Par Sébastien Binet

Chaque année, la rentrée me rend complètement nerveux. De nouveaux locaux, de nouveaux professeurs et maintenant s’ajoute à tout ça un nouveau travail. Heureusement, le sport a toujours pu avoir l’effet d’une thérapie sur moi et après une bonne séance, j’ai toujours les esprits plus clairs. Étant un grand amoureux des sports en général, mais aussi du sport de compétition, j’ai participé à au moins un bon millier de matchs dans ma carrière. Sans toutefois être dénués de préparation, mes avant-matchs se sont toujours déroulés de manière improvisée.

À travers les âges, j’ai pu côtoyer une kyrielle d’individus tous plus différents les uns des autres. Avec la saison du Vert et Or qui vient de débuter ou qui débutera sous peu, il sera possible d’admirer, dans leur habitat naturel, plusieurs spécimens d’athlètes en préparation. Ces joueurs et joueuses ont tous du talent, mais celui-ci semble parfois proportionnel à l’efficacité de la concentration et de la préparation d’avant-match. J’ai donc dressé une liste très exhaustive de quatre types de joueurs les plus susceptibles d’être vus dans un des vestiaires des équipes de notre université pour la saison 2015-2016.

Le Sydney Crosby de la superstition

Tout d’abord, un vestiaire ne serait pas un vestiaire sans le joueur typiquement trop superstitieux. Pour plusieurs, c’est une chaîne appartenant à leur grand-père ou bien un chapelet offert lors de la première communion et pour d’autres, c’est littéralement l’attirail complet d’une bonne succursale de l’armée du salut qui pourrait être constitué. Cela va de la patte de lapin au trèfle à quatre feuilles du Lucky Charms. Tout y passe sans exception. S’il venait à perdre un de ses objets, c’est parfois le genre de joueur qui pourrait devenir aussi stable émotionnellement qu’un conducteur d’autobus de la STS pendant les jeudis 4 à 7 de la rentrée. Comme on le sait bien, certains sportifs ne peuvent clairement pas performer s’ils n’ont pas en leur possession leurs 17 objets porte-bonheur. C’est prouvé scientifiquement, évidemment.

Pour bien jouer, je dois absolument manger des pâtes avec la sauce de ma grand-mère.

Une fois j’avais perdu le bracelet que ma marraine m’avait donné et j’ai joué la pire partie de ma vie.

Le joueur téflon

Il y a aussi celui qui ne croit pas que la préparation mentale est utile pour jouer un bon match. On dit souvent de ce joueur qu’il est plus stressant que stressé. Le genre de joueur que la nervosité importune autant qu’un steak dans une poêle de téflon.  C’est celui qui danse et qui chante souvent plus fort que les autres pendant l’avant-match et qui, d’une manière bien naturelle, réussit normalement à faire fâcher le Sydney Crosby de la superstition en volant un de ses objets. Mes statistiques m’ont aussi démontré que bien souvent, c’est ce genre de joueur qui fait passer sa paresse de laver son équipement pour de la superstition. En général, c’est aussi celui qui sent le moins bon, malheureusement.

Le maître du Feng shui d’avant-match

Pour continuer, il y a celui qui tombe indisponible quelques heures avant le début du match. C’est le type de joueur qui s’isole souvent en fixant le vide et qui s’imagine en train de réaliser les plus beaux jeux de sa carrière. Il n’en est pas à ses premiers pas en matière de visualisation positive, le niveau 73 est dépassé depuis longtemps. Personne n’est jamais sûr s’il fait simplement méditer ou bien si c’est une petite sieste d’avant-match, mais on n’ose pas lui poser la question puisque de toute façon, on n’obtiendrait fort probablement aucune réponse.

Parfois avant de jouer les autres gars pensent que je médite, mais en fait je fais des siestes.

L’évacuateur

Finalement, il y a le joueur qui ne retient tout simplement rien en situation critique de nervosité. C’est le style de joueur qui ne mange jamais avant de jouer parce que de toute façon son estomac semble incapable de garder quoi que ce soit. C’est aussi celui qui a tendance à s’habiller très rapidement juste avant le match parce que de toute façon, il lui reste au moins deux pipis nerveux avant le discours de l’entraîneur. Il a, pour la majorité des cas, déjà tenté toutes les manières possibles de se calmer, mais rien n’y fait. Il s’est tout simplement résigné à endurer sa condition encore et encore, jusqu’à ce que le temps de la retraite sportive soit arrivé.

J’ai déjà fait 14 pipis nerveux avant une finale, c’était l’enfer.

Bien sûr, ces études de joueurs représentent les recherches acharnées d’une équipe d’experts (moi), produites dans le seul but d’obtenir un portrait complètement objectif des joueurs qu’on pourra côtoyer tout au long de l’année 2015-2016 du Vert et Or. Toute surprise sera donc évitée lorsque nous, fidèles partisan-e-s, assisterons aux joutes de nos préférés. Sur ce, il ne reste plus qu’à souhaiter une bonne saison à tous.

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