Projet EMUS : l’UdeS se démarque encore

Par Hélène Maillé

Elle est reconnue pour le régime coopératif. À l’international, elle se classe parmi le top 20 des institutions faisant la promotion du développement durable et de la saine gestion des enjeux environnementaux. C’est l’université la plus appréciée au Canada… Et une fois de plus, l’Université de Sherbrooke fait bonne figure à l’extérieur des trois campus, nous prouvant ainsi qu’elle n’a rien à envier aux autres!

C’est entre les murs de la Faculté de génie, il y a près de sept ans, que le projet EMUS est né. EMUS pour Electric Motorcycle of Université de Sherbrooke. Alors qu’il tentait d’électrifier sa voiture, Félix-Antoine Lebel, étudiant à l’origine du projet, a décidé d’en faire un travail universitaire. Depuis, près d’une centaine d’étudiants de génie – majoritairement en électrique, informatique et mécanique – ont participé à la conception d’une moto entièrement électrique. Sept ans plus tard, c’est Étienne Nadeau et Benjamin Bédard qui sont à la tête du projet, avec autant de passion et de vision que l’était l’instigateur.

Les premières années

Électrifier une moto semblait beaucoup plus réaliste qu’une voiture, mais encore fallait-il savoir laquelle prendre. Le choix s’est arrêté sur une Yamaha R6. Alors que le moteur avait été complètement changé, l’équipe a procédé à des tests. Sauf qu’ils n’ont pas donné les résultats escomptés et les étudiants se sont rapidement retrouvés face à un dilemme : continuer ainsi ou recommencer tout à zéro.

Si le projet vous semblait ambitieux, attendez d’entendre la suite. Parce qu’ils ont effectivement opté pour la deuxième solution! Cette fois-ci, par contre, l’équipe d’EMUS s’était donné comme directive de fabriquer le maximum de pièces. En somme, leur objectif n’était plus d’électrifier une simple moto, mais bien de concevoir celle-ci de A à Z.

La conception

Parce qu’elle ne visait que le sommet en voulant construire la moto électrique la plus performante en Amérique du Nord, l’équipe a longtemps étudié ce qui différenciait une bonne moto d’une excellente. Les mots d’ordre : agilité, rapidité, puissance et performance. Grâce à leur ingéniosité et quelques bons conseils d’experts en la matière, ils sont parvenus à faire d’un châssis monocoque en aluminium un moyen de transport passant de 0 à 100 km/h en trois secondes. Pesant au total 220 kilos – la légèreté était de mise – et pouvant osciller les 250 km/h, la moto EMUS est composée de 214 chevaux, d’un système de batteries lithium-ion de 14,5 kWh, entre autres, et est autonome de 35 à 100 km dépendamment des conditions routières.

Le Varsity Challenge

L’an dernier, l’équipe d’EMUS s’est emparée de la première place du podium, catégorie universitaire, au Varsity Challenge, une compétition de motos électriques réunissant des universitaires et se tenant au New Jersey. Après leur passage remarqué au Salon de la moto de Montréal il y a quelques jours, les responsables du projet nous ont confirmé leur présence à l’édition 2017 du Varsity Challenge. Cette fois-ci, par contre, la barre est plus haute : l’équipe souhaite être confrontée à une compétition solide, tant à l’échelon universitaire que commercial.

« Les gens sont agréablement surpris de voir une moto électrique construite au Québec et surtout, par des étudiants universitaires, précise Étienne Nadeau. Beaucoup nous mentionnent qu'ils seraient prêts à investir dans un tel projet, mais on doit leur répondre que nous ne sommes pas encore rendus là! Nous acceptons toutefois les commandites. »

Bien que le projet n’en soit qu’à ses débuts, EMUS laisse la porte ouverte aux autres étudiants voulant se joindre au projet ou le promouvoir, qu’ils soient en génie, en administration, en communication ou autre. En attendant, le circuit de Mont-Tremblant deviendra leur terrain de jeu et on leur souhaite la meilleure des chances au New Jersey en juillet prochain!


Crédit photo © Page Facebook EMUS

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