Présidentielle 2017 : une campagne remplie de surprises

Par Louis-Philippe Duhaime

À quelques semaines des élections présidentielles françaises, les candidats en lice sont enfin connus. Le premier tour aura lieu le 22 avril et le deuxième tour, le 7 mai 2017.

Bien que la liste de candidats soit longue, la dynamique électorale gravite autour des principaux aspirants présidents, soit Marine Le Pen (Front national), Emmanuel Macron (mouvement En Marche), François Fillon (les Républicains), Benoit Hamon (Parti socialiste) et Jean-Luc Mélenchon (Mouvement France insoumise).

« Pénélope Gate »

Alors que François Fillon, ancien premier ministre sous Nicolas Sarkozy, était favorable dans les sondages, ce dernier s’est retrouvé dans un scandale appelé le « Pénélope Gate ». Ce nom lourd de signification, tiré du prénom de sa femme, Pénélope Fillon, et de « Gate », suffixe associé à plusieurs grands scandales politiques, démontre l’importance de l’enquête portée contre le candidat des Républicains. Fillon, soupçonné d’avoir créé des emplois fictifs pour sa femme et ses enfants, se défend de n’avoir rien fait d’illégal. Pourtant, les faits reprochés sont choquants. Selon les accusations, François Fillon aurait versé un salaire de 900 000 euros à sa femme pour un poste d’assistante parlementaire qui n’aura vraisemblablement jamais existé.

Plus les jours passent, moins l’appui des électeurs pour le candidat des Républicains est fort, laissant présager des ruptures au sein du parti. Près de 76 % des Français ne croient pas en la défense de François Fillon. En réponse à ces attaques qu’il qualifie de « coups d’État institutionnels » provenant de la gauche, Fillon a demandé à son camp une période de deux semaines afin que la tempête passe. Or, selon plusieurs, les jours du candidat conservateur sont comptés.

Pourtant, avant ce scandale qui a bouleversé la campagne présidentielle, Fillon était premier des sondages. Issu du mouvement conservateur, François Fillon avance un programme électoral réformateur s’attaquant à divers aspects de l’économie française. Dans un programme nommé les « 15 mesures phares », Fillon prévoit abolir les semaines de travail de 35 heures pour revenir aux 39 heures par semaine. Il propose aussi de réduire les charges fiscales aux entreprises qui s’inscriraient dans une perspective de libéralisation de l’économie.

En matière de politique sociale, Fillon est fidèle à certaines idées présentes dans le courant idéologique de la droite française, notamment en souhaitant réserver l’adoption plénière que pour les couples hétérosexuels. Rejoignant certaines positions du Front national, il souhaite réduire l’immigration, notamment en instaurant des quotas et en versant des prestations « qu’aux étrangers en situation régulière depuis deux ans ».

Marine Le Pen devrait logiquement tirer profit du « Pénélope gate », étant donné que François Fillon perd la confiance des électeurs, ce qui permettrait au FN de prendre les votes des Républicains en vue du deuxième tour. Or, Marine Le Pen est restée discrète depuis les accusations contre Fillon.

Selon le journal Le Monde, la directrice du FN serait elle aussi prise dans un scandale mettant aussi en cause des employés parlementaires. Dans ce cas-ci, les employés des députés européens du Front national, payés par le parlement européen, ne travailleraient vraisemblablement pas sur des dossiers européens, mais bien pour le parti. L’Office européen antifraude a demandé à Marine Le Pen de rembourser les 300 000 euros concernés dans l’affaire.

Du côté de la gauche, du mouvement est à prévoir afin de pouvoir maximiser les chances d’aller au deuxième tour. Dans un récent sondage, Benoit Hamon, promoteur du revenu universel, récolte 16 à 17 % des intentions de vote, ce qui lui donnerait la quatrième place, devant Jean-Luc Mélenchon, qui récolte environ 11 % des intentions de vote. Benoit Hamon a souligné qu’il n’était pas possible à la gauche de l’emporter à moins qu’elle ne se rassemble.

Emmanuel Macron et Marine Le Pen au deuxième tour?

Le duel Le Pen contre Macron semble de plus en plus probable au deuxième tour. L’ex-banquier de la Rothschild rassemble de plus en plus autour de lui, tant à gauche qu’à droite. C’est d’ailleurs dans cette position du candidat du centre qu’il semble le plus à l’aise. Cet extrême centrisme se retrouve de plus en plus dans ses discours en faisant référence à des politiques propres à la droite et à la gauche, bien qu’il n’ait toujours pas annoncé son programme politique. Ayant commencé la semaine en force, Emmanuel Macron a été témoin d’une baisse des intentions de vote, passant de 23 % à 21 %.

Lors de son rassemblement à Lyon le samedi 4 février, Emmanuel Macron a terminé son discours en s’attaquant au Front national et à la dynastie Le Pen. Marine Le Pen est actuellement favorite dans les intentions de vote, avec un taux stable de 24 %, ce qui laisse présager une confrontation Macron-Le Pen au deuxième tour. Alors qu’il y a quelques semaines la France s’attendait à revoir un duel Sarkozy-Hollande, avant de voir tomber les gros noms tels Valls et Juppé, cette campagne pleine de surprises n’a pas encore dit son dernier mot.


Crédit photo © Fotolia

Partager cette publication

Laisser une réponse