Quand les coups à la tête sont perçus comme un jeu

P18 www.lapresse.caLa présence des coups à la tête au sein de la Ligue nationale de hockey (LNH) est toujours aussi présente, et ce, même si le comité de discipline a fait du bon travail pour tenter de les enrayer. Bien entendu, certaines de leurs décisions sont discutables, mais une chose est certaine : la route est longue avant de voir les coups sournois être rayés de la carte de la LNH.

Vincent Lambert

Le hockey est un sport rapide et physique, c’est vrai. Les décisions et les gestes posés sur la patinoire se font en quelques secondes seulement, c’est vrai aussi. Toutefois, il est possible de pratiquer ce sport sans que les coups à la tête deviennent un jeu, ou du moins, une mode. Au courant de la saison régulière, il n’était pas rare de voir un joueur étendu sur la glace, et victime d’un de ces coups sournois. Est-ce le désir d’améliorer, chez les agresseurs, leurs statistiques au niveau des coups portés à la tête? Chose certaine, ces actes doivent être bannis du hockey afin de protéger les athlètes.

En ce qui concerne le comité de discipline de la LNH, il a fait du bon travail, parfois juste, parfois discutable. Certainement, il reste encore des aspects à améliorer, mais la LNH est dans la bonne direction. La mentalité se doit de changer et, pour ce faire, il est primordial d’appliquer des suspensions sévères à tous coups illégaux portés à la tête. Ce qui sera important, prochainement, dans le cas du comité de discipline, ce sera d’être constant et de sortir des zones grises pour faire comprendre aux joueurs ce qui est tolérable ou ce qui ne l’est pas. Les coups à la tête pourront disparaitre si les joueurs collaborent. La situation de Matt Cooke du Wild du Minnesota est un exemple remarquable. Ce joueur faisait auparavant partie des agresseurs et désormais, il est possible d’entendre parler de lui pour son implication offensive et non plus pour ses agressions physiques. La LNH ne doit en aucun cas attendre qu’un joueur y laisse corps et âme sur la patinoire. C’est pourquoi elle se doit de prévenir les conséquences en appliquant des sanctions plus sévères. Et, par ailleurs, ceux qui disent que ce type de violence est rentable pour la LNH, il est possible de répliquer que le circuit Bettman perd énormément d’argent en raison des nombreux joueurs à l’infirmerie. Tant du côté de la rentabilité que de la santé des joueurs, il n’y a aucun point positif à retenir.

Des gestes inacceptables

Dernièrement, deux joueurs de la LNH ont attiré l’attention, mais pas pour les bonnes raisons. En effet, d’une part, Mike Rupp du Wild du Minnesota a frappé solidement T.J. Oshie des Blues de St-Louis à la tête et d’autre part, Zac Rinaldo, des Flyers de Philadelphie, en a fait de même en frappant Chad Ruhwedel des Sabres de Buffalo. Du côté de Rupp, il devra purger une suspension de quatre parties, et du côté de Rinaldo, ce dernier a également écopé d’une suspension de quatre matchs. Bien entendu, ce n’est pas la première fois que Zac Rinaldo commet ce type d’acte. C’est un récidiviste et c’est pourquoi la LNH devrait suspendre davantage de matchs ce type de joueurs. Même si dans certaines agressions, le but n’est pas de blesser la victime, l’agresseur est responsable de ses actes et il doit en subir les conséquences. Au rythme où vont les choses, les coups à la tête sont quasi devenus une compétition. Pourtant, aucun trophée n’est remis pour ces gestes « salauds ». Les joueurs devraient donc comprendre que ce n’est aucunement gratifiant pour eux et pour la ligue. Il est temps que la situation change…

Et les mises en échec dans tout ça?

Malgré le désir de bannir les coups à la tête, il est tout à fait possible de jouer un hockey physique de manière propre. Les mises en échec amènent un momentum et elles peuvent être appliquées de manière légale. Plusieurs joueurs y parviennent, et c’est le cas par exemple d’Alexei Emelin des Canadiens de Montréal. La LNH ne doit pas chercher à les enlever, mais bien à s’assurer qu’elles demeurent dans la légalité. Les coups à la tête et les mises en échecs sont deux choses différentes. Les coups à la tête visent à blesser souvent un joueur et les mises en échec, quant à elles, cherchent à apporter un rythme et à changer la tournure d’un match. Lorsque ces dernières seront qualifiées comme coups à la tête, il sera important de remédier à la situation.

Suivre l’exemple du hockey olympique

Le hockey olympique offre un excellent spectacle et pourtant, les coups à la tête sont pratiquement absents, tout comme les coups illégaux d’ailleurs. Cela n’empêche pas les amateurs d’avoir du hockey de qualité misant sur la rapidité et la stratégie. Le jeu physique est présent, oui, mais il n’y a pas de débordement et de coups intentionnels à la tête. La LNH gagnerait à suivre l’exemple des Olympiques au niveau, entre autres, de la protection des joueurs.

En bref, la LNH se doit de bannir les coups illégaux et les coups portés à la tête afin d’avoir un sport sain qui assure la sécurité des joueurs. Il n’est plus nécessaire de voir ces gestes et des joueurs étendus à bon nombre de reprises sur la patinoire et rater plusieurs matchs en raison de commotions cérébrales. La mentalité doit changer et les joueurs aussi. Un travail collectif doit s’appliquer pour un hockey de meilleure qualité. Les coups à la tête ne sont pas un jeu, mais bien une torture…

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