Par Émilie Lalonde

Vivre au nous, c’est le rêve d’enfance de plusieurs petites filles. Elles désirent vivre pleinement l’amour, elles veulent une idylle si forte et si puissante qu’elles réussissent à s’imbriquer à l’être cher. Mais ce tout, cet ensemble peut vite se transformer en masse. Une masse lourde qui pèse sur la vie de couple. Quand l’autre moitié se colle tellement à vous que ça devient nocif, il faut trouver une façon de se libérer. Le divorce : une étape qui peut s’avérer libératrice.

La raison

Je me suis entretenue avec une femme qui a décidé de se libérer. Longtemps, elle avait rêvé d’élever une famille. Avec son mari, elle a eu deux enfants : une histoire classique sans réel rebondissement. Toutefois, le poids est devenu lourd sur ses épaules. Ses tâches ne s’arrêtaient pas à changer les couches de ses nourrissons, elle devait aussi s’occuper de son conjoint et des comptes qui s’accumulaient. Oui, du bout des doigts, elle semblait toucher la vie parfaite : une douce moitié, une grande maison, deux beaux enfants et un emploi stable. Malgré tout cela, elle avait un goût amer dans la bouche.

L’aveu

L’annonce de son divorce a d’abord été un choc pour sa famille. C’était la première à renoncer à l’union du mariage, la première qui prenait la décision qu’un homme, surtout celui-là, n’était pas nécessaire à l’accomplissement de son bonheur. Les personnes de son entourage l’encourageaient à faire encore un peu d’efforts. Elles voulaient qu’elle reste soudée à un mari qui siphonnait toute son énergie seulement pour la forme, pour l’image. Toutefois, bien vite, ces personnes se sont rendu compte qu’elle était encore plus solide sans cette masse attachée à elle. Enfin, elle respirait librement.

Le plus dur pour cette femme, ce n’était pas la vie en solitaire. C’était plutôt de voir que certaines de ses amies la voyaient soudainement comme une menace. Elle était devenue aux yeux de ces femmes un piège à un homme marié. Quelle absurdité! Elle s’était enfin libérée de l’emprise malsaine de son mari. Elle ne désirait en aucun cas retourner dans ce cercle vicieux. Elle se souvient aussi qu’en voulant s’abonner à une revue, la femme au bout du fil lui avait demandé le nom de son mari. Une grande déception l’avait envahie en réalisant qu’un homme devait la définir. De plus, il était difficile de faire des demandes de prêt, car sans homme, sa fiabilité était remise en cause. Elle désirait encore plus toucher à la liberté pour prendre le contrôle de sa vie.

La nouvelle vie

Après un arrangement à l’amiable, il avait était convenu que les enfants vivraient à temps plein chez elle. Son ancien mari montrait un désintérêt total face à la garde partagée. Il voyait ses filles une fin de semaine sur deux et ça, c’était quand il n’annulait pas à la dernière minute. Le cœur de la femme se serrait chaque fois que les filles attendaient leur père, leur valise serrée contre leur petit corps. Elle avait peur qu’il n’arrive jamais, elle craignait devoir essuyer encore une fois des larmes.

Quelques années plus tard, un soudain regain a envahi le père. Il a affirmé vouloir participer de façon active dans la garde partagée. Son ex-femme avait rencontré un nouvel homme. L’élément déclencheur pour qu’il se décide enfin à être le père qu’il n’avait jamais été : la vengeance. C’était trop tard hélas! Elle s’épanouissait dorénavant dans une relation saine. Son couple se formait de deux personnes : deux piliers sur lesquels à tour de rôle, il était possible de s’appuyer.


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