Présidentielle française : retour sur le dernier débat de la gauche

Par Louis-Philippe Duhaime

Ce mercredi 25 janvier 2017, les deux candidats finalistes de la primaire de gauche, Manuel Valls et Benoit Hamon, ont participé au débat en prévision du deuxième tour des primaires de la gauche.

Ce dernier débat, marqué par le calme et le respect, a tout de même été le théâtre de quelques pointes, ici et là, de la part des deux candidats. Au fil des échanges, cela a permis de relever les différentes visions de la société française des deux protagonistes.

D’une part, le grand sujet tant attendu était la laïcité. Valls, fidèle à ses positions grandement médiatisées, notamment concernant les arrêtés municipaux anti-burkini, a défendu la laïcité de pied ferme. Il a souligné que la laïcité doit être défendue, car selon l’ancien premier ministre, c’est plus qu’une loi, mais bien « une conviction politique ».

 D’un autre côté, le favori des sondages, Benoit Hamon, croit que la laïcité ne devrait que se résumer à la loi de 1905, qui est une loi de « liberté ». C’est en effet sous ce caractère de liberté que Hamon a tourné son argumentation : « Mais là où une femme décide librement de porter le foulard islamique, et il en existe, peu importe ce que nous pensons, au nom de la loi de 1905, elle est libre de le faire, et moi je veux lui assurer cette liberté ».

Revenu universel

L’autre grand sujet traité lors de ce deuxième débat des primaires de la gauche est le travail. Hamon, issue de l’aile gauche du parti socialiste, propose un revenu universel de 750 euros. Il dit vouloir aller de l’avant avec cette proposition afin de combattre les effets nocifs de l’ère numérique sur le travail. Hamon a par ailleurs reçu l’appui d’économistes, dont l’influent Thomas Piketty. En réponse, l’ancien premier ministre voit en cette proposition un signe de faiblesse face au chômage. Selon lui, le revenu universel de base est un rêve irréaliste qui mènera directement à une défaite du parti socialiste. Valls propose donc un « revenu décent ». Il s’agit de faciliter les dispositifs d’aide plutôt que de garantir un revenu commun.

Macron grand vainqueur

Le deuxième tour de la primaire de la gauche aura lieu le dimanche 29 janvier. Bien qu’un seul des deux hommes sera nommé vainqueur à la tête du parti socialiste, plusieurs analystes voient en Emmanuel Macron, candidat présidentiel, le grand vainqueur de cette primaire de gauche. L’ancien ministre de l’Économie pourrait bien être le choix des électeurs traditionnels du parti socialiste qui ne se retrouve pas dans les idées de Valls ni de Hamon.


Crédit photo © Ouest France

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