1Sport_photo_editoC’est sans surprise que le Palais des sports Léopold-Drolet était couvert d’une magnifique nappe de boucane bleutée et d’une ambiance de rêve à l’occasion du repêchage de la LHJMQ, le 31 mai dernier.

Jonathan Tremblay

Sherbrooke, le meilleur hôte

Comment un évènement peut-il être un échec lorsque l’on n’a même pas encore mis les pieds dans l’aréna et que la chanson Happy de Pharrel Williams nous résonne dans les oreilles? Après avoir assisté à deux séances de sélection dans le circuit Courteau ainsi qu’une dans le circuit Bettman, je peux dire avec toute sincérité que l’évènement à Sherbrooke aura été le mieux organisé auquel j’ai participé, que ce soit en tant que spectateur ou membre des médias. L’animation, l’ambiance visuelle, les loges, les installations télé, la vidéo résumée de la saison à donner des frissons, le service des bénévoles, tout y était.

La directrice des opérations du Phoenix de Sherbrooke et coordonnatrice de l’évènement, Sylvie Fortier, n’a reçu que de bons mots sur la réussite de l’évènement :

« L’évènement est un succès sur toute la ligne, nous avons reçu que de bons commentaires. Nos 120 bénévoles ont effectué un travail phénoménal afin de rendre cette journée possible. On a même eu la température avec nous, ce qui a été grandement apprécié par les amateurs de golf. », mentionne-t-elle, le sourire aux lèvres.

Au-delà de la journée, c’est une semaine complète en retombées pour notre ville verte, ou, devrais-je dire, bleue pour l’occasion! Les restaurants, terrains de golf et hôtels furent achalandés plus qu’à l’habitude.

« Cette semaine, tous les hôtels étaient affichés complets, et ce, depuis mardi. Ce sont plus de 1 100 nuitées qui ont été enregistrées, en plus des parents qui se sont ajoutés. », renchérie madame Fortier. Plus de 4000 personnes ont franchi les portes de la demeure du Phoenix pour l’occasion.

Depuis quelques années, c’est impressionnant de voir Sherbrooke se démarquer au niveau sportif et évènementiel. L’apparition du Phoenix, l’amélioration flagrante des équipes universitaires, l’organisation des Jeux du Canada, et maintenant la réussite d’un repêchage de la Ligue de hockey junior majeur de hockey du Québec. On ressentait la fierté dans le visage du maire Bernard Sévigny lors de son mot de bienvenue!

« Living the dream »

La seule chose qui me fait peiner lors de ces évènements, c’est le rêve que l’on fait miroiter à des jeunes de 16-17 ans. Décors impressionnants, cérémonies protocolaires; vous devenez des vedettes, les jeunes! Des jeunes, qui sont nés en 1998, qui n’ont même pas vécu la dernière crise du verglas, et qui se retrouveront sous peu avec le poids d’une concession de quelques centaines de milliers de dollars sur les épaules. Parmi ceux-ci, bien peu chausseront les patins dans la LNH. Les séances de sélection du circuit Bettman n’ont pas besoin de toutes ces fioritures, ils n’ont plus le besoin de vendre ce rêve, il est atteint!

Plus je vieillis, plus je réalise l’ampleur de ce que doivent encaisser les jeunes comme pression. Celle des parents (les leurs et ceux des autres), des entraineurs, des recruteurs, des propriétaires, des médias, ainsi de suite. Je suis d’accord que cela fait partie du processus, et que si le joueur veut atteindre les ligues majeures un jour, il doit passer par là. Cependant, ce ne sont que des enfants qui retournent jouer sur leur console PlayStation en revenant de leur pratique.

Ce qui me fait encore plus mal, ce sont les noms que l’on n’entend pas de la journée. Les heures passent, les gradins se vident, les regards ternissent, puis la séance est terminée. Quatorze rondes à espérer, 255 choix à douter, des heures interminables à tout remettre en question. Repartir le menton sur le torse, et se demander où ça nous mène. J’espère qu’ils puissent se rappeler qu’ils ne sont que des kids, et qu’ils ont eu la chance de gouter au rêve eux aussi. Seulement pour eux, ça aura été pour une plus courte durée.

Puis-je louanger Sherbrooke pour sa réussite, mais ressentir une sensation étrange vis-à-vis l’ampleur de cet évènement? J’imagine que oui, car comme le processus de repêchage au hockey, mon opinion dans cette tribune… fait partie de la game!

Archives

Partager cette publication