Quand je serai grand, je ne serai pas…

Par Sébastien Binet

Les vacances de Pâques, c’est souvent l’occasion pour les étudiants occupés comme moi de retourner passer quelques jours dans la maison familiale pour retrouver leurs proches le temps d’une réunion qui n’est jamais mauvaise pour la conscience. Pas que je sois une personne extrêmement stressée dans la vie, mais ne pas avoir à gérer les repas durant trois jours, c’est un peu ce que je considère comme la préparation ultime à une fin de session imminente.

Ne pas voir sa famille durant longtemps, c’est retourner chez soi et avoir une fin de semaine organisée au quart de tour, et c’est surtout une manière de sortir de la routine universitaire et se poser des questions sur son avenir et sa situation actuelle. J’en suis donc venu à faire trois constats que je vous livre aujourd’hui.

Faut croire que je n’aurai plus jamais 20 ans

Malgré une vie active, je ne fais peut-être pas tant de sport que ça. J’ai souvent entendu dire de mes parents que vieillir, ça te changeait un body sur un pas pire temps. Bref, ma première pratique de baseball de la saison n’a pas échappé à la tradition que mon corps semble suivre depuis deux mois. Refaire une activité qu’il n’a pas faite depuis quelque temps, ce n’est pas ce qu’il y a de plus facile quand tu te réveilles le lendemain en songeant à appeler ton coloc pour qu’il t’aide à te lever. J’ai un peu vécu le même phénomène quand j’ai décidé de faire un retour au crossfit après deux ans. Mauvaise idée. J’ai littéralement marché en pingouin pendant quatre jours. C’est un peu ce genre de réaction conne de mon corps qui me fait comprendre que la paresse, c’est peut-être juste un signe qu’il m’envoie pour me dire que je pourrais regretter amèrement chaque activité que je n’ai pas faite depuis plus de trois ou quatre semaines. Bref, j’ai plus 20 ans, mais je comprends que je n’en ai pas encore 90 non plus.

Faut croire que plus tard, je ne serai pas un adulte typiquement sédentaire

On entend souvent parler du métabolisme qui ralentit lorsqu’on vieillit. Le phénomène qui fait prendre du poids à environ tout le monde qui disait pourtant pouvoir manger n’importe quoi quand il ou elle avait 20 ans. Bref, le phénomène qu’on espère toujours voir chez les autres, mais jamais sur nous-mêmes. C’est en admirant mes parents se découvrir une grande passion pour la course et le vélo que j’ai réalisé que le sport c’est bon un peu pas mal tout le temps dans une vie et surtout quand justement, ton métabolisme vient à prendre une pause après une trentaine d’années de fidèles services. Pas nécessairement pour être mince que c’est important, mais simplement pour être mieux. À voir mes parents aller, j’ai vu deux personnes qui s’étaient découvert une activité qui leur donnait des objectifs à atteindre et les motivait à se dépasser. C’était loin d’être facile, mais ensemble, ils réussissent maintenant à apprécier cette puissante dose d’endorphine que la course et le vélo leur procurent. Ils ont aussi beaucoup plus d’énergie qu’avant et c’est toujours drôle de les voir progresser chaque fois que je retourne dans mon patelin. De simplement les voir affronter leurs journées avec plus d’énergie que jamais me motive moi aussi à tenter de maintenir aujourd’hui un régime de vie que j’essaie, assez difficilement avec l’université, de garder le plus sain et actif possible.

Faut croire finalement que je ne serai jamais un joueur professionnel dans un sport

J’ai pu assister à un match des Canadiens de Montréal durant mon congé pascal et j’ai eu la très grande chance d’avoir littéralement la baie vitrée à quatre rangées de moi et en gros, j’avais la face dans l’action. À la télévision, on les imagine toujours un peu gros, mais dans la réalité, ce sont littéralement des géants, des gars qui te font comprendre que finalement, volonté ou pas volonté, la Ligue nationale n’est pas pour les faibles. J’étais un p’tit gars qui voyait pour la première fois des faces qu’il pensait venir d’un autre monde. Celles qu’on voit seulement dans un écran. C’est un peu ce qui m’a fait comprendre que j’aimais vraiment le sport, sous toutes ses facettes, mais ce jour-là, mon rêve d’un jour être la superstar est passé derrière moi. J’ai compris que la gloire ne serait jamais mienne, mais que l’envie de m’immiscer dans le monde des sportifs pourrait peut-être me permettre de vivre la vie dont je rêvais quand j’étais un morveux. La vie de journaliste qui, elle, est à ma portée si j’y mets les efforts nécessaires.

À force d’avoir le nez dans notre quotidien, on finit par perdre le nord un peu et on ne se rend plus compte de la routine dans laquelle nous nous enfonçons. Voir sa famille à plusieurs mois d’intervalle, c’est parfois dur, mais on se rend compte que la réunion en vaut vraiment la peine parce qu’elle nous fait prendre conscience d’une autre réalité. Je suis peut-être resté seulement trois petits jours dans mon coin, mais je réalise que parfois, de s’arrêter pour prendre son souffle ne serait-ce qu’un instant, c’est assez pour nous faire comprendre que changer son monde une petite chose à la fois, c’est à notre portée.


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