Rassembler grâce à un souper ramadan sans frontières

Par Rayane Baïtiche

Pour une 12e année consécutive, le souper ramadan sans frontières visait à créer une ouverture entre le monde arabe, le monde musulman et la société québécoise, le 2 juin dernier à l’École internationale du Phare. Par ailleurs, cet événement rassembleur a été organisé par le conseil des associations musulmanes en Estrie regroupant les six associations suivantes : l’Association des musulmans de l’Université de Sherbrooke (AMUS), le Centre culturel islamique de Sherbrooke (CCIS), l’Institut des mondes arabes et musulmans (IMAM), le Cimetière musulman du sud-est du Québec (CIMSE), l’Institut Al Qalam pour l’éducation et l’enseignement ainsi que l’Association Bel Agir.

Jeûner pendant le mois du ramadan

Le ramadan est le mois saint et le mois de la charité pour la communauté musulmane. Ce jeûne constitue l’un des cinq piliers de l’islam, c’est-à-dire les devoirs impératifs que doivent appliquer les musulmans et les musulmanes. Le ramadan constitue, plus spécifiquement, pour les personnes ayant l’âge requis, une abstention de manger, de boire, de fumer et d’entretenir des rapports sexuels de l’aube au coucher du soleil. De plus, les personnes adhérentes à l’islam doivent s’acquitter d’une aumône appelée la zakât al-fitr à la fin du mois.

Dialoguer pour se connaître et mieux se comprendre

Avant de commencer le souper collectif, des tables rondes ont été animées par des jeunes musulmans, Ascot en santé et le groupe Dialogue + pour discuter notamment des enjeux religieux, du vivre ensemble et de l’immigration. Isaïa Neeson, étudiante à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke a rappelé les objectifs de Dialogue + qui sont le renforcement du dialogue interculturel, la prévention de la discrimination, des préjugés et de la radicalisation ainsi que la promotion de la mise en place de conditions gagnantes pour un vivre ensemble harmonieux.

Ce dialogue instructif a permis d’apprendre que le voile est perçu comme étant un signe de soumission pour 62 % des Québécois et des Québécoises. Pourtant certaines femmes musulmanes le portent pour se rattacher à un groupe d’appartenance, pour leurs croyances ou encore pour le côté esthétique. Par ailleurs, le groupe participant aux tables rondes a appris que 39 % des personnes immigrantes ont un diplôme qui n’est pas reconnu une fois qu’elles sont arrivées au Canada. La non-reconnaissance des diplômes des personnes immigrantes et le besoin criant d’occuper un emploi expliquent en partie le faible taux de rétention à Sherbrooke. En effet, environ 33 % des personnes immigrantes choisissent de rester à Sherbrooke comparé à 51 % ailleurs au Québec. De plus, il est à noter que 55 % des personnes qui arrivent à Sherbrooke sont des réfugiés et elles ne sont évidemment pas choisies pour leurs compétences, ce qui explique qu’elles partent par la suite pour inadéquation vers Montréal, Toronto, Calgary ou même vers les États-Unis.

Bâtir un meilleur vivre ensemble

Après les discussions des tables rondes, des invités ont prononcé quelques mots avant de partager le souper. Tout d’abord, Pierre Grégoire, représentant la ministre du Développement international et de la Francophonie, et Marie-Claude Bibeau, ont affirmé que les Canadiens musulmans sont « nos concitoyens et concitoyennes et ils contribuent à faire du Canada le pays fort, diversifié et inclusif d’aujourd’hui ». Ensuite, Geneviève Hébert, candidate de Saint-François pour la Coalition Avenir Québec (CAQ), a partagé sa devise, soit « d’apprendre à se connaître pour mieux aimer l’autre et apprendre. Une fois qu’on l’aime, on est capable de servir. » Elle a, de surcroît, invité le dialogue dans nos sociétés. Finalement, Christine Labrie, candidate de Sherbrooke pour Québec solidaire (QS) a manifesté l’importance d’être présente au souper collectif pour rapprocher les multiples communautés culturelles présentes à Sherbrooke. Pour la candidate, « cet événement est une belle porte ouverte pour le dialogue qui favorise l’esprit de collaboration et l’ouverture à aller vers l’autre ».


Crédit Photo @ Rayane Baïtiche

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