Qui est le public québécois?

Par Rosanne Bourque

On parle d’identité en long et en large. Moi je me suis demandé : qui est le public québécois? Qui consomme la culture québécoise? Vous me répondrez évidemment que c’est vous et moi… et lui là-bas aussi.

Selon un article du Devoir paru le 10 mai 2016, il est de plus en plus difficile de savoir précisément qui sont les consommateurs de culture et ce qu’ils consomment à cause du piratage et de la montée du numérique. En d’autres mots, il y a moins de données matérielles pour identifier notre public. Comment savoir ce que le public consomme, ce qui l’attire, ce qu’il l’a attiré?

Le public québécois consomme un peu de tout et il critique. On voit souvent des critiques de films, de galas, d’œuvres d’art et même des critiques de critiques, mais qui critique le public?

Si on tente l’exercice, on pourrait critiquer les jeunes puisque 60 % d’entre eux préfèrent la musique en anglais selon un sondage CROP effectué par La Presse. Mais pourtant, toujours selon le même sondage, les 18-34 ans consomment plus de culture et d’art que les gens âgés de plus de 35 ans. On pourrait donc aussi critiquer les 35 ans et plus de leur manque d’intérêt. Et de toute façon, on pourrait pointer du doigt tous les groupes d’âge parce qu’ils sont finalement incohérents : 49 % des gens qui ont été sondés par une autre étude, cette fois-ci de Léger Marketing, croient que l’État devrait prioriser le cinéma dans son financement, alors que le 7e art au Québec n’est pas beaucoup consommé par son propre public. Sans oublier que seulement un peu plus de 500 000 personnes étaient devant leur écran lors du dernier Gala du cinéma québécois (feu gala des Jutra).

Je me suis posé plusieurs questions pour rédiger cette chronique. J’ai voulu vous parler de faits, de statistiques et vous présenter le public québécois. En vain. Parce que toujours plus de questions naissaient et aussi parce que finalement, le peuple québécois – et c’est une de ses forces – est très diversifié dans tous ses aspects, ce qui le rend difficile à qualifier de manière représentative.

Qui est le public québécois? Il a plusieurs visages, plusieurs cultures, plusieurs noms, plusieurs langues, plusieurs intérêts, plusieurs métiers. Nous avons donc finalement des données qui nous aident à le connaitre, mais pourquoi est-il si dur à séduire?

Je vous lance finalement cette dernière question comme conclusion : si par l’identité d’un individu ou d’un groupe nous sommes aptes à le connaitre et à le reconnaitre, sommes-nous plus aptes à le comprendre et à la conquérir en tant que masse?


Crédit Photo © Gabrielle Gauthier (Gallie - Gallieart.tumblr.com)

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