Sécurité ou spectacle: que le débat commence

Par Sébastien Binet

Chaque année, le sport nous rend témoins de situations qui sortent complètement de l’ordinaire. Les blessures peuvent mettre fin à des carrières, mais elles peuvent aussi nous faire comprendre ce que le sport et le désir de gagner sont capables de faire endurer  à un corps humain.

Il y a par exemple les joueurs de rugby qu’il n’est pas rare de voir jouer avec de nombreuses fractures aux doigts, au nez, sans parler des risques élevés de déchirures ligamentaires. Patrice Bergeron est aussi un joueur de hockey qui avait joué des matchs en finale de la Coupe Stanley avec une séparation de l’épaule, une côte brisée ainsi que de multiples déchirures musculaires et cartilagineuses. Si même la douleur ne peut empêcher un joueur de se défoncer durant sa joute, est-ce réellement toujours de la faute des entraîneurs et des propriétaires si un joueur retourne jouer amoché?

Il était vraiment temps

Bien sûr, en aucun cas je ne considère que les mesures prises par les dirigeants de différentes ligues sportives en matière de blessures sont déplacées. Au contraire, le sport se devait d’aller dans une direction beaucoup plus sécuritaire, mais ce genre de situations ne démontre-t-elle pas que les joueurs sont souvent prêts à jouer coûte que coûte? J’en viens donc à me questionner sur ce que les différents sportifs pensaient lorsqu’aucune recherche n’avait été faite sur les commotions cérébrales à répétition au niveau des dommages à long terme. C’est connu que personne ne s’est jamais senti en pleine forme après une commotion cérébrale alors contrairement à ce que les tribunaux semblent penser dans le dossier des recours collectifs, ne serait-il pas possible que les joueurs possèdent aussi une certaine part des torts? Il ne sera probablement jamais possible de savoir, mais ce qui est certain c’est que la ligue a tout l’air d’avoir endossé son rôle et les différentes mesures disciplinaires pourraient bien venir peu à peu à bout des coups dangereux dans les différentes ligues de contacts.

Mais où s’en va le sport

Il y a toutefois des bémols dans toute cette histoire d’application de mesures de sécurité. Comme nous avons pu le voir au Québec, par exemple, la LHJMQ au hockey a modifié drastiquement ses règlements en matière de bagarre. Pour ce qui est des ligues plus jeunes comme le bantam ou le midget, elles ont aussi été touchées par des règlementations très importantes au niveau des mises en échec dans certaines catégories. Tous ces règlements ne font pas l’unanimité et selon certains, ils tuent complètement le sport. Le monde sportif est en complète effervescence continuelle et personne ne sait quels règlements toucheront nos sports préférés. Une chose est certaine par contre, les ligues professionnelles ne prendront jamais ces décisions à la légère puisque lorsque le spectacle en prend un coup, il est bien certain que leur portefeuille aussi.

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