Se faire entendre de Sherbrooke à l’Alberta

Par Ariane Lacerte

La semaine dernière, une dizaine de membres du groupe écologiste Extinction Rébellion Sherbrooke ont manifesté au coin des rues King Ouest et Marchant. Ces derniers se sont ensuite déplacés vers le bureau d’Élisabeth Brière, députée libérale dans Sherbrooke, pour faire entendre leur mécontentement face au projet Teck Frontier.

À la grande déception des 4 militants vêtus d’une combinaison de travail blanche et de masques de protection, Élisabeth Brière n’était pas à son bureau cette journée-là. Le groupe avait comme objectif de lui remettre silencieusement un message expliquant qu’il supporte les gens et les peuples autochtones touchés par le projet.

Qu’en est-il du projet Teck Frontier?

Le projet de mine Frontier est proposé par l’entreprise de la Colombie-Britannique Teck Resources et son coût est estimé à plus de 20 milliards de dollars. Le projet Teck Frontier vise à la construction, l’exploitation et l’assainissement d’une mine de sable bitumineux dans le nord-est de l’Alberta. Bien qu’il fasse énormément jaser, le projet n’a pas encore été confirmé. S’il est approuvé, la mine sera exploitée durant plus de 40 ans et produira 260000 barils de pétrole par jour.

«[Le premier ministre Justin] Trudeau a fait une promesse de réduire ses émissions de gaz à effets de serre et avec un projet comme Teck Frontier, c’est exactement faire le contraire. Un moment donné, c’est pour ça qu’on fait de la désobéissance civile. Il faut avoir un impact plus grand», a déclaré Charlotte Crevier, porte-parole d’Extinction Rébellion Sherbrooke.

En plus d’avoir une empreinte écologique atroce, le trajet du projet Teck Frontier affectera près de 14 communautés autochtones. La manifestation d’Extinction Rébellion Sherbrooke ne visait pas uniquement à exprimer leur désaccord sur le point écologique, mais aussi sur le point moral.

14 communautés autochtones affectées directement par ce projet

L’emplacement où aura lieu le projet Teck Frontier poussera des centaines d’autochtones à quitter leur terre. Dans un communiqué de la commission d’examen chargée d’étudier le projet, il est indiqué que les peuples autochtones du secteur perdront une partie de leurs terres, qu’ils utilisaient pour leurs activités traditionnelles. Le rapport mentionne aussi qu’il n’est pas certain que ces groupes puissent recommencer leurs activités sur ces terres, qui sont les leurs depuis des générations. Toutefois, le rapport déclare que les 14 groupes autochtones affectés par le projet ont signé une entente avec Teck Resources.

Construit trop près d’un patrimoine national

Le site sera construit à seulement quelques kilomètres du parc national de Wood Buffalo, un parc qui inquiète l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) en raison de son importante détérioration observée dans les dernières années. L’UNESCO est actuellement en évaluation pour déterminer si le parc doit être placé sur sa liste des sites en périls. L’organisation internationale a donné jusqu’en décembre 2020 au Canada pour prouver qu’il prend les mesures nécessaires pour protéger le dernier endroit où les grues blanches se reproduisent naturellement. S’il y a inauguration du projet Teck Frontier, l’UNESCO n’aura d’autre choix que de mettre les bouchées doubles et de protéger elle-même le parc.


Crédit Photo @ Radio-Canada

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