Rénovations à l’École de musique

Marie-Hélène Choquette

Des travaux de rénovation majeurs battent leur plein à l’École de musique de l’Université de Sherbrooke. En plus de la restauration structurelle du bâtiment, le pavillon C3 sera complètement réaménagé afin de répondre aux besoins d’une pédagogie novatrice qui s’inspire de la réalité musicale actuelle.

Il y a maintenant 25 ans que l’École de musique s’installait dans le pavillon C3. Depuis, le nombre d’élèves fréquentant le département a largement augmenté et la structure du bâtiment C3 s’est détériorée. « Nous travaillons à la planification de ce projet d’envergure depuis plus de six ans. Les étudiants et le personnel ne reconnaitront plus l’École. Elle sera refaite intégralement, puisqu’on ne garde que la structure bétonnée », souligne Pier-Luc Papineau, coordonnateur au département de musique.

Des installations d’avant-garde pour des programmes d’apprentissage novateurs

Au cours des dernières années, les différents programmes d’études du département de musique ont fait l’objet de réévaluations en fonction des réalités du marché du travail et des dernières avancées pédagogiques et technologiques. Ces démarches ont mené à la planification d’un environnement collaboratif à la fine pointe favorisant l’autonomie, la créativité, la polyvalence et le dépassement de soi. « Nous aurons parmi les meilleures installations audionumériques universitaires pour la création de musique de film/jeu vidéo et la recherche en interprétation, inspirées des modèles de production californiens tels que les célèbres studios du compositeur de musique de film Hans Zimmer. Pour l’enseignement, un centre d’analyse vitré permettra, par exemple, aux enseignants et étudiants de voir, entendre et communiquer en temps réel avec les musiciens de deux plateaux d’interprétation et favorisera une synergie de plus en plus essentielle entre les interprètes et les compositeurs de musique. On va bien au-delà de la théorie. Il s’agit d’un contexte réel et appliqué de production professionnelle », explique André Cayer, directeur de l’École de musique.

Favoriser l’apprentissage actif avec une utilisation autonome des installations par les étudiants sera possible grâce à la technologie IP et un système interactif d’enregistrement centralisé. « Les différents environnements de prise de son, de diffusion et d’enseignement seront tous interconnectés, et ce protocole permettra de diminuer les couts, la perte de qualité dans le traitement du signal et les risques de problématiques tout en démultipliant les capacités », ajoute Pier-Luc Papineau.

Le site du pavillon C3 sera également le théâtre d’innovations sur le plan écoénergétique. « L’utilisation d’un système géothermique permettra des économies d’environ 30 000 $ par année en matière de chauffage et de climatisation pour plusieurs pavillons situés sur le Campus, en plus d’une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 250 tonnes d’équivalent CO2 », explique Rock Blanchard, adjoint à la gestion des ressources informationnelles, des immobilisations et des infrastructures de la Faculté des lettres et sciences humaines. 15 forages de 150 mètres de profondeur furent nécessaires afin d’installer les 5500 mètres de tuyau qui contiendront 5000 litres de glycol nécessaires pour recueillir l’énergie naturellement présente dans le sol. « D’autres facteurs écoénergétiques seront mis de l’avant à l’École de musique, tels que l’éclairage à DEL, le verre triple épaisseur pour les fenêtres ainsi qu’une isolation respectant les nouvelles normes dont s’est dotée l’Université », explique Rock Blanchard.

Un grand travail d’équipe

Les décisions concernant la stratégie de réaménagement du C3 ont impliqué de nombreux acteurs. En plus de multiples consultations étudiantes et d’évaluations basées sur les besoins pédagogiques, les avis d’experts spécialisés tels des acousticiens, des ingénieurs, des architectes et des scénographes furent écoutés. « La qualité du son que l’on entend dans les salles doit être optimisée et adaptable en fonction des différents ensembles musicaux impliqués. Les conseils d’une équipe d’acousticiens permettent de magnifier le son en disposant les angles à des endroits stratégiques ou en utilisant des matériaux spécifiques qui absorbent ou réfléchissent les ondes sonores, par exemple », explique André Cayer. De l’interprète solo à l’orchestre symphonique, toutes les possibilités d’enregistrement seront réalisables grâce à l’acoustique variable disponible dans les locaux de pratique comme les studios d’enregistrement. « Plusieurs innovations découlent de ce projet de réaménagement majeur, par exemple en ce qui a trait à la gestion acoustique du système de ventilation. Si on enregistre pour un même projet à deux moments différents, la pression d’air dans la salle devra être identique. Il faut penser aux moindres détails! », ajoute Pier-Luc Papineau. Au niveau architectural, l’équipe devait prendre en compte les contraintes imposées par la structure existante du bâtiment. « Les murs forment des angles irréguliers et, surtout, il y a des colonnes de béton disposées à peu près partout. C’était un vrai casse-tête. Au final, l’équipe a tout de même su profiter des faiblesses du bâtiment pour en faire des forces », s’enthousiasme Pier-Luc Papineau.

Si tout se déroule sans anicroche, les étudiants et le personnel du département de musique, qui sont en ce moment répartis entre autres dans les locaux de la Faculté des lettres et sciences humaines ainsi qu’au Centre culturel, devraient réintégrer leurs locaux progressivement au cours de la session d’hiver et, ainsi, pouvoir y célébrer, en septembre 2018, le 25e anniversaire de l’installation de l’École de musique dans le pavillon C3!

L’École de musique en chiffres

  • plus de 70 locaux, la plupart disponibles 24 h/24, 7 jours/7 pour les étudiants de l’École de musique avec accès par carte magnétique

Le Centre de formation et de production en création musicale, interprétation, musiques à l’image et musiques interactives comprendra :

  • 2 salles de concert et d’enregistrement:
    • 1 grand plateau d’une capacité de 140 auditeurs (ou d’un orchestre symphonique complet avec chorale), comprenant 4 isoloirs d’enregistrement spécialisés
    • 1 salle de récital avec vue sur le Campus d’une capacité d’environ 80 auditeurs et pouvant également servir de plateau pour la prise de son*
  • 2 plateaux de musique de chambre ayant une vue sur le Campus et sur le mont Orford*
  • 2 plateaux d’interprétation pop/jazz/monde*
  • 1 grand plateau de recherche en percussions*
  • 3 régies d’enregistrement, mixage et postproduction :
    • 1 régie principale pouvant accueillir une vingtaine d’étudiants avec écran microperforé de type cinéma et son ambiophonique 7.1, en plus d’une vue vers les 2 grands studios d’enregistrement principaux
    • 1 régie dédiée au grand plateau de recherche en percussions et au plateau pop/jazz/monde
    • 1 régie dédiée au plateau de musique de chambre
  • 4 salles de classe spécialisées, dont :
    • 1 laboratoire de création et de projets d’intégration d’une capacité de 27 places
    • 1 classe de type conférence d’une capacité de 43 places
    • 1 salle de séminaire et de conférence d’une capacité de 20 places
    • 1 centre d’analyse et d’écriture musicale d’une capacité de 27 places avec vue intégrale sur le grand plateau de concert et le plateau de musique de chambre

* Note : tous ces espaces peuvent également servir simultanément de studio pour l’enregistrement.


Crédit Photo © Pier-Luc Papineau

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