistes connus à l’international sont d’origines portoricaines», souligne la jeune femme. Jennifer Lopez, célèbre pour ses albums et ses films, a d’ailleurs ses racines à Porto Rico. «L’île est l'un des berceaux des rythmes latinos nés de la rencontre des traditions espagnoles et des rythmes africains», avance même le guide touristique Le Routard. Nous oublions aussi que la salsa viendrait de ce pays.

Avec la musique vient donc la danse, un autre aspect important de la culture de Lorena, mais ce sera pour une autre fois.

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