Que se passe-t-il avec les Jays?

Par Christophe Lachance-Tardif

Ce qui s’annonçait pour être une saison exceptionnelle pour les Blue Jays de Toronto s’est avéré en être une très décevante jusqu’à maintenant pour les partisans de l’équipe torontoise. Avec une fiche de 8 victoires et de 17 défaites pour conclure le mois d’avril, les Jays ont terminé le premier mois de la saison 2017 avec le pire record du circuit Manfred. À la lumière de leur fâcheuse performance au cours du premier droit de la campagne, qu’est-ce qui a bien pu contribuer à ce début de saison si désastreux? Est-ce que les Jays pourront mettre ce mois d’avril laborieux derrière eux pour espérer rebondir au cours des cinq prochains mois et ainsi, avoir la chance de jouer des matchs significatifs en septembre prochain?

Décimés par les blessures

Les Jays n’ont pas été épargnés par les blessures en ce début de saison. En effet, au moment d’écrire ces lignes, le joueur étoile Troy Tulowitzki, le récipiendaire du trophée MVP de la saison 2015, Josh Donaldson, le rapide et athlétique voltigeur Dalton Pompey ainsi que les lanceurs J. A. Happ, Bo Schultz, Aaron Sanchez et Roberto Osuna ont tous manqué du temps de jeu suite à diverses blessures majeures et mineures. Bien entendu, aucun club n’est à l’abri des blessures, mais avec une attaque en déclin, la perte de Donaldson et Tulowitzki a grandement contribué à la diminution de production offensive des Blue Jays lors du mois d’avril.

Une attaque peu caractéristique

Depuis le début des années 2010, les Blue Jays de Toronto ont toujours aligné quelques-unes des attaques les plus puissantes du baseball majeur, tout en rassemblant de dangereux frappeurs tels que Jose Bautista, Josh Donaldson et Edwin Encarnacion. L’image d’un alignement menaçant venait en tête des amateurs de balle lorsque le moment était venu de décrire l’état des Blue Jays. Les temps ont bien changé, il faut croire, car les Jays affichent de nombreuses statistiques décevantes au bâton depuis le début de la campagne. Pour en énumérer quelques-unes, la troupe de John Gibbons est au 24e rang sur 30 au chapitre de la moyenne au bâton (.235), 26e au chapitre des points par match (3.75) et 28e vis-à-vis la statistique de l’OPS (.668). Bref, si les Jays avaient affiché une meilleure production offensive au cours du dernier mois, ils auraient sans doute gagné plus que huit rencontres pour entamer le premier droit de la présente campagne.

Pearce et Morales : deux déceptions

Une des raisons pour laquelle les Jays ont été réticents à payer le 60 millions requis pour résigner le clean-up hitter vedette Edwin Encarnacion coïncidait avec les mises sous contrats de Steve Pearce et de Kendrys Morales lors de la saison morte pour un grand total de 45.5 millions. Pearce et Morales devaient, en théorie, remplacer la production d’Encarnacion en étant payés 12,5 et 33 millions respectivement. Même si la puissance de Morales demeure en ligne avec ses normes de carrière, il affiche une maigre moyenne de .225 avec une OPS de seulement .633 pour commencer la saison actuelle; il possède une OPS de .791 en 11 ans de carrière dans les grandes ligues.

Si l'on se penche sur le cas de Pearce, ce dernier est un des joueurs les plus sous-évalués du circuit Manfred depuis son éclosion en 2014, lorsqu’il évoluait pour les Orioles de Baltimore, les rivaux des Jays. En 2014, il a maintenu une moyenne de .293 en plus de produire 49 points tout en affichant une OPS de .930. Par contre, tout comme son coéquipier Morales, Pearce connait également un mauvais début de saison, supportant une faible moyenne de .230 avec quatre petits points produits. Même si Encarnacion, l’ex-porte-couleurs des Jays, endure un début de campagne ordinaire avec les champions en titre de la ligue américaine, les Indians de Cleveland, Pearce et Morales devront se retrousser les manches et afficher une production digne de joueurs des ligues majeures.

La rotation : le cœur et l’âme de cette équipe

La formation du six n’a jamais été reconnue pour sa dominance sur le monticule. Par contre, la rotation et l’enclos des releveurs avaient été si formidables lors de la campagne de 2016 que l’identité des Jays a complètement changé d’orientation. À l’aube de la saison 2017, la formation torontoise alignait un personnel de lanceurs menaçant et une attaque acceptable; l’inverse de ce que les partisans étaient habitués d’être témoins depuis le début des années 2010. Avec J. A. Happ et Aaron Sanchez, deux candidats pour le prestigieux trophée Cy Young la saison dernière à la tête de la rotation, en plus de Marcus Stroman et du vétéran Marco Estrada, les Jays sont entre bonnes mains. Plus que jamais, les protégés de John Gibbons devront dépendre des lanceurs afin de soutenir une attaque anémique.

Donc, à qui la faute?

Une multitude de facteurs peuvent avoir contribué à ce début de saison atroce. Le leadership pourrait être en cause. Une grande majorité des joueurs sont reconnus pour être des athlètes très émotifs qui dégagent un langage non verbal synonyme de leur début de saison. Quoi qu’il en soit, si Jose Bautista peut rebondir et que Russell Martin peut retrouver son élan au bâton, les Jays seront en bonne posture pour tourner autour du .500 d’ici la fin du calendrier. Est-ce que ce serait suffisant pour participer à la classique d’automne du circuit Manfred? Parlez-en aux Yankees et aux Orioles!


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