Regard vers des disciplines inconnues

Par Christophe Lachance-Tardif

Alors que les fêtes de la Saint-Jean-Baptiste et du Canada sont derrière nous et que nous plongeons au cœur de l’été, il est toujours intéressant de regarder autour de soi pour admirer ce qui nous entoure. Quand il est question du principe de l’identité, il est souvent question d’auto-inspection sur nous-mêmes et sur les valeurs qui règnent parmi nous. Je vous invite donc à venir avec moi faire un tour du globe terrestre afin de contempler quelques sports nationaux; parce que oui, il existe une multitude de beaux sports qui méritent d’être connus.

Chez nous

C’est sans surprise qu’à l’arrivée du mois de juillet, la scène sportive au Québec est très peu vivante. Sauf pour ce qui est de quelques sports de plein air et du baseball, peu de disciplines sportives retiennent notre attention sur la scène provinciale à l’exception du hockey. Bien entendu, le hockey est sur les lèvres des amateurs toute l’année, et ce, même en été. C’est un sport qui forge notre identité en tant que Québécois et ce fut d’ailleurs caractérisé, le mois dernier, par l’acquisition de Jonathan Drouin qui évoluera pour le Canadien de Montréal. Un Québécois avec une équipe québécoise? Voilà un bel exemple qui démontre que c’est bel et bien notre sport national et qu’il est tatoué sur le cœur des amateurs de hockey francophones.

Le bon vieux soccer

Si on sort de la Vieille Province, un sport national d’un pays d’Europe ou d’Afrique a souvent autant, sinon plus de valeur aux yeux de ses citoyens que le hockey l’est aux yeux des Québécois. En effet, lorsqu’on regarde la liste des sports nationaux des différents pays du monde, on remarque qu’une majeure partie de la liste est occupée par le soccer. Ce dernier est le sport le plus populaire au monde, avec une estimation de 3.5 milliards d’amateurs répartis à travers le globe. Qui n’a jamais regardé un match de la Coupe du monde à la télévision? On dit que le hockey et le football sont des religions pour le Québec et les États-Unis, respectivement. Je vous invite à regarder l’attitude des partisans lors d’une joute de soccer importante. La couleur de la peau n’a plus d’importance de même que les préjugés envers certains aspects du sport.  Toute la nation sans exception s’unit pour encourager leurs favoris dans des stades gigantesques de près de 100 000 sièges!

Ailleurs dans le monde

En regardant la liste des sports nationaux, je suis tombé sur plusieurs sports qui m’étaient inconnus. C'est le cas notamment du kabaddi. Il s’agit du sport national du Bangladesh. Ne vous inquiétez pas, vous allez mieux comprendre à la fin du paragraphe.

Il s’agit d’un sport d’équipe populaire dans toute l’Asie du Sud ainsi qu’en Asie du Sud-Est, au Japon et en Iran. Le kabaddi est un mélange de rugby et de lutte qui vient d’un mot hindi signifiant « retenir son souffle », action inhérente au sport lui-même, car il ne faut pas respirer lorsqu'un joueur attaque. Pendant toutes les phases offensives, l’attaquant appelé « chasseur » doit retenir sa respiration et le prouver en répétant comme mantra le terme « kabaddi ». L’attaquant doit essayer en même temps de toucher, du pied ou du bras, ses adversaires qui, eux, forment une ligne en se tenant par la main.

Spécial, non? Je vous invite à regarder quelques vidéos sur YouTube. On y retrouve des séquences de jeu assez spectaculaires pour ceux qui sont visuels.

Ce sport peut paraitre orthodoxe, mais il est très populaire auprès des individus de la culture asiatique. Faits intéressants, le Asian Kabaddi Championship est organisé tous les ans depuis 1980; l’Inde a toujours été le vainqueur de ce tournoi. Il est également une discipline importante des Jeux asiatiques et est d’ailleurs utilisé comme méthode d’entrainement par la British Army.

Le quoi?

En fouillant un peu plus creux, je suis tombé sur un autre sport avec un nom plus douteux. Il s’agit, cette fois-ci, du sport national du Laos, le sepak takraw!

C’est un sport d’équipe qui est principalement une variation du volley-ball pour lequel le but consiste à renvoyer la balle dans le camp adverse par-dessus le filet. La nuance entre ce sport et celui du volley-ball est que les joueurs doivent utiliser principalement leurs pieds, mais aussi les genoux, les épaules ou la tête, à l'exception des bras ou des mains pour retourner la balle. Trois joueurs par équipe parcourent l'étendue de leur camp pour rattraper une balle; ils peuvent se faire trois passes entre eux ou à eux-mêmes, avant de renvoyer la balle.

Tout comme le kabaddi, c’est un sport très populaire en Asie. Il existe même un championnat mondial tenu de façon annuelle nommé le King’s Cup World Championship. C’est le tournoi le plus prestigieux au monde pour cette discipline.

Comme vous avez pu le constater, les sports nationaux ont beaucoup d’ampleur aux yeux des citoyens des cultures étrangères. Peut-être que dans dix ou quinze ans, des sports comme le kabaddi et le sepak takraw connaitront un gain de popularité au Québec? À suivre!


Crédit Photo © saltusathletics.ca

Partager cette publication