Quand la littérature et les études féministes se rencontrent

Par Mylène Roy

Session d’automne 2016, lundi après-midi. Femmes du monde et littérature, le titre du cours. Les deux chargées de cours se présentent. L’une d’entre elles mentionne qu’elle étudie présentement au doctorat en études françaises et ajoute à la blague qu’un doctorat, on sait quand on le commence, mais jamais quand on va le terminer. Un an et demi plus tard, le 7 mai 2018, elle était assise au A4-166, pour présenter sa soutenance de thèse.

Catherine Dussault Frenette y est arrivée toute souriante déposant une pile de romans qui constituaient son corpus. La salle comportait plus d’une vingtaine de personnes en plus du jury composé des professeures et professeurs Nicole Côté,  Domenico Beneventi, Lori Saint-Martin ainsi qu’Isabelle Boisclair, la directrice de madame Dussault Frenette. Le déroulement de la séance sera plutôt simple : la doctorante fera une présentation de sa thèse pendant 25 minutes puis viendront deux tours de paroles pour chaque membre du jury, qui pourront poser leurs questions et émettre leurs commentaires. Le jury délibérera ensuite à savoir si la thèse sera acceptée.

Catherine prend la parole d’abord pour remercier son jury, il y a beaucoup d’émotions dans l’air notamment lorsqu’elle mentionne que ç’a été plus de quatre ans de travail. Elle entame la présentation en ancrant sa thèse dans l’actualité en faisant mention d’un article paru dans Le Devoir le 30 mars dernier intitulé « Violences sexuelles à l’école » et de la nouvelle Sans refuge de Maryse Adraos qui traitent tous deux de violences à caractère sexuel chez les jeunes femmes, ce qui donne le pouls quant à son propre sujet qui ne manque pas d’échos avec les mouvements #agressionsnondénoncées et #moiaussi.

La fabrication du désir féminin

Le titre de sa thèse : La fabrique du désir féminin : le dispositif de la contrainte dans la littérature contemporaine des femmes (1990-2015). L’objectif premier de la thèse est de décrire le désir féminin et d’observer la façon dont se déroule le moment d’entrée dans la sexualité des jeunes femmes. Son corpus est constitué de 15 livres, tous écrits par des femmes, qui abordent le sujet de la première fois.  Ce choix a été fait parce que le point de vue des femmes permet de déceler la domination patriarcale et parce que les femmes sont marquées par l’expérience sociale qui vient souvent de pair avec la culture du viol. La thèse aborde donc les sujets de la domination masculine dans l’initiation à la sexualité dans un rapport contraignant chez les jeunes femmes et l’absence de discours positif sur le désir féminin dans la littérature occidentale. Tout n’est cependant pas sombre, puisque le dernier chapitre fait état de la résistance chez les personnages féminins, lueur d’espoir également pour notre société.

C’est après une courte délibération que Pr David Morin, vice-doyen à la recherche et aux affaires internationales de la FLSH, annonce que Catherine obtient son doctorat en études françaises, et la remercie pour la pertinence qu’elle amène aux études féministes. Catherine Dussault Frenette est maintenant docteure.


Crédit Photo @ futura-sciences.com

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