Quand un projet n’attend pas l’autre

Crédit photo © Faculté d'Éducation UdeS

Par Alysée Lavallée-Imhof

Entre deux cours, une pause d’une heure tout juste, il ne m’en fallait plus pour aller à la rencontre d’Anne Catherine McConnell. Une dame généreuse dont j’ignorais l’inspirant parcours jusqu’à peu et qui a gentiment accepté que je réalise son portrait à paraitre dans Le Collectif.

Passionnée, Anne Catherine énumère ses réalisations sans reprendre son souffle. Arrivée en 2003 à l’Université, cette chargée de cours au Baccalauréat en enseignement primaire et préscolaire ne cesse d’innover. Avec elle, un projet n’attend pas l’autre. De la création d’un arbre de mai à la mise en place d’un petit jardin pour Brin d’univers en passant par des cours de danse à dimension culturelle, Anne Catherine est motivée par l’espoir de transmettre quelques idées à ses étudiants qui pourront eux-mêmes les répéter à leur tour auprès de leurs élèves. De son propre aveu, elle admet qu’elle ne compte plus les heures passées à développer ces activités ou le contenu scolaire de ses cours.

Originaire de l’Outaouais, Anne Catherine McConnell a grandi sur la rue McConnell, anecdote qu’elle me raconte avec un sourire en coin. Fille d’agriculteur et amoureuse du grand air, de la faune et de la flore, elle se destine d’abord à des études en mathématiques et en science. Avant de « bifurquer » bien entendu vers la pédagogie comme elle m’explique. N’en demeure que cette nature demeurera un « fil conducteur » de son parcours, ajoute-t-elle.

Diplôme en poche, elle retourne dans son patelin natal, l’Outaouais. Les écoles traditionnelles ne la séduisent guère : un malaise l’habite vis-à-vis le modèle proposé. Confortée par le souhait de quelques parents qui souhaitent voir leur progéniture éduquée autrement, n’en faut plus pour qu’elle se lance et amorce la mise en place d’une école alternative.

Groupes multi âges, interdisciplinarité, elle sera rapidement séduite par la pédagogie Montessori qui l’amènera quelques années plus tard à nouveau sur les bancs d’école. De la maitrise aux études doctorales sans oublier une escapade en Italie, Anne Catherine suit cette passion qui ne l’a plus quittée depuis. Outre ses études et recherches, elle n’a guère pour autant délaissé les salles de classe. La supervision lui permet aujourd’hui de garder contact avec la vie, avec la réalité des enseignants au-delà des murs universitaires. Lorsque je lui demande si elle est confiante, en dépit des portraits sombres dressés du système d’éducation, un « oui » clair et affirmé ne se fait pas attendre. Elle se dit impressionnée par ce qui se passe, émerveillée de voir les enseignants acquérir une plus grande autonomie et développer des activités empreintes d’authenticité pour leurs élèves.

Pour Anne Catherine, les enseignants ont une grande responsabilité. Chaque jour, ils influencent et façonnent les citoyens de demain, appelés sous peu à prendre des décisions collectives. Avec quelque 160 étudiants par session, elle espère par l’entremise de ces futurs diplômés influencer à son tour les générations futures. Ce qui l’inquiète davantage? Le déficit de la nature : ce malaise qu’elle perçoit chez ses étudiants lorsqu’ils se retrouvent dehors, au grand air. Le remède : des projets qui leur permettent de reprendre contact avec l’environnement comme cette Marche des nomades qu’elle organise et qui permet une meilleure compréhension du système métrique.

À la fin de notre rencontre, Anne Catherine me rappelle qu’on se souvient tous d’un enseignant ou d'une enseignante en particulier. De celui ou celle qui avait cru en nos habiletés de lecture au primaire ou encore de celui ou celle qui nous avait transmis sa passion des mathématiques au secondaire.

Plusieurs se souviendront sans doute d’Anne Catherine et de ses projets inspirants.


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