Un quartier de mini-maisons bientôt à Sherbrooke

Par Zoé Nadeau-Vachon

L’année dernière, M. Richard Painchaud attirait l’attention des médias en proposant un projet hors du commun : celui de construire à Sherbrooke un quartier de mini-maisons en zone urbaine, une première au Canada. Aujourd’hui, la construction du site dans l’arrondissement Fleurimont est bien avancée et l’on estime qu’il sera prêt à recevoir ses habitants en mai 2018.

Un besoin grandissant

M. Painchaud a présenté le projet du Petit Quartier à la Ville le 2 mai 2016. Ce dernier a immédiatement été reçu avec enthousiasme par les citoyens. « On a déjà 60 maisons de vendues sur les 73, s’exclame M. Painchaud. Donc dans quelques semaines, on va avoir tous nos acheteurs. » Le profil de ces acheteurs est très varié : on retrouve des retraités, de jeunes couples et des familles.

Plusieurs raisons expliquent cet engouement rapide pour le projet. D’abord, le Petit Quartier répond à une demande grandissante dans la population. En ce moment, il est très difficile pour les propriétaires de mini-maisons de trouver un endroit pour s’installer, car peu de villes acceptent des maisons de moins de 730 pieds carrés.

De plus, M. Painchaud a réussi à faire connaitre son idée et à créer la demande citoyenne avant même de la présenter à la Ville, par le biais d’activités en ligne et dans la ville de Sherbrooke : « Un moment donné, […] les journalistes appelaient à la Ville et demandaient “Qu’est-ce que vous en pensez?” et ils répondaient “On ne le sait pas, on ne l’a pas encore vu, le projet!” », raconte M. Painchaud en riant.

Vivre en coopérative

Autre particularité du Petit Quartier : il s’agit d’une coopérative de propriétaires. Selon M. Painchaud, cette initiative présente de nombreux avantages. Puisque la coopérative est administrée par des bénévoles et qu’elle appartient entièrement aux membres, cela permet d’offrir des maisons à prix compétitifs, où ces derniers ne sont pas gonflés par l’intervention de promoteurs immobiliers. Les mini-maisons du Petit Quartier se vendent entre 102 000 $ et 107 000 $, taxes incluses. De plus, vivre en coopérative, c’est choisir un milieu où les valeurs d’entraide et de solidarité sont omniprésentes. Les membres partageront plusieurs espaces communautaires dans un environnement chaleureux.

M. Painchaud souligne qu’habiter en coopérative ne nous rend pas moins « propriétaire » de notre maison : « Il n’y a pas d’autres propriétaires dans une coopérative que les membres eux-mêmes, ceux qui ont des maisons, explique M. Painchaud. Donc en tant que membre de la coop, tu possèdes un soixante-treizième de 73 maisons. Donc à travers la coop, tu possèdes tout. » La coopérative apporte plutôt une nouvelle dimension à la notion de propriété.

Sherbrooke ouvre la voie

Déjà, le Petit Quartier inspire d’autres villes du Québec à revoir leur réglementation entourant les mini-maisons. « En ce moment, Sherbrooke est dans la mire de beaucoup de villes », déclare M. Painchaud. Sherbrooke accueillera d’ailleurs en juillet un premier colloque sur l’avenir de la mini et de la micro habitation. Urbanistes, architectes, élus et promoteurs de partout au Québec y seront pour discuter des possibilités de développement de la mini-maison.


Crédit Photo © Facebook Le Petit Quartier Sherbrooke

3 comments

Laisser une réponse