Quand le monde s’emporte

Par Lydia Santos

La culture compte bon nombre d’événements, d’artistes, de domaines et de champs d’expression. Justement : y a-t-il une manière d’expression à favoriser? Est-ce que le moyen d’expression est permis et accepté sous toutes ses formes et sous toutes ses coutures? Peu importe, à la suite d’un événement public, les journaux, les blogues et les commentaires des spectateurs se suivent et se ressemblent.

Par définition, un gala est une grande fête ayant généralement un caractère officiel. La norme de notre société actuelle veut qu’une certaine étiquette soit respectée lors de telles célébrations. Un peu comme lorsque nous allons faire une entrevue : il y a certaines règles non écrites à suivre. Cependant, tout le monde a le choix et la liberté de les appliquer ou non.

L’encre a beaucoup coulé, les médias en ont amplement parlé. Le dernier gala de l’ADISQ a fait soulever plusieurs points concernant l’étiquette que devraient avoir les artistes lors d’un tel événement. Non, je n’écris pas ces quelques lignes pour donner mon opinion sur l’habillement de Safia Nolin ou de Jean Leloup ni pour souligner les remerciements de quiconque. Simplement pour soulever des questionnements.

Bons coups et faux pas

Ce sont les premiers articles que nous pouvons trouver en ligne à la suite d’un tapis rouge. Ou encore, à la fin d’un gala. Gare à ceux qui dérogent, car ils seront dans la mire médiatique. Les galas se veulent mondains. D’un côté, les femmes sont en robes de soirée arborant des coiffures hautes et des maquillages plus prononcés, les hommes en veston, cravate ou en smoking. De l’autre, les personnes qui se vêtissent de manière plus décontractée sont irrévérencieuses.

Quoi dire et quoi ne pas dire

Sinon, dans un gala comme Les Olivier, ce sont les blagues qui sont enclines à ne pas faire l’unanimité. Juste à penser au soutien des humoristes face à la controverse de leur collègue Mike Ward avec le petit Jérémy. La solidarité démontrée a suscité de vives réactions (La Presse+, mai 2016). Aussi, des remerciements trop courts ou trop longs sont vus comme monotones ou faibles en reconnaissance.

« Aime-toi comme tu es »

Comment, en 2016, à une époque où l’on déclare que l’acceptation de soi est primordiale, la superficialité et les fioritures l’emportent-elles? Les artistes mènent un travail acharné et se dévouent corps et âme dans leur domaine d’expertise au courant d’une année. Les médias devraient davantage couvrir leur parcours et montrer les collaborateurs qui ont permis leur succès : les compositeurs, les musiciens, les réalisateurs : ces gens sans qui la culture serait incomplète.

Oui, c’est du bonbon pour les yeux de certains téléspectateurs de voir les artistes bien vêtus, mais comme l’expression le dit, « l’habit ne fait pas le moine ». Alors, leurs décisions influencent-elles l’œuvre pour laquelle ils sont aimés? De toute façon, ce n’est pas parce qu’un designer habille une vedette que la masse appréciera ce qu’elle porte. Une robe ou un par-dessus peut tout aussi bien faire la manchette des journaux à potins.

Bref, quand tout le monde s’emporte, les succès et les efforts sont mis de côté. La culture perd de son étincelle et, en quelque sorte, tombe dans l’oubli.


Crédit photo © Le Devoir

Partager cette publication