Retour sur Le vieil indien

Par Rosanne Bourque

Les documentaires ne sont pas les projets ayant droit au meilleur financement de l’industrie cinématographique, d’autant plus qu’ils ne sont pas les productions chouchous du public québécois. En assistant à la projection du documentaire Le vieil indien, j’ai été étonnée par l’énorme vague d’appréciation et d’intérêt qui se faisait sentir dans la salle.

Je vous entends déjà dire que les documentaires c’est souvent ennuyant, mais après avoir visionné le film dans son intégralité, je peux vous affirmer que Le vieil indien est un long-métrage pertinent par la force de son message. Il change notre vision des parcs nationaux en nous montrant toutes les réalités reliées au Mont-Orford, passant de la vie animale jusqu’aux anecdotes des familles expatriées du territoire.

Le réalisateur nous confie d’ailleurs en début de séance que certains promoteurs immobiliers ont reconsidéré leur intérêt de construire sur des sites nationaux. La conservation des parcs nationaux est un enjeu connu de la société québécoise que nous ignorons malheureusement trop souvent. Le documentaire nous fait réfléchir et nous pose à maintes reprises la question suivante : devons-nous prioriser la conservation du site ou un aspect plutôt récréatif?

Nous découvrons entre autre qu’il est possible d’harmoniser les deux utilités pour permettre aux gens de profiter de toute la beauté du site. Pendant 75 minutes, nous prenons possession d’une quantité incroyable d’informations à travers des images d’archives, des histoires de famille et des récits historiques. Il faut aussi mentionner que le professeur émérite de l’UdeS, Jean-Pierre Kesteman, est captivant. Le documentaire est d’ailleurs une excellente œuvre de référence si vous devez rédiger un travail portant sur l’environnement, la politique ou l’histoire de l’Estrie.

Ce n’est toutefois pas un film trop chargé en informations, puisque la poésie d’Alfred Desrochers marque quelques pauses entre les différents chapitres. Cette dimension poétique amène un aspect apaisant entre les différents témoignages. C’est une œuvre  personnelle et sans prétention auquel nous avons eu droit hier à La maison du cinéma et je vous recommande fortement d’assister aux projections qui auront lieu à la flambée des couleurs cet automne.

Cet article est une critique culturelle qui se veut également le suivi sur d'un article paru le 9 septembre dans Le Collectif, [ici].

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