Par Elena Naggiar

Vous savez ces gens que l’on nomme professeurs, enseignants, chargés de cours? Ces gens, l’équipe du Collectif a envie de vous les faire connaître sous un autre angle. Nos chefs de pupitre se sont promenés sur le campus pour interroger vos profs sur le contenu culturel qu’ils consommaient à 15 ans.

Anne Guérinel, Faculté d’administration

« Adolescente (on parle du milieu des années 80 en France), j’écoutais beaucoup de Francis Cabrel, d’Alain Souchon et de Jean-Jacques Goldman, mais aussi les groupes rock des jeunes Français comme Téléphone et Indochine. Évidemment, j’écoutais aussi Sting, U2, Queen et Madonna. Pour ce qui en est des films, comme je travaillais bénévolement pour le cinéma de mon village, j’en ai beaucoup vu à 15 ans : Jean de Florette, Manon des Sources, Au revoir les enfants, Le Grand Chemin, 37o2 le matin, Le nom de la rose… Et comme j’avais trippé sur le film L’été meurtrier avec Isabelle Adjani (j’étais même devenue une groupie : j’avais reçu une photo dédicacée d’elle via son fan club!), c’est sûr que je n’ai pas manqué Subway avec elle et le beau (à l’époque) Christophe Lambert!

Pour les livres, j’ai lu beaucoup de classiques imposés à l’école, comme Les Misérables, L’étranger ou encore l’absurde Rhinocéros. Aussi, j’adorais lire des livres de science-fiction, tant les classiques comme 1984 de Georges Orwell, La guerre des mondes de HG Wells, que les œuvres de Stephen King! »

Simon Morin, Faculté des lettres et sciences humaines

« Ce n’est pas du tout la nostalgie qui m’assaille quand je repense à cette époque d’acné et de pantalons cargo en corduroy. Misère,non!

Il devait y avoir The Bends de Radiohead qui jouait dans mon lecteur CD portatif antichoc trois secondes. Placebo aussi. Things Fall Apart de The Roots. Massive Attack, Beck, Moby, Manic Street Preachers, les Beastie Boys, The Soft Bulletin de The Flaming Lips, que j’ai écouté la première fois en me demandant pourquoi j’avais gaspillé mes précieux dollars de tonte de gazon là-dessus (il fallait acheter des disques à l’époque!). Beaucoup de Rage Against the Machine, qui, je dois l’avouer, a eu une grande influence sur une certaine prise de conscience sociale qui m’accompagne encore maintenant (non, je n’ai pas de t-shirt du Che!).

Dans la même veine, c’est à peu près à cette époque que Fight Club faisait partie de mes films cultes, que je ne ratais aucun épisode des Simpsons et que j’ai demandé No Logo de Naomi Klein à Noël à mes parents. »

Madeleine Audet, Faculté d’administration

« L’été de mes 15 ans, les Jeux olympiques de Montréal battaient leur plein. Les rues grouillaient de monde de toutes provenances. Il y avait de l’effervescence dans l’air. À la maison, une télévision couleur (!) a remplacé la vielle télé noir et blanc, mon père ne voulant rien manquer des prouesses de Nadia Comaneci.

Je me souviens avoir dévoré des livres de Simone de Beauvoir, achetés à la Librairie Tranquille, une institution aujourd’hui disparue. Au TNM, j’ai été bouleversée par Equus, une pièce de Peter Shaffer. Au cinéma, j’étais une habituée du Ouimetoscope, cinéma de répertoire dont la programmation changeait toutes les semaines. Ce qui jouait dans mes oreilles? Genesis, Pink Floyd, Emerson Lake and Palmer, Supertramp, Cat Stevens, Tubular Bells, Queen, King Crimson, Beau Dommage, Harmonium, Plume, Les Séguin, et mon groupe préféré d’entre tous, Octobre. »

Karine Bellerive, Faculté des lettres et sciences humaines

« J’écoutais Jean Leloup, Madonna, Cyndi Lauper, Sinead O’Connor, Les Colocs, Daniel Bélanger, Richard Desjardins, Renaud, R.E.M. et Nirvana. J’écoutais de vieux trucs comme Harmonium, The Police, The Doors, Bob Marley, Pink Floyd, Beau Dommage, Bob Dylan, Brel… Et je rigolais en interprétant C’est Zéro de Julie Masse (mon grand succès de karaoké encore aujourd’hui).

Je lisais L’étranger pour la première fois (la question est : qu’en avais-je compris?); je découvrais Gabrielle Roy, Michel Tremblay, Philippe Djian, Ernest Hemingway et Alexandre Jardin; je relisais fort probablement la série des Anne, la maison aux pignons verts, les Astérix, les polars d’Agatha Christie et le fameux Volkswagen Blues de Jacques Poulin.

C’est à cette époque que j’ai vu mes premières pièces de théâtre “pour adulte”, dont la fascinante et troublante Cabaret neiges noires, à La Licorne, ainsi que Caligula et La cantatrice chauve. »


Crédit photo © clipartkid.com

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