La salle de l’Histoire canadienne : une visite qui en vaut la peine

Par Paskale Leblond-Champagne

Le 1er juillet dernier s’est tenue l’inauguration officielle de la nouvelle salle de l’Histoire canadienne à Gatineau. À l’occasion des célébrations du 150e anniversaire de la Confédération, le Musée canadien de l’histoire en a profité pour dévoiler sa nouvelle exposition signature, après cinq ans de recherche, de planification et de construction. Le ruban d’inauguration a été coupé en matinée par Leurs Altesses Royales, le prince de Galles et la duchesse de Cornouailles, qui étaient de passage au Musée dans le cadre de leur tournée royale.

La salle de l’Histoire canadienne, qui impressionne par les 40 000 pieds carrés qu’elle recouvre, met en lumière les luttes comme les accomplissements qui ont contribué à créer le Canada d’aujourd’hui. C’est l’une des expositions les plus authentiques, qui ne tente pas d’embellir le passé, mais bien de le montrer tel qu’il est, dans sa beauté, mais aussi dans ses imperfections.

L’exposition en a certainement épaté plus d’un lors du dévoilement. Les visiteurs étaient surpris par sa grandeur et par l’ampleur de la couverture historique. En effet, la salle est divisée en trois galeries qui se succèdent de manière chronologique. Ainsi, la première section présente les débuts du Canada – d’il y a 15 000 ans à 1763 – en commençant par l’histoire des autochtones. La galerie ouvre sur une captivante animation dans laquelle est racontée l’histoire de la création selon la Nation Anichinabé. Dans cette section se tient également un arbre généalogique, grandeur nature, illustrant la lignée de Catherine Moitié, l’une des premières Filles du Roi envoyées en Nouvelle-France. À elle seule, on compte plus de 600 descendants!

La visite se poursuit dans la seconde galerie, le Canada colonial, de 1763 à 1914. Dans cette section se tient une importante peinture de l’homme politique Thomas D’Arcy McGee. Ce portrait, qui avait été peint en son honneur, allait lui être offert le jour de son 43e anniversaire. Malheureusement, il fut assassiné six jours avant et n’eut jamais la chance de recevoir son cadeau. La toile était restée dans la famille McGee avant d’être prêtée au Musée, tout récemment. La disposition de cette section est fort intéressante, d’autant plus qu’au-dessous de la toile est exposé le pistolet qui aurait supposément tué le député.

Enfin, la dernière galerie de la salle porte sur le Canada moderne, soit de 1914 jusqu’à aujourd’hui. Un artéfact bien unique a certainement piqué la curiosité des visiteurs lors du premier tour : un chandail entièrement fabriqué de cheveux humains. En effet, il s’agit du « chandail gai », un gilet confectionné de tignasses appartenant exclusivement à des personnes homosexuelles. Il est utilisé pour lutter contre l’intimidation liée aux insultes homophobes. Ainsi, ce chandail est le seul objet à pouvoir être qualifié de « gai ». Ce chandail soulève certainement la réflexion et favorise la prise de conscience quant à l’importance des mots choisis en contexte négatif.

Avec plus de 1 500 artéfacts, la salle de l’Histoire canadienne a de quoi plaire à chacun de ses visiteurs. Elle regorge d’histoires variées et son architecture est à couper le souffle. Après autant d’années à l’attendre, elle est enfin ouverte au public et constitue assurément un incontournable pour les visiteurs dans la région de la Capitale-Nationale.


Crédit Photo © Radio-canada.ca

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