Quand les aigles attaquent

Par Lucas Bellemare

La surprise a été de taille le mercredi 26 avril. Kevin O'Leary, pourtant un des favoris dans la course à l'investiture du Parti conservateur du Canada, a décidé de se retirer pour appuyer formellement Maxime Bernier. Ce dernier justifie sa décision en prétextant l'impossibilité pour lui d'élargir sa base au Québec, ce qu'il considère comme primordial dans l'élection du prochain chef, et du premier ministre du Canada. Toujours selon lui, Bernier représente le meilleur espoir des conservateurs pour battre Justin Trudeau en 2019. Le moment choisi était plus qu'intéressant, puisque le soir même se tenait à Toronto le dernier débat avant le vote des membres.

Désormais considéré comme le favori grâce à ce revirement de situation, Bernier est la cible d'attaques venant des autres aspirants. Le sujet le plus chaud concerne sa volonté de mettre à bas la gestion de l'offre, alors que tous les autres sont en faveur du système. Andrew Scheer a critiqué cela en disant que le Canada se mettrait à genoux devant Donald Trump lors de potentiels négociations commerciales. Devant cela, Bernier a demandé aux candidats pourquoi ils défendent un système qui a été mis en place par Pierre Elliott Trudeau. Michael Chong a souvent aussi attaqué Bernier sur sa promesse de couper le tiers des dépenses fédérales, ce qui selon lui détruirait le système de santé et donnerait le pouvoir aux libéraux en 2019. Le Québécois n'en démord pas et maintient qu'il est nécessaire d'augmenter la liberté fiscale et qu'il est primordial de donner plus de pouvoir aux législatures des provinces.

Bernier n'a pas été le seul à subir des tirs groupés. Michael Chong, qui propose de recentrer le parti afin de rallier une plus grande frange de la population, a été critiqué pour ne pas mettre les principes conservateurs assez de l'avant. Il est aussi attaqué sur sa défense d'une taxe sur le carbone. Kellie Leitch a vu sa proposition du filtrage des immigrants mise sous la sellette par Lisa Raitt, Rick Peterson et Deepak Obhrai.

Si ce dernier débat n'était pas un tous contre un, le sentiment qui en ressort est que Maxime Bernier est plus encore dans le peloton de tête. L'épisode O'Leary montre que la maitrise des deux langues officielles est obligatoire pour tout aspirant chef d'un parti majeur. Lui-même a reconnu que le Québec, qui est la seconde province ayant le plus de circonscriptions au pays, est au Canada ce que la Floride est aux États-Unis.

Les prochains jours, nous montrerons comment les membres du parti vont s'ajuster à cette nouvelle réalité. Passant de 14 à 13 aspirants, les membres ont pu commencer à voter dès le vendredi 28 avril. Le nouveau chef du parti sera élu à la fin du mois de mai.


Crédits Photo © cbc.ca

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