Quand la langue n’est pas une barrière

Par Mathieu Fontaine

Si on vous demandait d’étudier dans une langue qui n’est pas votre langue maternelle, le feriez-vous? Et si en plus, il s’agissait de votre troisième langue, que feriez-vous? Et si, pour ajouter à votre malheur, on vous demandait de vous entraîner treize fois par semaine et de participer à des compétitions chaque mois, comment réagiriez-vous? Cette situation, Patrick de Lange l’a choisie et la vit pleinement depuis maintenant un an et demi.

Des Pays-Bas à Magog

Patrick est né aux Pays-Bas. Sa langue maternelle est le néerlandais, mais il parle couramment l’anglais. À l’âge de douze ans, sa famille et lui décident de déménager au Canada pour des raisons professionnelles. Résultat : il se retrouve dans une province presque exclusivement francophone, alors qu’il ne connait pas un mot français. Sa façon de s’exprimer réside dans sa passion, la natation. Dès son arrivée, Patrick décide de pratiquer le triathlon, sport auquel il s’adonnera pendant quelques années. Toutefois, son amour pour la natation viendra mettre un terme à sa carrière de triathlonien et il s’y consacrera à temps plein dès l’âge de quinze ans.

Une première scolaire

Après des études secondaires à l’école anglophone Alexander Galt, Patrick se retrouve au collège John Abbott pendant deux ans. Au cours de de son passage dans la grande ville, il nage pour l’équipe collégiale. Il rentre ensuite au bercail pour étudier à Champlain, du côté de Lennoxville. Pendant ce temps, il nage avec le Club de natation de Sherbrooke. Cette décision changera complètement le tournant de sa carrière : « Mes entraîneurs au Club de natation étaient ceux de l’équipe du Vert et Or. Après la première année, ils m’ont demandé de nager pour l’équipe universitaire. J’ai donc accepté sans hésitation. » C’est donc la première fois de sa vie que de Lange étudie en français, une tâche plutôt ardue selon le principal intéressé : « En plus d’étudier dans une langue moins familière, je dois rester discipliné pour mieux performer. C’est difficile, mais je n’ai aucun regret. »

Des attentes élevées

Après une première année où il a récolté pas moins de huit podiums et participé aux essais olympiques, Patrick s’est fixé des objectifs de taille pour sa seconde année dans l’équipe du Vert et Or de natation : il vise une douzaine de podiums pour la saison 2016-2017. Par contre, son but ultime est d’en obtenir un aux championnats canadiens, qui se dérouleront à Sherbrooke en février prochain, dans son épreuve de prédilection, le 50 mètres libre.

La tâche ne s’annonce pas facile, tant à l’école qu’en compétition. Cependant, en gardant son excellente éthique de travail, Patrick atteindra sans aucun doute toutes ses ambitions.


Crédit photo © UdeS

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