Portrait - « Le premier à savoir que tu es bon, c’est toi! »

Par Mathieu Fontaine

Pour la plupart des joueurs de football, le parcours est tracé d’avance : après avoir été recrutés dans la ligue collégiale, les meilleurs se rendront au niveau universitaire et y joueront un maximum de cinq ans. Pour Maxime Gauthier, entraîneur des receveurs de passe du Vert & Or, la route a été beaucoup plus ardue.

Des débuts modestes

Après trois saisons passées avec les Volontaires du Cégep de Sherbrooke, Maxime Gauthier n’a pas été recruté par le Vert & Or de l’Université de Sherbrooke. Il s’est tout de même présenté au camp d’entraînement en tant que walk-on. Dans le jargon du football universitaire, un walk-on signifie un joueur qui tente de percer l’alignement par ses propres moyens, sans invitation. En d’autres mots, il s’agit des joueurs ayant le moins de chances de se tailler un poste, puisqu’ils partent avec une longueur de retard : on ne les a pas choisis pour participer au camp de sélection.

À la suite d’une coupure hâtive, l’équipe d’entraîneurs offre un rôle plutôt particulier à Gauthier : « Ils aimaient mon attitude et voulaient que je reste dans l’environnement de l’équipe. Ils m’ont donc proposé de filmer les pratiques et les matchs », raconte Maxime. Par contre, son travail acharné ne sera pas récompensé la saison suivante. Il est retranché à la toute fin du camp d’entraînement, l’un des moments les plus amers de sa carrière : « Je croyais vraiment en avoir fait assez pour mériter une place sur l’équipe d’entraînement. Malheureusement, il y avait de meilleurs joueurs à la position de receveur de passe », rajoute-t-il. À 21 ans, Gauthier se retrouvait privé de la pratique de son sport favori pour une deuxième année consécutive.

Des efforts enfin récompensés

Croire qu’il allait abandonner, c’est mal connaître Maxime Gauthier. Après un an complet d’entraînement en gymnase, l’appel qu’il attendait arrive enfin : « Une semaine avant le camp d’entraînement, j’ai reçu un appel de David Lessard pour me réinviter. Il m’a également avoué avoir fait une erreur en me laissant partir la saison précédente. Au début, j’étais réticent, mais je voulais continuer. Je voulais faire taire les autres. » C’est ainsi que Gauthier s’est taillé une place au sein de l’équipe d’entraînement.

Au cours de cette année, il a pu s’entraîner contre des joueurs comme Nicolas Boulay, maintenant avec les Alouettes de Montréal et Kevin Régimbald, ancien porte-couleur des Roughriders de la Saskatchewan. Comme l’expression populaire le dit si bien, « c’est en affrontant les meilleurs que l’on s’améliore », et Gauthier n’a pas fait exception à la règle. Toutefois, même si une amélioration était nettement observable tant par ses coéquipiers que ses entraîneurs, l’athlète de Sherbrooke n’a pas mis les pieds une seule fois sur le terrain, une situation difficile à vivre selon le principal intéressé : « Le plus dur, c’est d’avouer aux gens que tu joues au football universitaire sans même toucher au terrain lors des matchs. Les gens oublient souvent à quel point le practice squad est important. À ma rencontre de fin de saison, j’ai présenté un mécontentement pour la première fois, et ç’a eu les effets escomptés l'année suivante. »

De walk-on à partant

C’est avec un grand soupir de soulagement que Gauthier amorce sa quatrième saison sur la formation partante. Rarement se retrouve-t-il sur les séquences offensives, mais il parvient tout de même à se démarquer sur les unités spéciales : « J’étais cinquième receveur donc je n’avais pratiquement jamais de répétitions à l’offensive. J’ai quand même réussi à être dominant sur les unités spéciales. On me faisait confiance pour affronter les meilleurs joueurs adverses », ajoute Maxime. Enfin, il faisait partie de l’équipe, la vraie!

À sa cinquième et toute dernière saison, Maxime savait qu’il était prêt pour encore plus. À la suite d’une légère entorse subie vers la fin du camp d’entraînement, Gauthier se retrouvait encore au poste de receveur en surplus. Cependant, il a cette fois-ci obtenu son lot de séries à l’attaque, en plus de garder un poste prédominant sur les unités spéciales. Il a même marqué un touché en septembre 2015 face aux Mounties de l’Université Mount Allison.

Bref, Gauthier sera le premier à vous l’avouer : « Tous les efforts que j’ai mis au cours de ces années ont valu la peine même pour neuf ou dix matchs. » Même s’il partait avec « deux prises contre lui », Gauthier a su se démarquer par son éthique de travail, son attitude et surtout par sa persévérance : « Je suis fier de ce que j’ai réalisé. J’ai toujours cru en moi et en mes capacités. Il ne restait qu’à prouver au reste du monde ce que je valais vraiment! »

À la fin de la saison 2015, le poste d’entraîneur des receveurs de passe a été laissé vacant avec le départ de Francis Lapointe. On a donc directement offert le poste à Maxime Gauthier, offre qu’il ne pouvait refuser. Ses principales responsabilités sont de s’occuper des receveurs, d’assister le coordonnateur offensif, d’observer et d’analyser la défensive adverse pendant les matchs afin de faciliter l’appel des jeux en attaque. En plus de son rôle d’entraîneur avec le Vert & Or, Gauthier est également éducateur physique, un autre domaine dans lequel il excelle. Éventuellement, il aimerait atteindre de plus hauts niveaux dans le coaching et dans le scouting. Lorsqu’il vous en parle, il le fait avec passion. Nul doute qu’avec une attitude et une éthique de travail aussi exemplaires, il parviendra à atteindre ses buts personnels!


Crédit photo © Vert et Or

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