Sherbrooke aime le cinéma : armez-vous de pop-corn, de bonne humeur et de détente en assistant au KINOSHOW!

Par Esther Cléry

Le KINOSHOW, c’est un événement cinématographique ayant lieu régulièrement à La Capsule, au centre-ville de Sherbrooke. Chaque mois, un thème est donné : une couleur, un vêtement ou un pays, par exemple. Le mois suivant, tout le monde peut venir présenter son court-métrage devant un public lors d’une soirée de projection. Le KINOSHOW de novembre avait pour thème principal : « Expérimental ».

C’est quoi, le cinéma expérimental?

C’est une pratique cinématographique qui permet d’essayer de nouvelles choses. Cela peut-être dans l’ambiance sonore (bruit de vagues, chuchotements) ou bien visuellement (des plans filmés à l’envers, accélérés ou renversés). Loin du cinéma conventionnel, le réalisateur ou la réalisatrice cherche avant tout à faire ressentir une émotion. N’ayant pas de règle prédéfinie, il s’agit bien souvent de qualité esthétique, parfois métaphorique en dépit d’une trame narrative distincte.

Le KINOSHOW de Novembre

Plusieurs court-métrages furent donc projetés. Les premiers, réalisés par des étudiants du Cégep de St-Hyacinthe, étaient basés sur des jeux de couleurs et des ambiances parfois lugubres. D’autres s’inscrivaient dans le registre humoristique avec des scènes, répétées en boucle, qui devenaient alors très amusantes, de par le comique de répétition.

Cependant, d’autres courts-métrages, réalisés par des personnes plus âgées, se démarquaient grandement par leur qualité visuelle et leur message de société.

Les courts-métrages les plus marquants

« No.sta.lgi.a » se passe dans un salon où une jeune femme lit, café et cigarette à la main. Aucune parole ne vient ponctuer le film si ce n’est que des soupirs. Esthétiquement, la scène est remplie de messages subliminaux : Une vie, De Maupassant entre ses mains, ou bien un chandail imprimé « SORRY NOT SORRY », le réalisateur se dénote par son attention particulière portée aux détails.

« Miroir » s’inscrit dans l’atmosphère lugubre du double et de la folie. Le montage est rapide, les images s’enchaînent dynamiquement jusqu’à installer un rythme imposant. À l’image du court-métrage, ne durant qu’une minute cinq, le réalisateur dut faire sa présentation en une minute cinq.

« HONTEUSE » était l’un des courts-métrages les plus marquants. En effet, il met en lumière un sujet actuel : « la femme provocante ». Aucune parole n’est prononcée, mais l’on comprend le poids de la société qui pèse sur les femmes : elles doivent se respecter, ne pas se dénuder, être attirantes mais surtout pas provocantes, avoir des formes mais pas trop, avoir une part d’enfance mais ne pas se comporter comme une gamine, etc. Ces messages de libération féminine sont explicitement représentés avec une femme, plaquée au mur, presque crucifiée par d’autres femmes, soulignant la douleur du jugement d’autrui. À d’autres moments, on aperçoit une jeune fille se pendre avec un mètre à mesurer, dénonçant les critères de beauté dictés par la société. Outre ces revendications, ce qui reste néanmoins très impressionnant, c’est que tout étant dans l’interprétation personnelle, la réalisatrice a su faire passer un message politique, sans dialogue.

« Être » : il s’agit du teaser d’un moyen-métrage faisant au total vingt-sept minutes. Ayant pour thèmes le double, la construction de soi, grandir et s’accepter, les réalisateurs ont opté pour du cinéma muet. En effet, plusieurs danseurs et danseuses se livrent à une réelle chorégraphie contemporaine, mise en valeur par les éclairages, les fondus enchaînés et la musique.

Si vous vous sentez l’âme d’un réalisateur, ou que vous appréciez le cinéma, La Capsule ouvre régulièrement ses portes pour le KINOSHOW.


Crédit Photo @ Kino Estrie

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