Russell Martin : bien plus qu’un simple receveur

sport-RussellMartinLes Blue Jays de Toronto ont effectué toute une prise en offrant un contrat de 5 ans d’une valeur de 82 millions de dollars au receveur Russell Martin. Il était l’un des joueurs les plus convoités sur le marché des agents libres et il a finalement choisi Toronto. C’est en quelque sorte un retour aux sources pour le receveur franco-canadien, lui qui est né à East York, en banlieue de la ville reine.

Par Hugues Marcil

Depuis deux ans, les attentes sont élevées à l’endroit des Blue Jays, mais leurs lanceurs partants n’ont pas cessé de décevoir. En ce sens, l’arrivée de Russell Martin est une très bonne nouvelle puisqu’il est un receveur d’expérience qui sait diriger un personnel d’artilleurs. Martin est également doté d’un bon flair défensif ayant épinglé 39% des coureurs en tentative de vol la saison passée avec les Pirates de Pittsburgh.

Mais Martin est aussi capable de contribuer sur le plan offensif, comme le prouve sa dernière saison, l’une de ses meilleures depuis qu’il est dans les majeures. L’an dernier, Martin a maintenu une moyenne au bâton de ,290 avec 67 points produits et 11 coups de circuit, des chiffres qui s’apparentent à ceux de Dionner Navarro, l’autre receveur des Blue Jays. Martin est toutefois plus polyvalent que Navarro et il se rendra sur les buts beaucoup plus régulièrement.

La signature de Russell Martin continue de faire monter les attentes à l’endroit des Jays qui n’ont pas participé aux séries d’après-saisons depuis 1993. Inutile de dire que la pression n’est pas mince sur les épaules du receveur. Russell a toutefois évolué dans deux gros marchés de baseball à Los Angeles et à New York et il saura répondre aux attentes.

Si les Blue Jays se sont améliorés sur le terrain, ils ont aussi réussi un beau coup marketing. Toronto se positionne maintenant comme l’emblème du baseball au Canada en alignant un noyau solide de joueurs canadiens avec Russell Martin, Brett Lawrie et le jeune Dalton Pompey qui constitue un espoir de premier plan. Parions que les partisans auront envie de franchir les portes du Rogers Centre pour voir évoluer le talent bien de chez nous.

Non seulement les admirateurs seront au rendez-vous, mais l’attention médiatique portée aux Blue Jays augmentera certainement. Les médias québécois verront une valeur ajoutée à couvrir les Jays maintenant que l’équipe aligne un francophone.

Bonne nouvelle pour Toronto, mais bonne nouvelle aussi pour le baseball au Québec, particulièrement pour Montréal qui ne cesse de revenir dans les rumeurs d’expansion ou de déménagement de la MLB. Je ne dis pas que Russell Martin à lui seul pourrait amener la Ligue à déménager une concession à Montréal, mais sa signature à Toronto moussera sans aucun doute la popularité du baseball dans la belle province. Nombreux seront les Québécois qui feront la route jusqu’à Toronto pour le voir jouer.

En plus, pour une deuxième année de suite, les Blue Jays de Toronto disputeront deux matchs préparatoires contre les Reds de Cincinnati au Stade olympique en mars prochain. Warren Cromartie, le fondateur du Projet Baseball Montréal, n’en demandait pas tant et il doit sourire en coin lorsqu’on lui parle du contrat de Martin, qui survient en plein milieu de la vente de billets des deux rencontres.

L’arrivée de Martin avec les Jays n’est qu’une raison de plus pour les Québécois de se rendre au Stade ce printemps et de faire de cet événement un succès. Si les dirigeants du baseball majeur ont l’œil sur Montréal, ils n’auront plus le choix de la considérer comme une destination pour une équipe en quête d’un meilleur destin financier.

Pour toutes ces raisons, il ne faut pas sous-estimer l’impact qu’aura Russell Martin tant sur le terrain qu’à l’extérieur. 82 millions de dollars, c’est beaucoup pour un seul joueur, mais c’est un investissement bien calculé pour les Jays qui profitera à tout le baseball canadien.

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