Par Sarah Gendreau Simoneau 

Marc Frappier, professeur en informatique à la Faculté des sciences de l’Université de Sherbrooke (UdeS), pilote un projet de recherche important sur la cybersécurité pour mieux protéger les infrastructures électriques canadiennes, en collaboration avec Hydro-Sherbrooke. Plusieurs personnes sont donc mises à contribution pour mener à bien ce projet et obtenir des résultats optimaux. Le Collectif s’est entretenu avec le Pr Frappier pour en savoir un peu plus sur la cybersécurité et ce projet de recherche.  

«Le projet vise à définir des mécanismes de protection pour les infrastructures critiques, donc la production d’électricité, d’eau potable, d’énergie, de transport, de communications», explique d’entrée de jeu Marc Frappier. Bien quil nen soit pas à son premier projet de recherche sur la cybersécurité, ce projet représente gros à ces yeux, car cest le premier concernant les infrastructures électriques sur lesquelles il travaille 

L’importance de la cybersécurité 

Le gouvernement donne des subventions pour financer les travaux de recherche dans ce domaine pour augmenter le niveau de préparation du Canada face aux cybermenaces, qui sont en éternelle croissance dans le monde.  

«Les techniques pour contrer les cybermenaces se raffinent, mais les attaques ne seront jamais complètement éradiquées. Elles deviennent de plus en plus sophistiquées.» Selon M.Frappier, il n’y a pas beaucoup de cyberattaques dans le domaine des infrastructures électriques, mais c’est arrivé dans quelques pays et c’est pourquoi il est primordial de s’en occuper maintenant, avant que ça ne se produise ici. 

Le projet consiste à essayer de détecter les anomalies dans les systèmes des infrastructures électriques. Les chercheurs vont donc modéliser le comportement normal du réseau, notamment avec des techniques d’intelligence artificielle. Ils vont aussi faire des règles qui vont reconnaître un comportement anormal pour ensuite coder ces règles, puis les transformer en un programme exécutable. S’il y a une attaque, il y aura donc un changement dans le comportement du système.  

Ce projet, qui durera trois ans, est financé par Ressources naturelles Canada, qui paiera les étudiants, principalement, puis l’équipement nécessaire. «Hydro-Sherbrooke paie ses techniciens, ses gestionnaires et tout le personnel requis pour participer au projet», précise Marc Frappier. 

Partenariat  

Crédit : Roger Lafontaine

Selon le Pr Frappier, «Sherbrooke est une ville assez grande pour être représentative pendant le projet, mais assez petite pour être très agile et interagir facilement avec l’équipe de recherche». C’est donc dire que le territoire sherbrookois est parfait pour ce genre de projet. Hydro-Sherbrooke est aussi un partenaire idéal et un acteur important du projet puisqu’il possède plusieurs barrages et qu’il est distributeur d’électricité dans la ville, mais également en périphérie

L’Université s’est associée à cette entreprise, non pas parce qu’elle était mal protégéemais pour développer de nouveaux mécanismes de protection, précise le chercheurL’équipe a donc fait plusieurs réunions avec Hydro-Sherbrooke, surtout au début du projet, pour réaliser la collecte des données.  

Maintenant cette étape terminée, les acteurs impliqués sont en train d’analyser le tout. Le partenariat entre les deux institutions se passe donc bien, ce qui est crucial pour mener à terme cette recherche avec de bons résultats finaux.   

Multidisciplinarité 

En plus du partenariat avec Hydro-Sherbrooke, un partenariat interne avec des gens de l’Université est de mise. «C’est un projet multidisciplinaire. L’équipe compte 10professeurs et, depuis un an, il y a 25étudiants, de tous les niveaux, donc au bac, à la maîtrise, au doctorat et même au postdoctorat, qui travaillent de pair avec nous. Il y a des gens en informatique, en génie informatique et électrique, des gens en gestion, en droit et même en politique appliquée qui font partie de l’équipe!»  

Selon Marc Frappier, il n’y a pas énormément d’étudiants qui s’intéressent à la cybersécuritéce qui crée une forte demande dans le domaine. Le projet est alors une façon d’intéresser les étudiants au problème et «de leur montrer des techniques concrètes, mais à la fois bien fondées au niveau scientifique». Se retrouver au cœur d’un projet de cette envergure portant sur un sujet aussi enrichissant que passionnant est un excellent tremplin pour ces étudiants. 

Notons que le Canada est le 3eproducteur d’énergie hydroélectrique en importance dans le monde et le 6eplus grand producteur d’électricité. Nous dépendons donc beaucoup de cette ressource. C’est d’ailleurs une des 10infrastructures essentielles selon le pays, voilà pourquoi il est important de mener ce genre de projet de recherche.  

Le Collectif souhaite donc bonne continuité au professeur Marc Frappier ainsi qu’à toute l’équipe de chercheurs impliqués! 

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