Quand collation des grades rime avec mobilisation

Par Katrine Joncas

Le 21 septembre dernier a eu lieu le grand rassemblement que représente la Collation des grades de l’Université de Sherbrooke. Cette année, un nombre record de diplômées et diplômés se sont présentés afin de célébrer la fin de leur parcours, ou le début d’une nouvelle étape. Alors que les mobilisations étudiantes et sociétales se font nombreuses en vue des prochaines élections fédérales, la Collation des grades a semblé un événement opportun pour sensibiliser les gens à la cause environnementale. L’une des initiatrices de cette mobilisation souligne d’ailleurs la qualité de l’organisation et les traces d’écoresponsabilité lors l’édition 2019 de cet événement.

Le 21 septembre dernier, Daphnée Lopresti, Marc-André Deschênes, Simon Dubois, et Nicolas Dionne-Pelletier, tous membres du comité de La planète s’invite à l’Université, ont participé d’une tout autre façon à cette collation des grades. En effet, ces quatre étudiants se sont rendus à la graduation dans le but de distribuer des ronds verts, symbole provincial du mouvement étudiant pour le climat, et symbole qui a d’ailleurs donné naissance aux grèves et aux manifestations du 15 mars et du 27 septembre 2019. Le but était bien simple : « inciter les gradués et graduées à porter le symbole sur leurs photos de graduation », explique Nicolas Dionne-Pelletier. Ce dernier ajoute également que même si plusieurs participants à l’événement n’ont pas eu le temps nécessaire pour bien comprendre la raison de la présence du regroupement étudiant, les diplômés ont tout de même démontré leur intérêt envers la cause en prenant un rond vert de façon enthousiaste. La réponse positive des diplômées et diplômés démontre alors la pertinence de cet initiative. De plus, comme l’événement a eu lieu un peu moins d’une semaine avant la marche mondiale pour le climat, le moment ne pouvait être mieux choisi.

Utiliser sa tribune pour la cause

L’idée de mobiliser les diplômés et invités à la collation des grades est venue d’Ariane Drainville et d’Amélie Drainville, toutes deux diplômées lors de l’événement. Les deux sœurs prennent elles aussi part à l’organisation de La planète s’invite à l’Université et ont cru bon de profiter de la grande foule présente à l’Université lors de la collation des grades pour sensibiliser les étudiants à la cause. Au départ, plusieurs idées mijotaient dans leurs esprits. Entre autres, Amélie, qui a reçu la médaille du lieutenant-gouverneur lors de la cérémonie, désirait utiliser sa tribune et prendre le micro pour se prononcer sur l’urgence d’agir quant à l’enjeu climatique actuel. Toutefois, dans l’optique de ne pas opter pour une action quelque peu trop radicale, les deux sœurs ont demandé à l’équipe de La planète s’invite de distribuer les ronds vers, « afin que les gens puissent afficher leur appartenance à la lutte pour le climat », explique Ariane Drainville. En effet, cette idée plus générale a probablement permis de rejoindre et d’engager un plus grand nombre de diplômés.

Des actions et décisions concrètes pour la planète

En plus de cette mobilisation qui a permis de rassembler et de souligner l’urgence d’agir quant au réchauffement climatique, Ariane Drainville, qui obtenait alors son diplôme de la Faculté des lettres et sciences humaines, souligne les choix judicieux effectués par l’organisation de la Collation des grades en matière d’écoresponsabilité. Entre autres, aucune bouteille d’eau à usage unique n’a été distribuée. Rappelons l’avis d’ébullition qui est paru la veille de l’événement et qui restreignait complètement les visiteurs de boire de l’eau du robinet. La solution la plus facile aurait donc été de se procurer des caisses de bouteilles d’eau à usage unique pour en faire la distribution ou la vente. Toutefois, Ariane Drainville explique que ce sont plutôt de gros bidons d’eau qui ont été installés afin que les gens puissent remplir leurs bouteilles d’eau, comme ils l’auraient fait normalement à partir du robinet : « J’étais très fière de voir cela, puisque rendus où nous en sommes, en 2019, avec la crise climatique, ce n’est plus concevable de distribuer des bouteilles d’eau comme ça à tout venant. », explique-t-elle.

La finissante se rappelle également avoir dû déposer une bouteille d’eau jetable à toutes les deux chaises alors qu’elle travaillait pour la collation des grades en 2017, année où la chaleur était intense et où les coups de chaleurs étaient à prévenir. Bien qu’elle reconnaisse que l’accès à l’eau soit une question de sécurité, la nouvelle diplômée souligne que c’est aussi la responsabilité des diplômés d’apporter leur propre bouteille d’eau. Elle se dit donc vraiment fière de réaliser que l’Université ne fait pas semblant d’être écoresponsable, elle applique des actions et des décisions cohérentes.

Un événement réussi

Du point de vue de l’environnement, l’édition 2019 de la collation des grades semble avoir été bien appréciée : « Je n’ai pas vu de plastique à usage unique, sauf pour la vente des fleurs, mentionne Ariane. Mais, je n’en n’ai pas reçues, donc c’est correct (rires). » De plus, le coquetel servi lors de la remise des diplômes dans sa faculté était remis dans une coupe en verre. Les boissons, alcoolisées ou non, étaient également servies dans des contenants de verre.

D’un point de vue plus général, l’étudiant et la finissante qui ont répondu au Collectif laissent tous les deux savoir que l’événement était réussi. Ariane Drainville souligne d’ailleurs que le stationnement était mieux organisé, causant ainsi moins de trafic sur le campus : « en général, ce fut un beau moment pour beaucoup de gens ».

L’importance d’agir

Plusieurs actions sont entreprises afin de souligner l’urgence d’agir quant aux changements climatiques et à l’environnement. La marche mondiale pour le climat est un bel et grand exemple de l’ampleur de la situation et des voix qui s’unissent pour un avenir sur la planète. Toute les actions, petites et grandes, sont importantes pour faire avancer la cause et démontrer le désir immense d’une planète en santé et un changement concret dans les habitudes de vie de tous. Quant à cette mobilisation durant la collation des grades, Nicolas Dionne-Pelletier croit « qu’il serait important de répéter l’expérience l’année prochaine avec un meilleur préavis, pour que toute personne souhaitant soutenir la cause ait l’occasion de le faire ».

D’ici là, unissons toujours plus nos voix pour entraîner de réels changements, en ligne vers un mode de vie écoresponsable pour tous, et vers un espoir plus grand pour l’avenir.


Crédit Photo @ Université de Sherbrooke

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